The Witch's List Un roman d'Andrew Cairns

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Introduction et première partie du roman.

Introduction

"Une fois que vous êtes sur la liste des sorcières, c'est comme si vous êtes mort."

Croyance populaire en Côte d'Ivoire (et ailleurs en Afrique, où la sorcellerie est encore pratiquée).

PARTIE I

Chapitre 1 : Sorcières et sorciers

Je ne croyais pas aux sorcières. Pas vraiment. Bien sûr, en grandissant en Ecosse, il y avait toujours des histoires de sorcières et de sorciers, de fantômes et de goules, de monstres et de zombies et ainsi de suite, mais comme dans la plupart des pays occidentaux 'civilisés', ces histoires étaient principalement considérées comme du folklore. Elles étaient comme les contes de fée, de lutins de d'elfes. Vous ne croyiez pas vraiment en eux, ils étaient juste des récits pour divertir des enfants. Rappelez-vous des histoires ?

Il y avait un livre plus 'sérieux' sur les sorcières dans notre bibliothèque d'école secondaire. Et celui-ci nous a tous effrayés un peu. Il a dû être l'un des textes les plus lus de l'établissement - en raison de ses images sordides de sorcières exécutant diverses cérémonies - masses noires et autres – nues ! Dans la plupart des bibliothèques, il y a des livres avec des photos ou des dessins charnels, classés dans la littérature érotique ou l'art; même dans la section des enfants on trouve toujours un grand gamin qui a mis ses mains sur l'encyclopédie et vous invite à regarder l'image d'une femme africaine tribale, seins-nus. Celui-ci, titré «Sorcières et Sorciers», était un oeuvre de non-fiction, détaillant très graphiquement, et très sexuellement dans nos yeux, les différentes pratiques de sorcellerie et de magie noire. Il s'est introduit de façon improbable et inconnue dans l'école de Saint Saviour's RC (catholique romaine), en dépit du syllabus et de la culture générale qui régnaient : un catholicisme strict et draconien. Il se trouvait dans la section de référence, sur les étagères de livres religieux, et je suis sûr qu'aucun des professeurs étaient au courant de son existence, et encore moins son contenu sexuel. La bibliothécaire était une femme assez docile dans la trentaine, avec des cheveux blonds et court. Elle avait toujours son nez dans un roman. Je suppose que c'est elle qui a commandé une copie. Elle a dû le faire distraitement, sans vraiment vérifier son contenu profane et pornographique. Ou peut-être était-elle une sorte d'anarchiste ou de rebelle en cachette. Qui sait?

Mon meilleur ami à l'époque, Martin Cardosi, toujours prêt à me conduire dans le mal, me montra le livre à un moment ; nous étions en deuxième année, âgés de treize ans, les hormones commençant à se déchaîner.

« Tiens, Sandy, viens voir ça. » Il planta le grand tome dans mes mains.

Je l'ai feuilleté, sans voix, en regardant surtout les images choquantes, mais en lisant aussi une partie du vocabulaire : masse noire, pentagramme, sortilège, clan, secte, orgie ...

« J'aimerais rejoindre une de ces sectes diaboliques, juste pour prendre part aux orgies, dit Martin en souriant.

— Idiot! je rétorquai. Tu irais probablement en enfer. »

Après avoir rincé l'œil avec les images, Martin remit le livre sur l'étagère et dit : « N'oubliez pas de toucher la Bible après, juste par sécurité. »

Nous touchâmes tous deux la Bible avant de partir.

Dès lors, nous consultaient secrètement le livre, au moins une fois par semaine, se cachant derrière une des étagères pour regarder les photos.

* * *

Saint Saviour's était une école secondaire, en plein milieu des quartiers les plus mal famés de Dundee: Fintry, Whitfield, Craigie et Douglas. Du coup il avait sa juste part de psychopathes, des durs à cuire et des tarés. Ils avaient trois passe-temps principaux pendant la pause déjeuner: jouer un jeu appelé pitchy, qui consiste à jeter des pièces de monnaie contre le mur, le gagnant étant celui qui place sa pièce la plus proche; fumer à l'arrière des chaudières; et, bien sûr, la bagarre et le harcèlement. Martin et moi étions du Broughty Ferry, l'un des meilleurs secteurs de Dundee. Un bus nous transportait à Saint Saviour's tous les jours, avec environ quarante à cinquante autres enfants, parce que c'était l'école catholique la plus proche. On nous a tout de suite été étiquetés les snobs, les toffs ou les poofs et nous étions considérés comme bon amusement pour les brutes et les intimidateurs pendant les pauses.

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