Chapitre 4 - Partie 2 - Viols

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Pierre ne dormait pas

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Pierre ne dormait pas. Enfermé depuis vingt-quatre heures, il n'avait pas encore réussi à fermer l'œil, angoissé. Assis sur son matelas, le dos sur une tête de lit en bois massif, il regardait une histoire légère sur mnémotique et ne parvenait pas à se concentrer.

Sa cellule s'avérait agréable et plutôt confortable. De larges fenêtres donnaient sur une belle vue de la ville, il disposait d'un vrai lit, d'un réduit pour les toilettes et d'un espace séparé pour la douche. Une véritable chambre d'hôtel... et cela ne lui convenait pas du tout. Ce traitement privilégié, il ne le devait qu'à une chose : s'il sortait de prison, personne ne voulait attirer la vengeance de Fillip.

Pourtant, si l'administration craignait l'Ordre, Pierre savait très bien que tous ses geôliers n'éprouvaient pas ces états d'âme. Amalia l'avait prévenu : il y avait de grandes chances pour qu'il soit tabassé. Un mauvais moment à passer qu'il redoutait.

Quelqu'un poussa la porte. Pierre sursauta. Le P.M.F., un gars d'une cinquantaine d'années, chauve, le visage carré, déposa un plateau-repas à même le sol et lui jeta un regard méprisant. Du bout du pied, il renversa la soupe puis sortit.

Le blond écarquilla les yeux. Renverser sa soupe ? Vraiment ? Quel acte engagé ! Il se releva rapidement, mais il n'y avait déjà plus grand-chose à manger au fond du récipient. Il l'avala d'une traite. Impossible d'en récupérer plus, à moins de lécher le sol. Il ne se sentait pas désespéré à ce point. Il soupira. Avec un sortilège, il aurait pu remettre la soupe dans son bol, cependant la pièce avait au moins une chose en commun avec les autres cellules du centre carcéral : elle privait son détenu de l'usage de la magie.

Pierre se dirigea vers le lit et retira l'une des deux taies d'oreiller, pour éponger le sol. Il entendit la porte s'ouvrir et se refermer dans son dos. Le blond, étonné de cette nouvelle visite, se retourna avec une certaine appréhension.

« Il est minuscule ! C'est vraiment le frère de Fillip ?

— Ouais. Son père était un serial-baiseur de l'Est et s'est tapé la mère de Fillip. C'est bien un héliade. »

Un homme, une femme. Pierre détailla leur uniforme. Tous deux étaient bien placés, sans doute parmi les responsables de la prison. Rien de bien surprenant au fait qu'ils connaissent sa nature pas tout à fait sorcière.

« Bonjour... souffla-t-il, mal à l'aise.

— Bonjour, Pierre. Tu sais pourquoi on est là ? demanda l'homme.

— Parce que mon frère est un criminel recherché, que vous avez perdu des amis et que vous voulez me faire payer ?

— Hum, pourquoi pas... »

La femme rit, doucement, et commença lentement à ôter chaque bouton de sa veste militaire.

« Libère ton charme. »

Le cœur de Pierre manqua un battement. Son regard alla du sorcier à sa collègue. Lui aussi se déshabillait. Tous deux prenaient soin de poser leurs uniformes de façon à ce qu'ils ne se plissent pas.

« Pardon ? »

Il avait très bien compris.

« Libère ton charme.

— Non. »

Pierre recula, affolé. Le sorcier, torse nu, parcourut la distance entre eux et le plaqua contre le mur. L'adolescent voulait crier, alerter quelqu'un, mais il savait déjà que personne ne l'entendrait. Le P.M.F. écrasa sa bouche, glissa sa langue contre la sienne. Le jeune sorcier la trouva molle.

Mords-le ! Mords-le ! Mais son corps ne réagissait pas. Il tremblait, incapable de se figurer le lien entre les mains du fédéral sur sa peau et sa propre situation. Son cerveau refusait tout en bloc. Les lèvres s'écartèrent, sourirent puis articulèrent une formule. Le maléfice fusa hors de son concentrateur, contre le ventre de Pierre. Le jeune homme hurla de douleur.

« Libère ton charme. »

Les entrailles de l'héliade étaient parcourues d'un feu insoutenable. Il céda et libéra son charme. Tout son charme. Le gosse gringalet ressemblait maintenant à un Dieu grec.

« Magnifique », souffla le P.M.F. avec un soupir d'envie.

Pierre le sentait bander contre son ventre.

« Je commence, laisse-le-moi », exigea sa complice.

La femme était nue. Elle repoussa l'autre et murmura un sortilège. L'adolescent se retrouva immobilisé, les bras attachés à la tête de lit, le dos sur le matelas. Ses vêtements disparurent par magie.

« Merlin, qu'est-ce que t'es beau avec ton charme... grogna le gars en caressant son torse. Avoue que t'en avais envie, que t'attendais ça, hein ? »

Pierre, incapable de parler, secouait la tête de droite à gauche. La P.M.F., habile de ses mains, le branlait pour lui donner une érection. Elle y parvint, il se mit à pleurer.

« Un héliade, c'est comme une nymphe : ça dit non, mais ça veut baiser, assena l'homme. Tu vois que t'aimes ça !

— Laissez-moi, trembla Pierre. Laissez-moi...

— Si tu bandes, répliqua la femme, c'est plus vraiment un viol. »

Si. Si, cela en était un. Elle l'enjamba et s'assit sur lui, satisfaite. Pierre avait détourné la tête, décidé à ne pas regarder, à patienter, à oublier que son sexe allait et venait en elle, à ignorer que son complice se branlait. Attendre qu'ils aient fini de l'utiliser. En silence. À quoi bon crier ? De toute façon, il n'en avait pas la force. Son cerveau avait démissionné. Il n'était plus là.

« Fais pas cette tête, tu vas prendre ton pied, mon salaud... », soupira la Fédérée entre deux gémissements.

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