Je t'offrirai des Perles de Pluie_ OS

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Titre paroles de Ne Me Quitte Pas, Jacques Brel.

Parce qu'il pleut.
Que j'avais envie d'écrire un texte.
Je précise que c'est un garçon qui parle. Comme dans tout ce que j'écris, ce texte contiendra une part de moi, mais je ne suis pas un homme.
Je vous le dis dès début, c'est une histoire d'amour gay. Si vous n'êtes pas à l'aise avec cela ou que vous ne voulez pas lire, vous êtes prévenus.
Ce n'est donc pas une citation, ou un texte de moi mais bien un petit OS.
En espérant qu'il vous plaise malgré tout.
Bonne lecture
:)

Je marche sous la pluie. Mes cheveux commencent à être parsemés de gouttelettes. Mais je m'en fiche de cette eau qui me glace, j'avance. Ne cesse pas d'avancer.

Ne regarde que devant, pas une fois en arrière. Les souvenirs tuent.

De l'autre côté du muret, la mer se déchaînent. Des vagues gigantesques s'échouent dans un mince filet d'écume. L'eau salée, si belle les beaux jours d'été, est à présent aussi sombre qu'une eau sans fond.

Mais je n'observe pas la mer, j'entends juste le roulis​ de ses vagues au loin, sur ma gauche, alors que je marche sans but précis. Je veux le fuir ; vite. Mon cœur est en miettes, et je suis sur le point d'exploser, une petite tempête qui grandit en moi.

- Attends ! S'il te plaît Dylan, arrête toi !

J'accélère le pas. Ne pas se retourner, ne pas le regarder. Et voilà, je pleure. Pourquoi il est là lui aussi ? Il ne pouvait pas rester avec l'autre abruti.

- Dylan !

Sa voix traverse le bruit du fracas des vagues sur la falaise plus loin. Sa voix traverse mon dos, ma cage thoracique et explose dans mon cœur. Inconsciemment, je ralentis.

Mais je marche toujours, en fait, je crois savoir où je vais. La pluie battante s'abattant sur moi, je me dirige vers la falaise, dans notre endroit. Notre cocon.

À présent, je peux entendre ses pas et sa respiration haletante. Je sens sa main attraper la manche de mon sweat, mais je me dégage de son emprise. Je recommence à marcher, les gouttes dégoulinant dans mon dos. Je sens leur tracé glacé arriver dans le creux dans mon dos.

- Je suis désolé, bégaie-t-il dans mon dos.

- Désolé ?

Je me retourne vivement, le foudroyant du regard.

- Tu es désolé ?

Je joue les perroquets. Je ne suis pas sourd et malgré le vent je l'ai parfaitement entendu. Il baisse les yeux penaud. J'ai la sensation que je vais flancher mais je me reprends rapidement.

- De quoi es-tu désolé au juste ? De l'avoir embrassé ?

Ma voix se brise sur ces derniers mots. Adrien me regarde par en bas. Il mord sa lèvre. Ses putains de lèvres !

- Tu n'as pas à t'excuser. Nous ne sommes que meilleurs amis.

J'accentue particulièrement ce dernier mot. Ça me brise intérieurement mais si je le dis à voix haute, ça me convaincra peut-être moi-même.

Ses cheveux sont aussi parsemés de gouttes d'eau. Ses magnifiques yeux bleus me regardent perdus et sont trop brillants. Il se retient mais je sais qu'il a envie de pleurer. Je le foudroie une nouvelle fois de mes pupilles chocolats, passe une main dans ma nuque et attrappe ma capuche que je plaque sur mon crâne. Je tourne les talons et le fuis, une nouvelle fois en une soirée.

Le ciel est aussi en colère que moi, je l'entends au grondement. Je marche plus vite, espérant arriver à notre endroit. Mais Adrien en a décidé autrement.

En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, il est devant moi.

- Tu crois pouvoir me fuir éternellement Dylan. Tu sais quoi, certes j'ai déconné ce soir mais celui qui joue le plus au con entre nous, maintenant c'est toi.

- Vraiment ? C'est moi qui joue au con ?

- Parce que je t'aime depuis maintenant 6 mois, que mon amitié pour toi s'est transformée en amour et que toi, tout ce que tu trouves à faire c'est m'éviter.

Ses mots me prennent au dépourvu. Adrien... m'aime ? C'est impossible, il a embrassé ce mec tout à l'heure..!

- Qu'est ce que... qu'est ce que tu dis ?

Ma voix n'est qu'un murmure. Toute trace de colère a disparu de mon cœur. Il n'y a plus qu'Adrien, seulement lui et ses jolis mots.

- Je t'aime Dylan, putain je t'aime comme un fou et ça me tue.

Et mes lèvres se retrouvent sur les siennes, comme ça sans prévenir. Et ses larmes se mélangent aux miennes. Et il abaisse doucement ma capuche. Et mes mains se retrouvent sur ses hanches. Et nos yeux se ferment automatiquement. Et la pluie nous mouille toujours. Et putain, qu'est ce que je l'aime !

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