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Une dispute explose. Les larmes coulent à flots sur nos joues. Ses mots arrivent tout droit dans mon cœur. Je sais qu'elle ne les pense pas. Pourtant ce sont toujours les mêmes peurs qui reviennent dans son esprit qui sont le sujet de notre arrachement.

- Tu ne seras pas heureux avec moi Alex... Et tu partiras. Tu aurais pu rencontrer une fille moins barge, plus calme et sans tout ces problèmes. Et plus jolie aussi. Tu mérites quelqu'un...

Je la coupe violemment.

- Est-ce que tu te rends compte de ce que tu me dis? Qu'en gros on a pas d'avenir ensemble, parce que tu penses que je vais partir? Je t'aime Madelia, et c'est toi que je veux. Toi et c'est tout. Je veux vivre avec toi pour toujours.

Les sanglots deviennent des poignards pour le petit organe fragile qui se trouve dans sa poitrine. Ne cessant de se faire du mal seule, pour se punir de choses dont elle n'est pas responsable. Ils l'ont détruite, à un point où même mon amour n'arrive pas à lui maintenir la tête au dessus de l'eau.

J'ai ce sentiment désagréable, qui brise mes sourires, que je ne la rends pas heureuse. Elle me hurle que si, elle est heureuse avec moi, mais que c'est sa vie ici, chez elle, qui la bousille. Je la crois, je le sais, je le vois quand elle est avec moi. Tout est plus calme et plus serein quand nous ne sommes que tous les deux.

Toi et moi contre le reste du monde Madelia.

Venir chez elle pour le week-end était une idée débile. Mais elle voulait quand même essayer. Voir si je pouvais rendre son calvaire un peu moins compliqué. Ses conditions de vie sont horribles, et je n'ai qu'une envie c'est prendre ses affaires et l'emmener loin de cet enfer.

Ce n'est pas possible. Où irions nous? Mes parents finiraient par en avoir marre. Et l'hôtel fini par coûter cher. Alors nous devons trouver un chez nous. Tant pis pour l'argent, on se débrouillera. Le plus important c'est qu'elle aille bien, qu'elle se rende en cours correctement et que nous ne soyons que tout les deux.

Malheureusement, même si nous passons un week-end loin de son habitat, lorsqu'elle doit y retourner, lorsque les heures deviennent des minutes... Elle semble se transformer en une énorme boule de stress, d'anxiété et de colère. Voilà où se trouve le réel problème: le retour dans cette maison qui lui offre que de la misère, des insultes, des cris et de la peine.

La vie ne devrait pas être ainsi. Les parents devraient aider et aimer leurs enfants. En faire que lorsqu'ils sont prêts à assumer et donner plus d'amour que de coups. Madelia n'est pas frappée physiquement, mais on lui inflige des blessures psychologiques, qui dégradent son estime d'elle-même, sa confiance, sa capacité à se sentir comme une bonne personne, son jugement par rapport à ce qu'elle accomplit, son rapport à la vie et surtout son envie de laisser le bonheur l'enlacer et la sauver. Ils l'ont persuadée que personne ne l'aime et que jamais personne ne l'aimera. Qu'elle mérite cette vie et qu'elle n'aura jamais mieux.

Alors rendez vous bien compte que moi, son copain depuis neuf mois, je trime chaque jour pour lui réapprendre à s'aimer, à se laisser chérir, à y croire, à être fière de ses accomplissements, se sentir belle, sourire, voir le bon côté des choses, et espérer. Croire que si, nous auront une belle vie heureuse et que même si nous devons passer par le pire, on gravira des montagnes pour atteindre le meilleur.

Je suis prêt à tout pour elle. Elle mérite qu'on parte au combat pour sauver sa cause.

M A D E L I A.Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant