chapitre 7

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Pdv Alex

La tête de Kaylee est déposée sur le lit où sa meilleure amie est étendue. Elle dort paisiblement et elle est... magnifique. Même s'il est maintenant cinq heures du matin, je ne peux m'empêcher de la contempler. La fatigue ne me gagne pas, malgré tout ce qui c'est passé cette nuit.
Je ne peux pas m'empêcher de penser à l'agresseur... S'il était arrivé quoi que ce soit de plus grave à Kaylee... Ce mec aurait été bien plus amoché... ou mort... jeté en bas de l'immeuble.
Le son de la chanson " I don't wanna live forever " coupe le cours de ma pensée. Le portable de Kaylee ? Je me lève et vais devant la grande armoire où elle a mise son manteau. Je n'ai pas envie qu'elle se réveille, elle a besoin de repos. Je le prend... mais?! Comment se fait-il qu'il ait son numéro de portable. Je réponds.

- Comment se fait-il que tu aies son putain de numéro ?!
- Alex ? Ce n'est pas à toi que je veux parler, passe-moi Kaylee.
- Je m'en fou! Dis-moi!
- Tss, je l'ai dit tout à l'heure. C'est moi qui l'ai aidé à retrouver son père. Qui eut cru que ce soit toi...
- ...
- Alors, tu me passes Kaylee?

Je regarde Kaylee qui dort toujours.

- Non. Elle est dans l'incapacité de te parler.
- Quoi?
- Au revoir, Isaac .
- HÉ! Al...

Je raccroche et ferme le portable de Kaylee. Aucune de chance de rappeler.
Je ne sais pas pourquoi, mais... À ce moment, j'ai l'impression de ne rien connaître de Kaylee . Sa vie d'avant, ce qu'elle a pu vivre, en fait... Tout.
Il faut dire que cela ne fait qu'un peu plus de deux semaines qu'elle vit chez moi. Je soupire, et dire que j'ai eu le coup de foudre pour elle en si peu de temps...
Je regarde son magnifique visage endormi. Pourquoi a-t-elle une expression si craquante en dormant? Raah! Depuis que je l'ai vu pleurer, je n'ai qu'envie de l'embrasser...
Bon sang... C'est inhumain de lutter contre cela, mais si je pars, Kaylee m'en voudra...
C'est peut-être mieux comme ça après tout..? Si je prends mes distances, ce sera sûrement mieux... Pour elle autant que pour moi. Je suis son père, je ne peux pas avoir ce genre de sentiments.
Je prends mon manteau et me dirige vers l'ascenseur.

*

Je me déteste. Comment j'ai pu partir comme ça? Je me hais. Comment ai-je pu la laisser à un moment comme celui-ci? Je fais les cent pas devant l'hôpital. Il faut que j'y retourne. Non, sinon...
Sans m'en rendre compte, je me mets à hurler comme pas possible. J'espère sincèrement qu'aucun paparazzis n'étaient dans les parages... Puis, peu importe! Je ne me supporte plus moi-même. Je suis tellement... confus. Pourquoi cette fois-ci refouler mes sentiments est intolérable? Pourquoi je n'y arrive pas?
J'ai encore l'immense envie de hurler, mais si je le fais, je suis assuré de passer pour un névrosé. Ce qui est probablement le cas, vu que je me suis épris de ma propre fille. Un salop... c'est ce que je dois être. Que quelqu'un me frappe, ça me réveillera peut-être.

- Comme tu le voudras.

Quoi? J'ai dit ça à voix haute? Je ne comprends vraiment pas ce qui se passe, tout ce que je sais, c'est que je viens de recevoir un magistral coup de poing dans la figure. Je recule sous l'impact, ça fait vachement mal, j'ai l'impression que cette personne s'en est donnée à cœur joie. Je lève la tête, je ne sais pas à qui je m'attendais, mais certainement pas lui.

- Alors, petit frère, réveillé?
- Connard!
- C'est toi qui l'as demandé.

Je le saisis par le collet. J'ai juste envie de le frapper, ce con d'Isaac.

- Pourquoi te ne me frappe pas, Alex?
- Peut-être parce que tu es mon frère, répondé-je en étrécissant les yeux.
- Bien sûr...

Je lâche sa chemise. Je ne sais pas pourquoi je suis incapable de le frapper. Même si c'est ce que mérite sa sale gueule. Et puis, qu'est-ce qu'il fout là?!

Hey , Daddy !Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant