Chapitre 2 - Partie 3 - L'héliade

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Une main glissa sur son dos et il sursauta.

Pierre s'était endormi sur la table, la joue sur son poing, sa bague juste au-dessus de sa pommette. Le bijou avait laissé une marque bien nette sur sa peau. Ankylosé par la position, il ressentait des fourmillements du poignet aux doigts et avait la désagréable impression de sentir son œil tressauter.

« Pierre... »

Amalia était rentrée.

Le jeune homme perçut un certain amusement dans la voix douce de la sorcière. Elle devait se demander comment il avait pu résister à l'Ordre. Il n'avait aucun instinct de survie. Depuis combien de temps était-elle là ?

Il se redressa et s'étira. Son dos craqua et il grogna, satisfait.

« Je t'ai fait du café ! » s'exclama-t-il, enjoué.

Le breuvage, froid, trop transparent pour être réussi attendait dans un bock, au centre de la table. Amalia se versa une tasse, la réchauffa entre ses mains et but quelques gorgées.

« Merci. »

Pierre se leva pour cuisiner. Ils avaient pris leurs petites habitudes à cohabiter. Il s'était fait à son train de vie étrange. Elle partait tôt, elle rentrait tard, elle sortait parfois le soir en pleine semaine, elle s'absentait souvent le week-end. Il la soupçonnait aussi de découcher régulièrement. Il attrapa du riz et le mit dans le magicuiseur, puis jeta un regard par-dessus son épaule.

Amalia portait son uniforme de Magistre, pas une belle robe, elle ne rentrait donc pas d'un gala. Pas une seule fois il ne l'avait vu avec la même tenue d'apparat. Elle devait plaire à beaucoup d'hommes et de femmes. Il croisa son regard. Elle le fixait.

« Un problème ? demanda-t-il.

— Oui. Est-ce que tu peux laisser le charme-cuisinier tranquille, j'ai à te parler. »

Sans attendre de réponse, elle lui fit signe de la suivre et passa dans le salon. Elle s'installa dans son fauteuil et il prit le canapé, inquiet.

« Mon frère a fait quelque chose ?

— Sans doute... Je ne vais pas pouvoir te garder ici, Pierre.

— Ah. »

La déception qu'il ressentait dut se voir sur son visage car la sorcière tempéra :

« Le Magistère de Perm me reproche de t'avoir soustrait à la justice. Tu vas devoir retourner en prison quelques jours avant que je ne te fasse sortir à nouveau. Je ne sais pas quand, je vais essayer de temporiser au maximum.

— Combien de temps je vais y rester ?

— Quatre ou cinq jours, tout au plus.

— Ok. »

Amalia fronça les sourcils face à lui et il expliqua simplement :

« Si tu me dis que je vais sortir, je peux tenir.

— Ils ne seront pas tendres avec toi, il y a de grandes probabilités pour qu'on s'en prenne à toi physiquement. »

Pierre déglutit et hocha la tête nerveusement.

« Oui, mais si c'est temporaire...

— C'est temporaire. Je ne te laisserai pas pourrir en prison. »

L'héliade afficha un sourire timide. Puis, avec un air crâne sur le visage, il se fit le plus charmant possible.

« Et puis ça serait du gâchis d'abandonner un beau minois comme moi en prison ! Tu ne peux pas simplement leur dire que je suis trop chou pour... »

Sa tête heurta la table basse sans qu'il ne comprenne à quel moment elle s'était levée pour pousser son crâne. Il grogna de surprise. Son geste n'avait rien d'agressif. Pierre se massa le front. Elle n'avait pas cherché à lui faire mal, mais elle marquait un nouveau point : son charme d'héliade n'opérait pas sur elle. Amalia était inflexible.

« Arrête ça, Pierre. Retourne à ton riz. »

Le jeune homme hocha la tête et admit sa défaite en riant.

Le jeune homme hocha la tête et admit sa défaite en riant

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