Rêve I - Ce qui compte ce n'est pas la destination

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Javien fit craquer son épaule lentement. Les autres lui avait demandé de faire le guet pendant qu'Alexandre essayait de comprendre les inscriptions sur le mur. Pour le jeune guerrier Soturi, tout comme pour sa sœur qui couvrait, l'espérait-il, ses arrières depuis un surplomb des ruines, il n'y avait rien à tirer de tous ces dessins étranges. Ils s'étaient juste perdu et avaient atterri dans un cul-de-sac. Mais leur collègue, historien de métier, leur avait assuré que c'était le bon chemin, et qu'il fallait juste en comprendre le fonctionnement.

-Foutaise, lâcha le guerrier, on est juste en train de perdre du temps. En plus on est complètement à découvert ...

- De quoi tu as peur ? J'ai une vue imprenable sur tout le secteur depuis là-haut et je te couvre ! S'il y a le moindre ennemi qui approche je le descends aussi sec ! lâcha une voix légèrement grésillante à côté de lui.

Javien prit la pierre de communication qui pendait à sa ceinture. Une relique qu'ils avaient trouvé l'année dernière, et qu'ils s'étaient partagés avec sa sœur. Une aubaine lorsqu'on constatait les prix qu'en demandait les artisans Agargons ayant réussis à en copier le concept.

- Et qui te couvre toi sœurette ? lâcha le jeune homme en riant légèrement.

- Le grand archevêque lui-même ! répondit la pierre en s'illuminant brièvement en bleu, sur un ton identique.

Du haut de son perchoir, Valia Vania braquait son arbalète à tachyon modifié en direction des entrées de l'immense hall. Selon Alexandre et Xhin, ils étaient à plus de trois cent mètres sous le niveau du sol. Fait qui ne paraissait pas absurde à la tireuse d'élite, puisqu'il lui était impossible de distinguer le plafond.

- Alors dangereuse demoiselle ? On trouve une cible ? lâcha subitement une voix à proximité de son oreille.

D'un mouvement de panique, elle se retourna avec dextérité et donna un coup de pied pour écarter l'inconnue et le tenir en joue avec son arbalète sans risquer de prendre un éclat lors de l'impact. Mais elle ne trouva nul ennemi, juste le visage souriant de Ravista, le cambrioleur Affranchi du groupe.

- Espèce de crétin, cracha la Soturi en lui assénant un nouveau coup de pied, j'ai failli te faire un troisième œil au niveau du front !

- J'avais confiance en ton professionnalisme pour identifier la cible avant de tirer sans réfléchir ! répondit le jeune homme, avec son habituel et imperturbable sourire.

- Tu aurais mérité que je ne sois pas aussi professionnelle comme tu dis ! lâcha-t-elle, légèrement énervée.

- Oh, je sais bien que tu ne le penses pas ! répliqua l'Affranchi en riant légèrement et en s'approchant pour l'embrasser.

- Arrête enfin idiot, lança-t-elle en riant légèrement cette fois-ci, si ma pierre s'active et que mon frère ...

- Et alors ? Tu as honte de moi ? Il faudra bien qu'il l'apprenne un jour non ? questionna Ravista.

- Un jour ... mais le plus tard possible. Retourne faire ta ronde ! ordonna-t-elle en lui autorisant un léger baisé.

- À vos ordre mon caporal ! dit-il en s'approchant du bord de la tour.

- J'étais sergent crétin ! lâcha le jeune femme en lui lançant une pierre avec une parfaite précision.

L'Affranchi l'esquiva de justesse et lui fit un signe de main, avant de basculer en arrière dans le vide, se rattrapant avec agilité sur les pierres pour entamer une descente de la bâtisse. Il se laissa tomber sans bruit à côté de Javien, remerciant les Nakhins qu'il ne l'ai pas entendu. Il emprunta le couloir derrière celui-ci et l'inspecta pour s'assurer qu'aucune créature n'ai réussi à faire ce qu'il venait lui-même de faire. Il finit par déboucher dans une salle sans issues, au milieu de laquelle un feu de camp brûlait. Xhin était plongé dans des livres, sûrement à la recherche d'un quelconque sort, et Alexandre se perdait dans la contemplation des glyphes qui parcouraient le mur, un carnet de note à la main. Non loin du feu de camp, Sar'Hïna se reposait. Elle savait parfaitement qu'aucune de ses compétences n'était utile au groupe dans la situation donnée, et cela faisait trois jours qu'elle n'avait pas dormi ce qui commençait à faire beaucoup, même pour une Akh'An.

Les Songes de Sand'HôrLisez cette histoire GRATUITEMENT !