Chapitre 3

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Elle m'avait poussée.
Elle m'avait renversée son café.
Tachée ma chemise.

Juste pour...

Sauver son pot au feu ?!

**

" Vous comptez m'empoisonner ? " Demandais-je subitement, en serrant la petite boite entre mes mains.

" Ne vous moquez pas ! Mes pot-au-feu sont les meilleurs ! " S'exclama-t-elle, en levant les yeux au ciel.

" Je n'en doute point, hum." Murmurais-je, en détaillant ce délicieux mélange de vert anglais, combiné à du rouge cardinal.

" Sinon c'était tout ? Car je dois aller prendre ma douche." Reprit-elle plus tard, calmement, en serrant la légère couverture qui cachait son corps à moitié nue.

C'est le moment.

" Vous aimez votre travail actuel ? " Répliquais-je en vitesse, en la fixant.

Elle fronça encore les sourcils, en me jaugeant du regard. De ses magnifiques yeux hazel...

" Et bien, je fais avec. Vous êtes étrange..." Dit-elle tout bas, en me détaillant de haut en bas.

Étrange ?
C'est bien la première fois, que j'ai le droit à ce chaleureux compliment.

" Cela vous plairez-t-il de venir travailler, en tant qu'assistante, dans mon palais ? " Demandais-je instantanément, en voyant le temps déjà bien trop tourner.

Elle s'approcha de moi, en veillant à bien tenir la couverture contre son corps, avant de poser une main sur mon front. Mon cœur reçu comme une décharge, en se mettant soudainement à accélérer. Son odeur de vanille vint m'enivrer petit à petit et j'étais à deux doigts, dangereusement, de fondre sur ses lèvres roses qui n'étaient qu'à quelques centimètres des miennes.

La tentation commençait à être trop présente.

Il faut que je me ressaisisse.

" Vous n'êtes pas malade..." Murmura-t-elle, en levant la tête.

Puis celle-ci se décomposa légèrement, quand nos yeux se rencontraient pour de bons ; ils n'avaient était si prêts, depuis tout à l'heure. Nous nous fixions, intensément, une sorte de tension indéchiffrable pesant dans l'air. Dans la pièce. Je n'arrivais plus à détacher mon regard du sien.

Impossible.

" Vos yeux bleus, clairs, doivent souvent faire fondre les...femmes." Chuchota-t-elle en retirant brusquement sa main, comme s'il elle s'était violemment brûlée.

" Vous font-ils fondre ? " Répliquais-je immédiatement, mon souffle faisant faiblement voler une mèche de ses cheveux couleur prune.

Elle ne répondit rien. Son regard était encore ancré dans le mien et cela dura un long moment avant qu'elle ne se recule encore, en réajustant la couverture sur son petit corps. Je la dévorais littéralement du regard, adorant analyser, détailler chacun de ses gestes.

" Je suis encore désolé pour hier. Je vous pris de partir maintenant, je dois bientôt aller travailler, d'ici peu." Dit-elle tout bas, en se retournant instantanément.

" Vous ne travaillez pas aujourd'hui." Continuais-je durement, en reprenant enfin tous mes moyens.

" Vous ne connaissez pas ma vie." Rétorqua-t-elle en ouvrant la porte d'entrée, m'invitant ainsi à sortir d'ici.

Sortir de sa vie aussi facilement ? Hors de question.

Je déposais la boite, sur la table, en m'avançant dangereusement vers elle. Nos corps n'étaient désormais, qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Si je me penchais, mes lèvres pouvaient rencontrer sa peau. Ou pire encore, ses lèvres... Néanmoins je me ravisais, et chuchotais juste de brèves paroles, qui venait immédiatement l'interloquer.

" J'en connais bien plus que ce qu'il ne le faudrait ; détrompez-vous...Elena."

Elle releva vivement la tête ébranlée par mes propos, avant d'ouvrir la bouche, prête à me déblatérer une série de paroles.

C'est le moment.

Je passais rapidement une main derrière son dos, l'autre derrière ses jambes. Elle n'eut le temps de dire un seul mot, qu'elle était déjà dans mes bras. Fermement plaquée contre mon torse. Je fermais violemment la porte avec mon pied, en commençant ensuite à dévaler les escaliers.

" Mais que faites-vous espèce d'imbécile ! " Cria-t-elle furieusement, en perdant la légère couverture qui devait normalement recouvrir son corps...dans les escaliers.

La demoiselle commençait à me rouer de coups, assez violemment, mais cela ne m'empêchait guère de continuer ma course. Après tout, j'étais bel et bien trop déterminé...

" Au secours ! On me kidnappe ! C'est un psychopathe ! " Hurla-t-elle à m'en briser les tympans, pendant que je dévalais les derniers marches.

Dehors le vent venait violemment frapper nos corps et je me devais d'accélérer ma cadence, afin qu'elle n'attrape froid dans cette tenue. Sergio me remarqua rapidement et ouvrit sans délai la portière. Je m'engouffrais dans la voiture, toujours la jeune femme avec moi. Sergio démarra en trombe, pendant que je la faisais glisser sur le siège d'à côté, délicatement.

Ses cheveux violets retombaient sur son visage et sa nuisette avait beaucoup trop, à mon goût, remonter sur ses jolies jambes. J'enlevais rapidement mon manteau, avant de le déposer sur son corps. Elle regarda chacun de mes gestes, sans ne rien dire.

Puis, elle se mit soudainement à crier, comme une hystérique. Sergio et moi sursautions en même temps, ne nous attendions à cela de sa part, tandis qu'elle frappait les sièges avec ses petites mains.

" Mais cessez de crier bon sang ! " M'exclamais-je, en tenant fermement ses bras.

Elle se débattait encore plus en me donnant plus tard, de jolis coups de pieds.

" On voit votre culotte." Dis-je sérieusement, en évitant pour la cinquième fois son pied.

Même ses chaussons n'avaient pas suivis...

Elle arrêta tout mouvement, avant de se décider à enfiler ma veste. Elle se recroquevilla ensuite sur elle-même, en me jetant des regards noirs.

Qu'elle est mignonne...

" Vous enlevez souvent des femmes chez elle ?! " Cracha-t-elle coléreusement, en me fixant.

" Tous les jours oui." Répondais-je paisiblement, en prenant appui sur une main.

" A moitié nue ? " Riposta-t-elle, en dégageant quelques mèches qui tombaient sur son visage d'ange.

Même s'il ressemblait plus à un démon, en ce moment même...

" Non. Parfois elles le sont complètement." Précisais-je, en lui souriant.

Elle poussa un grognement, audible, avant de se retourner et de regarder par la fenêtre. Je l'observais, silencieusement, un sourire venant encore dessiner mes lèvres. La jeune femme commençait à jurer tout bas, en se tirant légèrement les cheveux.

Nouvel assistante trouvée.

**

( Oui, c'est une habitude chez les frères d'enlever des jeunes femmes 😅 ; c'est normal si vous trouvez cela "répétitif", c'est fait exprès 😂😊.)

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