4° Je n'aime pas l'ignorance

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Je ne savais pas quoi mettre en média et ce gif m'a bien fait rire. Donc, voilà, bonne lecture!

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Dans la soirée, Evan m'a envoyé une adresse. Et c'est tout. Toujours pas d'excuse. La scène d'hier me reste en travers de la gorge, je déteste me faire humilier de la sorte. Même si à la réflexion, je ne pense pas que beaucoup de personnes aiment se faire humilier. Ce serait un tantinet masochiste. Je soupire et fais les cent pas en l'attendant devant un café. Je mets un certain temps avant de trouver l'endroit, heureusement que j'avais prévu un quart d'heure de plus. J'ai tourné dans les différents rues pendant une bonne dizaine de minutes.

Je finis par m'asseoir sur un banc en pierre, froid. Nous sommes en plein hiver et chacune de mes respirations fait apparaître un nuage blanc. Je m'amuse avec ça, comme une enfant. Lorsque j'étais petite, à l'école, je faisais comme si je fumais. Tout le monde a déjà fait ça au moins une fois.

Soudain, une cigarette entre dans mon champ de vision. Je sursaute et me lève d'un bond. C'est la main d'Evan qui tient cette cigarette. Son regard amusé me fixe, m'incitant à la prendre. Je n'ai jamais fumé. Je fronce le nez et repousse gentiment sa main. Il hausse les épaules et l'allume pour lui. Je le dévisage. Hier, je découvre ses amis qui se moquent de moi et aujourd'hui, j'apprends qu'il fume. De pire en pire. Je secoue la tête et lui désigne le café, lui demandant implicitement d'y rentrer. Je commence à sérieusement avoir froid.

Il termine sa cigarette puis me suit, les mains dans les poches. Lorsqu'il rentre, il salue la personne derrière le comptoir d'un signe de tête. Je ne sais pas trop où il veut s'asseoir donc, je m'efface pour le laisser passer. Sauf qu'il préfère poser sa main dans le bas de mon dos et me pousser gentiment. Mal à l'aise, je le repousse et choisis moi-même une table légèrement excentrée.

- Ça te convient? je m'enquiers, le visage rouge.

Il acquiesce et retire sa veste pour la poser sur le dossier de sa chaise. J'entreprends de faire la même chose. Je me sens terriblement gênée. Pour hier et pour son geste d'il y a deux minutes à peine.

- Qu'est-ce que tu prends? Je vais aller commander, autrement nous ne serons jamais servis.

- Un chocolat chaud sera très bien.

Il hoche la tête puis se lève, me laissant seule ici. Je soupire longuement avant de me ressaisir. Je suis ici pour partir de chez mes parents. Accessoirement pour avoir mon diplôme aussi. Je sors mon bloc de feuille et un stylo de mon sac.

J'observe l'endroit et me rends compte que nous nous trouvons dans un café-signe. Je n'y ai jamais mis les pieds. Ici, tout le monde s'exprime en signant, certains parlent. J'ai toujours trouvé que ces cafés étaient une belle idée. Tout le monde s'y retrouve, ils peuvent communiquer comme ils en ont l'habitude sans risquer de ne pas être compris. J'apprécie l'endroit je dois dire.

En attendant qu'Evan revienne, je note la date en haut à gauche. Puis, je commence à la souligner de manière fantaisiste, l'agrémentant de spirales. Si bien que lorsqu'Evan revient, on ne distingue presque plus la date. J'arrache la feuille puis inscris à nouveau la date sur une feuille vierge.

Evan me tend mon chocolat et je le remercie. Je sors mon portefeuille lui demandant combien je lui dois. Il m'affirme qu'il me l'offre.

- J'insiste, je murmure. Je ne veux pas avoir de dette ou je ne sais quoi.

Il hausse un sourcil, ne comprenant sûrement pas ma réaction. C'est seulement que mes parents m'ont toujours appris de ne jamais devoir quoique ce soit à quelqu'un. Je soupire, me rendant compte que j'en reviens à nouveau à ce qu'ont pu m'inculquer mes parents. Je me résigne et range mon porte-feuille, non sans avoir remercié Evan.

L'amoureux silencieux (Sous contrat d'édition)Where stories live. Discover now