Une jeune femme entre dans une gare. Lena.

     Ses talons claquent sur le sol dans un bruit mat, son sac à bandoulière cogne contre sa hanche. Elle passe une main dans ses cheveux blonds cascadant sur ses épaules, elle réajuste sa jupe, noire, assez courte, son chemisier et enfin elle jette un coup d'œil à l'horloge de la gare. Dix neuf heures dix sept. 

     "Formidable ! pense t-elle ironiquement. Je suis en avance." 

      Effectivement sur l'immense panneau des arrivées de trains, il est indiqué que le train pour Londres n'arrivera pas avant une heure. Ce qui signifie qu'entre les possibles retards et l'entrée des passagers lorsqu'il sera enfin là, elle devra attendre au moins une heure avant d'être enfin en route pour la capitale. Route qui durera sept heures, Aberdeen n'étant pas tout à côté. Tout ce chemin pour seulement quatre jours. Pour quelle raison me demanderez vous. Et bien c'est simple, son fiancé à été muté il y a quelques mois et ils ne se sont pas revus, mais impatiente de le revoir Lena ne pense qu'à une chose depuis des lustres, partir pour Londres. Ayant son travail en Ecosse elle ne peut pas rester longtemps et donc la voilà partie pour deux heures d'attente dans la gare puis sept heures de train. Mais elle est motivée, elle aime son fiancé plus que tout et serait prête à traverser l'océan à la nage pour lui. Ça vire à l'obsession si vous voulez mon avis. Lena est agacée mais sait pourquoi elle est là et donc elle esquisse un léger sourire et va s'asseoir gentiment sur un banc.

      Les minutes passent, à ses yeux, ce sont des heures. Des heures loin de l'homme de sa vie. -Mais comme je l'ai déjà mentionné, elle est obsessionnelle.- Elle continue de sourire mais sent qu'il devient faux, ou "hypocrite". Alors elle cesse, prend une grande inspiration, se lève et se dirige vers les toilettes publiques pour se passer un peu d'eau sur le visage.

     Alors qu'elle approche de la porte, elle remarque qu'il n'y a personne à côté. Pourtant les toilettes des gares sont toujours bondées de monde. C'est un peu le refuge des impatients, ou des cinglés. Plutôt soulagée d'être toute seule et tranquille, Lena pousse la porte. Sur laquelle il y a écrit tirez. Attention ! On ne se moque pas, je suis sûr que ça vous est déjà arrivé. Elle se rend compte de son erreur, au comble de l'agacement et tire la porte comme une furie. Elle entre et fonce vers les lavabos, elle fait couler l'eau dans un jet puissant, mets ses mains en coupe en dessous et s'envoie une bonne quantité d'eau au visage. Elle passe alors lentement ses mains sur son visage en tentant de se calmer. Soudain le courant se coupe. De quoi vous faire stresser au maximum. Quoique, Lena n'est pas tellement occupée à avoir peur pour le côté flippant du lieu dans le noir. 

     "Oh non pitié dites moi que c'est seulement dans les toilettes ! " Dit elle suppliante avant de psalmodier mentalement : " Pas de retard de train, pas de retard de train, pas de retard de train..." 

     Et tout aussi soudainement la lumière revint. Elle respire un coup et décide de sortir pour voir si des retards de trains sont prévus. Anxieuse elle appuie sur la poignée lentement et entrouvre la porte. Son regard se pose sur ... Attendez quoi ? Un cheval qui mange de l'herbe ? Non mais c'est une blague ... ? Lena ouvre la porte en grand. Ses yeux s'écarquillent de stupeur, sa bouche s'ouvre en un O parfait et son sac tombe de son épaule, renversant son contenu sur .. l'herbe. Une herbe bien verte, comme celle des plaines dans les campagnes écossaises. S'il vous plait dites moi que c'est un rêve ? Elle est en train de rêver .. Sinon ce n'est pas possible.. Mais non.. Je le vois moi aussi. Lena regarde le sol puis le cheval et enfin elle regarde le reste de la gare. Sous son regard éberlué s'étend une prairie. Pourtant il s'agit toujours de la gare, les rails, le banc et même le panneaux des arrivées sont là. Flottant à plusieurs mètres du sol de manière inexplicable. Bon en même temps essayez d'expliquer ça. Revenons aux panneaux,  les destinations ont changé. Lena les lit instinctivement, trop choquée pour réfléchir. 

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