VI) Haiga

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Je suis bizarre, je le sais je le vois tous les jours. Je suis bizarre et je ne sais pas quels sentiments je ressens envers Emilie. Je passe d'une espèce de tristesse à de la colère voire même de la rage sans comprendre le changement qui se fait en moi. Je suis un peu lunatique, je suis bizarre. J'ai toujours eu l'impression de ne pas avoir la même visio que les autres sur le monde. Je me suis toujours sentie différente voir même exclue mais avec Emilie j'avais l'impression que je pouvais lui faire une confiance aveugle, c'est pareil pour les autres de notre petite bande, mais elle est la seule qui m'a dupée. Je lui en veux et ne lui pardonnerais pas de sitôt. Mais bon il faut bien que je lise la suite. J'ai lu déjà quelques lettres mais je pense que je peux en lire plus.

Salut Haiga,

Je vais arrêter de perdre du temps et de l'encre avec des mots inutiles. Que s'est-il passé depuis la dernière lettre, pour toi quelque instant et pour moi beaucoup de choses.

Aujourd'hui, c'est le jour où j'ai arrêté de vous parler, ne crois pas que pour moi ça a été facile, il a fallu que je tienne toute la journée.

J'ai commencé le matin par partir assez tard pour être seule sur le chemin et arriver juste à l'heure en cours pour ne pas vous croiser. J'ai fait les cours d'allemand et d'histoire sans problème puisque je ne suis pas dans votre classe. Ensuite à la récréation, j'ai passé le plus de temps possible dans la salle du dernier cours puis quand la prof a dû partir et a chassé les dernières personnes présentes avec moi je suis sorti en mettant le plus de temps possible à descendre et je suis allée dans un des couloirs du rez-de-chaussée où j'ai attendu la fin de la récréation avant d'aller en cours quand j'ai vu ma classe passer.

A la fin des cours je suis sortie comme si de rien n'était et je suis rentée chez moi en vitesse. Comme nous sommes mercredi l'après-midi je suis juste pas sortie de chez moi. Je crois que pour l'instant vous n'avez rien remarqué juste que je ne vous ais pas attendu pour rentrer. Donc pour l'instant vous ne devez-vous douter de rien.

Ta super pote

Emilie

Donc c'est ce jour-là qu'elle a cessé de nous parler. Je pensais que c'était plus tard mais c'est vrai que la dernière fois que je lui avais parlé c'était la veille. C'est bien dans ces lettres ont commencé à rentrer dans le vif du sujet. Ce n'est pas trop tôt parce que vu les quelques lettres qu'elle a fait avant je ne suis pas si sûre qu'elle était réellement mon amie. Je donne un bon coup dans l'oreiller à côté de moi, bas oui s'il est là il faut bien que je me défoule un peu. Sinon à quoi est-ce qu'il sert ? A rien... Comme moi. Non il faut que j'arrête de penser cela. Emilie me frapperait surement si elle m'entendait dire cela. Elle n'est pas violente mais elle aime pas que je dise ce genre de chose. De toute façon elle n'est pas là alors je fais ce que bon me semble.

Et voilà la moi lunatique et bizarre est de retour. J'aimerais bien parler à Alexie pour me calmer mais on s'est dit qu'on ne parlait pas temps qu'on avait pas fini. Donc je prends mon mal en patience et continue la lecture. 

A mourir d'écrireLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant