Chapitre 1 : Il avait oublié ses clés

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Je regardais vaguement la pierre en marbre devant moi. Il y était gravé un nom, celui de Kuchel Ackerman, ma mère. Elle était décédée il y a de cela 2 ans. Elle était atteinte d'un cancer du foie qui s'était généralisé très rapidement. Mais malgré cela, elle gardait toujours le sourire. Elle savait pourtant que ses jours étaient comptés, mais elle semblait être la femme la plus heureuse du monde. Quand on a appris qu'elle était malade, je venais de recevoir mon bac, à vingt ans. J'ai effectivement redoublé deux années de suite à cause d'une dépression. J'ai failli retourner dans les abysses du désespoir mais ma mère m'a retourné son sourire bienveillant. Le même que lorsque mes deux meilleurs amis sont morts, il y a environ quatre ans. Vous devez sûrement penser que cela est étrange, que tous les deux ans, un malheur m'arrive mais vous vous dites que cela est insensé et vous continuez à lire. Pourtant, vous avez raison, tous les deux ans, les gens auxquels je m'attache décèdent. Ça a commencé il y a huit années de cela, lorsque mon père est passé de l'autre côté dans un accident de voiture. Ça nous avait énormément affecté, ma mère, mon oncle et moi. Car oui, le frère de ma mère vivait avec nous, il avait de nombreux problèmes financiers et mes parents avaient acceptés de l'héberger. D'ailleurs, deux ans plus tard, c'est lui qui fut la victime de ma malédiction. Il avait disparu dans une avalanche dans les Alpes. Puis vint le tour de mes deux meilleurs amis, qui, partis en vacances, avaient eu la malchance de tomber sur un avion avec des appareils défaillants. Lors de leur mort, je m'en suis voulu et j'ai commencé à boire. Je pensais - et pense toujours d'ailleurs - que j'ai provoqué leur décès, je les avais retardés pour leur vol, d'un jour, parce que j'avais insisté pour qu'ils viennent avec moi voir une exposition qui était en ville. Si je ne les avais pas retenus, ils ne seraient pas morts. Pourtant ma mère a, tout au long de sa vie, répété en boucle que je n'y étais pour rien et elle m'avait fait promettre de ne pas pleurer lorsque son heure viendrait. Par respect pour mes amis, pour ma famille et pour que plus personne ne subisse ma malédiction, j'ai décidé de ne plus m'attacher à personne. Je vivais désormais une vie tranquille, dans un appartement du cinquième étage d'un immeuble luxueux. Je suivais des cours littéraires, j'apprenais le latin et le grec ancien dans une petite université à dix minutes en voiture de chez moi.
Chaque semaine, je renouvelais la même routine, il y avait les cours le matin à partir de huit heures jusqu'à l'heure du diner, c'est-à-dire vers environ treize heures et je passais mon après-midi au parc, à réfléchir ou à étudier, seul, sur un banc en bois, abîmé et tagué, qui se situait au fond du lieu. Ce matin-là - nous étions un mercredi -, les cours avaient été suspendus, c'est d'ailleurs pour cela que j'étais venu faire ma visite hebdomadaire au cimetière, à nettoyer la tombe de mes défunts proches et à déposer quelques fleurs. Lorsque j'eus fini mes affaires dans cet endroit quelque peu déprimant, je décidai de prendre la direction de mon habitation. Je marchai donc un pied devant l'autre, mon téléphone rayé dans la main et mes écouteurs dans les oreilles mettant en marche la playlist qui contenait la majorité de mes chansons préférés.
Une vingtaine de minutes plus tard, j'arrivai enfin devant mon chez moi, il fallait dire que j'avais légèrement traîné en me disant que prendre son temps n'était pas un mal en soi. Je montai les marches de l'immeuble, une par une, jusqu'à arrivé jusqu'à la porte de mon petit studio. Je pris cinq bonnes minutes pour trouver la clé de mon appartement dans ma poche remplie d'un tas de choses. Quand je l'eus enfin trouvée, je l'enfonçai dans la serrure de la porte. Après trois tours, un cliquetis se fit entendre, signe que ça s'était déverrouillé. Je saisis la poignée entre mes doigts et la poussai vers le bas pour rentrer dans l'entrée.  J'enlevai ma clé et refermai la porte. Je retirai mes chaussures et les déposai sur un essui dans l'entrée. Ensuite, je me débarrassai de mon trench et le pendai au porte manteau qui se situait à ma droite. Je me dirigeai enfin vers la cuisine, pris un sachet de thé noir et le déposai dans une tasse d'eau que je venais de faire chauffer. En attendant que les herbes s'infusent dans le breuvage, je jetai un coup d'oeil rapide à la fenêtre. Il pleuvait, j'avais eu de la chance, dix minutes plus tard et j'aurais été trempé.
Soudainement, la sonnette de mon appartement résonna. Je me dirigeai jusqu'à la porte et l'ouvris. Devant moi se trouvait un jeune homme plus grand que moi - enfin, ce n'était pas très compliqué vu mon mètre soixante - et trempé, il avait l'air essouflé comme si il venait de courir un marathon. J'arborais une expression blasée tout en le regardant. Il me jeta un coup d'oeil avec ses yeux, aussi verts et brillants que des émeraudes, repris son souffle et commença à parler.

- Bonjour, excusez-moi de vous déranger mais je viens d'emménager et je viens de revenir de mon université mais j'ai vu la pluie et j'ai complètement oublié de vérifier si j'avais mes clés et je les ai perdues, j'ai appelé un serrurier mais il ne pourra pas être là avant demain après-midi donc je me dis-

- Venez-en aux faits, j'ai pas que ça à faire.

- Ah, oui, bien sûr, je voulais juste savoir si vous ne connaîtriez pas un hôtel dans le coin pour que je puisse y passer la nuit.

- Il y a un Liberty Hôtel, à dix minutes à pieds d'ici. Vous devez continuer la route tout droit et prendre la troisième rue à droite et vous y serez.

- Merci beaucoup, je vous en suis absolument reconnaissant. Passez une bonne fin de journée, monsieur.

- Levi Ackerman.

- Je vous demande pardon ?

- C'est mon nom.

- Oui, oui, bien sûr, j'ai complètement oublié les formalités ! Je m'appelle Eren Jaeger, ravi de vous rencontrer.

Il tendit sa main, je la lui serrai. Après ça, il partit me faisant un petit signe de tête en souriant et en articulant un merci.

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