Juliette à Noah

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Cher Noah,

Aujourd'hui est le dernier jour de ma vie, et je tiens à ce que toutes mes pensées et mes mots te reviennent. Parce qu'ils t'ont toujours appartenus, et qu'ils t'appartiendront toujours.

J'aimerais que tu saches toutes ces choses que je t'ai toujours caché. J'aimerais que tu saches que tu m'as sauvé plus d'une fois, et que sans toi Juliette n'existerait plus. Parce qu'au fond, pendant des années, elle n'existait pas.

Mais tu lui as donné une raison d'exister, tu m'as donné une vie.

J'aimerais aussi que tu ne sois pas en colère, et que tu finisses par me pardonner comme je mes suis pardonnée. Je me suis pardonnée ces années de dépression et d'anxiété, je me suis pardonnée tous ces cachets pris en vain, je me suis pardonnée la souffrance et les larmes versées. Et j'espère que tu me pardonneras ma mort.

J'aimerais également que tu saches que j'ai tout pardonné au monde parce que tu existais.

J'ai eu une chance inestimable d'avoir pu te rencontrer. Ce jour là, à l'hôpital. J'allais mourir à ce moment là, et c'est cet adolescent qui avait un peu trop bu qui m'a sauvé. Cet adolescent, qui a eu un accident de moto.

Et qui a eu la chance de survivre.

Cet adolescent, qui a le visage parcouru par une cicatrice. J'aimerais que tu sache à quel point je la trouve magnifique. Parce que tu ne la jamais portée comme une blessure, mais toujours comme une fierté.

Tu as survécu.

Et même après être sorti de l'hôpital, tu revenais me voir tous les dimanches un sourire toujours pendu aux lèvres. Tu me parlais, pas parce que tu n'avais rien d'autre à faire mais juste parce que tu en avais envie.

C'est la plus grande preuve de gentillesse qu'on ne m'ait jamais démontré. Pratiquement la seule. Tu étais là aussi, quand ma mère est morte. Et quand mon père a déclaré ne plus vouloir payer mes soins.

De toutes façons il avait raison, je ne m'en serais jamais sortie. Ma maladie est incurable, elle ne détruit pas mon corps mais mon esprit. L'anorexie n'est au finale, qu'une conséquence.

Et pour le mot de fin, de ma vie et de nos souvenirs, j'aimerais te confier quelque chose.

Quand j'étais petite je rêvais tout le temps d'un oiseau, tout petit oisillon à vrai dire. Les plumes noires, avec quelques reflets mauves par moment. Il était tout le temps là, et chantait dans mes pas. Il ne m'a jamais abandonné, et était là dans toutes mes nuits même les plus sombres.

Il était avec moi, quand j'ai vu mon poids descendre. Et quand les médecins m'ont dit que je risquais de mourir si je ne me forçais pas à manger. J'aurais aimé qu'ils comprennent à quel point c'est compliqué. Il était là, à chaque instant. Même quand je pensais être seule.

Et un jour je t'ai trouvé, et tout m'est apparu comme une évidence. Tu es ce garçon, aux yeux noirs et aux cheveux teints. Le regard mort et pourtant plein de vie.

Merci Noah, d'avoir essayé de sauver ma vie.

Je t'aime.

J'avais besoin d'écrire sur tout ça ^^

Et sur ces mots très sombres j'aimerais vous dire qu'il y a toujours de l'espoir. L'anorexie et la dépression sont des sujets très graves, et je parle en toute connaissance de cause. Bien sûr, ce n'est que mes expériences et pas une généralité.

Brefouille, toi qui lis ça qui que tu sois, tu es une personne fantastique et merveilleuse. Ne laisse jamais personne avoir du pouvoir sur toi, ce pouvoir destructeur. Ne laisse jamais personne détruire ta confiance en toi.

Ni jamais te détruire à vrai dire.

Et ce, même si cette personne est toi.

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