4 : Je ne veux pas décevoir

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Les battements de mon cœur se répercutent dans ma tête, me faisant atrocement mal. Je n'aurais pas dû boire autant, la veille. Qu'est-ce qu'il m'a pris ? Cela semblait être une bonne idée sur le moment, pourtant.

Quelqu'un toque à ma porte.

— Moins fort, geins-je en me cachant sous mon oreiller.

L'individu entre dans ma chambre. Je donne ma main à couper qu'il s'agit de Laure. Le matelas s'affaisse sous le poids de la personne qui s'est assise à côté de moi.

— Allez, Lisa, lève bouge-toi, me demande une voix féminine – Laure, donc – en posant sa paume sur mon épaule.

Je grogne, ne sortant pas la tête de sous le coussin.

— Lisa, tiens bon. Nous sommes vendredi, c'est le week-end ce soir, m'informe-t-elle.

Elle retire mon polochon, mettant mon visage à découvert. Elle quitte mon lit et va libérer mon volet, laissant entrer la lumière du jour.

— Laure ! Ferme ça tout de suite ! l'imploré-je en gardant les paupières closes, éblouie par la faible lumière provenant de l'extérieur.

— Non. Tu ne te lèveras jamais, sinon. Il est sept heures, alors dépêche-toi ! s'exclame-t-elle.

Je grogne tandis qu'elle tire sur mon bras, m'obligeant à me mettre en position verticale. Une fois assise, je garde les yeux fermés avant de progressivement les ouvrir. Ma meilleure amie me lance un regard désapprobateur.

— Nous t'avions prévenue, hier soir. Tu as trop bu, me réprimande-t-elle, les poings sur les hanches.

Elle est déjà prête pour une journée de cours alors que nous nous sommes couchés à quatre heures du matin, soit il y a tout juste trois heures.

— Allez ! Lève-toi ! s'écrie-t-elle.

— D'accord, d'accord ! je cède. Mais, je t'en conjure, parle moins fort.

Je me mets debout, titubant un peu jusqu'à ma porte. Laure me suit, attentive à mes faits et gestes pour m'éviter de tomber. Lorsque je rentre dans la cuisine, j'y trouve Greg qui n'a pas l'air très frais non plus. Laure sort deux verres d'eau ainsi qu'une boîte de cachets de paracétamol. Elle nous en tend un chacun, visiblement pressée de quitter les lieux.

— Merci, marmonné-je.

J'avale le médicament, puis pose mon gobelet sur la table.

— Pas si fort, Lisa, se plaint Greg.

Je me redresse difficilement et marche jusqu'à ma chambre.

* * *

J'avance sans grande ambition et m'arrête devant ma salle. Je ne suis pas quelqu'un de particulièrement sociable, ce qui fait que mis à part Greg, Lucas et Laure, je n'ai pas vraiment de camarades.

— Salut ! s'exclame une fille derrière moi.

Je me tourne et me trouve face à Alice. Elle est du genre à s'écouter parler constamment, et à la longue, cela se montre énervant. Elle appartient à ces personnes qui profitent des gens, je déteste ce trait de caractère. J'essaye cependant de faire bonne figure.

— Salut.

— Il paraît que tu connais Matt ?

— Oui, c'est mon nouveau colocataire.

Je sens qu'elle veut me demander quelque chose, sauf qu'elle n'en a pas le temps puisque l'amphithéâtre ouvre. Alice s'éloigne de ma personne et va s'asseoir avec ses amies. Quant à moi, je m'installe à mon emplacement habituel, seule. Je sors mes affaires, lasse. Quelqu'un prend place à côté de moi, mais je ne regarde pas de qui il s'agit. Le professeur entre et commence son cours.

Se sentir coupable (Sous contrat d'édition)Where stories live. Discover now