Chapitre 4 - Partie 3 - Viols

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Pierre resta un long moment sous l'eau de la douche, secoué par des sanglots incontrôlables. S'il essayait de retenir ses pleurs, il s'étranglait avec cette boule de dégoût et de honte qui remontait dans sa gorge. Se laver, passer ses propres mains sur son corps, le faisait frissonner d'horreur. Pourtant il aurait voulu frotter, frotter, frotter encore pour faire disparaître chaque morceau de sa peau touché par la sorcière et son subalterne.

Pierre n'était pas leur première victime. Il les avait entendus comparer leurs sensations, leurs performances. La semaine dernière, ils avaient violé la fille de Diaidrail, elle aussi enfermée dans les beaux quartiers de la prison. Mais c'était avec lui... sur lui... qu'ils avaient le plus pris leur pied. Ils en voulaient encore.

Les dents serrées, Pierre stoppa ses pleurs et posa son front contre le carrelage tiède. C'était simple. Il leur suffisait de viser les proches des membres de l'Ordre. Personne n'irait le leur reprocher. Ils l'avaient mérité.

Une plainte de rage et d'impuissance passa sa bouche close. Qui méritait vraiment ça ? Médic', le jeune homme était bien placé pour savoir qu'il n'avait pas à avoir honte, que son érection n'était due qu'à un automatisme. Son éjaculation, sans aucun plaisir, n'était pas un signe d'acceptation inconsciente.

Il n'y pouvait rien. Ça n'était pas sa faute. Ils l'avaient forcé à user de son charme. Il se répétait ces mots en boucle, mais rien n'y faisait. Il se sentait incapable de se regarder dans la glace. Il s'était laissé faire. Personne ne méritait ça. Personne ne devrait vivre avec ça. Personne ne devrait avoir honte de croiser son reflet.

Mais il avait joué leur jeu. Il avait accepté de leur montrer ses pouvoirs d'héliade. Il les avait excités, malgré lui. Il craqua, à nouveau, et ses pleurs redoublèrent. Ses larmes se mêlaient à l'eau tiède de la douche. Ce n'était pas sa faute, bordel !

Amalia l'avait prévenu qu'il devrait s'attendre à être molesté par les gardes, mais elle ne pouvait pas avoir envisagé ça. Est-ce que les Magistères étaient au courant de ce qu'il se passait dans les prisons ?

Dans l'Ordre, il avait entendu des rumeurs là-dessus. Mais il avait toujours imaginé qu'il ne s'agissait que de propagande diffusée par son frère.

Les Vestes Grises ne valaient pas beaucoup mieux. Avec Fillip, Pierre avait eu l'occasion de constater leur brutalité. Il avait soigné des gars et des femmes torturés, violés... Mais, même si certains se délectaient d'accomplir ce genre de travail, jamais son frère n'aurait toléré que ces actes soient pratiqués sans raison.

Les P.M.F. n'attendaient rien de lui. Ils n'avaient pas cherché à le questionner, il avait déjà dit tout ce qu'il savait, il avait coopéré... Non, le couple avait abusé de lui par simple jeu, par plaisir. Gratuitement. Le jeune homme s'adossa au mur en étouffant un cri de rage.

Est-ce qu'Amalia avait connaissance de ça, quand elle l'avait rendu aux autorités ? Est-ce qu'elle savait qu'il allait être violé ?

L'eau s'arrêta. Il avait consommé toutes les réserves à sa disposition pour la journée. Appuyé contre le mur, Pierre se calma, peu à peu. Il posa sa main sur le charme intégré de la cabine. Un long souffle chaud effaça toute trace d'humidité à la surface de son corps. Ses larmes disparurent.

Lentement, il sortit de la douche et releva la tête vers le miroir, sans oser se regarder dans les yeux. Il avait mal à la mâchoire. Ils l'avaient frappé. Son œil droit était gonflé. Il observa son cou. La sorcière l'avait mordue. Fort. On voyait la forme de ses dents.

Pierre s'assit sur le petit tabouret où étaient posés des vêtements propres, mais il se releva avec précaution. Le gars avait fait ça n'importe comment. Il lui avait vraiment fait mal...

La prochaine fois, le P.M.F. lui arracherait des cris de douleur en rouvrant les fissures. Il n'aurait même plus le silence comme moyen de résistance. Le jeune homme tressaillit à cette perspective. Il s'appuya contre le lavabo et cracha la bile qui lui avait violemment envahi la bouche.

Il devait s'évader. Il aurait l'Ordre et la Fédération aux trousses, mais c'était mieux que de rester ici.

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