II) Au boulot !

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Mais, la sonnerie de mon téléphone portable, me ramène bien vite à la triste réalité...

— Allô... Monsieur Truffaud ?

— Tous mes vœux de bonheur Madame Conti. Bon... ma petite Paola, je ne vais pas y aller par quatre chemins. Je vous attends au bureau, demain matin à la première heure.

— Mais...

— Taratata ! Il n'y a pas de « mais » qui tienne. Vous profitez sereinement de votre nuit de noce et au réveil, hop au boulot ! Eh oui Madame, votre mari a choisi de passer sa vie aux côtés d'une journaliste, il doit comprendre que les scoops n'attendent pas.

— Mais, je ne...

— À demain ! De bonne heure et de bonne humeur. Ne faites pas trop de folies de votre corps ! Ah ah ah...

Il a raccroché ! Ce con, a raccroché ! Que faire à part pleurer dans un moment pareil ? Je me dirige vers la fenêtre et ferme les volets. Dormir, je veux dormir pour oublier...

Toc, toc, toc

— Entrez ! Dis-je, la voix encore emplie de sommeil.

— Bonjour ma puce !

— Théo ! Viens dans mes bras mon chéri. Je suis trop contente de te voir !

Théo est mon ami de bac à sable. Nous sommes inséparables et très régulièrement, les gens nous prennent pour un couple. Mais, notre amour est au-dessus de tout cela, il est pur et éternel. De toute manière, il est impossible pour lui de craquer pour une fille comme moi, car il est « blondes addict » et moi malheureusement, je suis brune. Il me complimente souvent sur ma silhouette élancée, mes grands yeux verts et mon grain de peau halé, mais, il rajoute toujours qu'il me manque la couleur essentielle qui le fait fondre. Je ne me vexe pas du tout, car je trouve Théo très sexy, très beau même, mais je le vois comme un ami et uniquement comme cela. Mes collègues féminines de travail sont en extase devant sa plastique de rêve, quand il vient me chercher au boulot. Elles me répètent sans cesse que je suis malade ou bien lesbienne pour ne pas sauter sur ce beau brun aux yeux noisette.

— Et moi donc ! Raconte-moi ce qu'il s'est passé. Pourquoi cet enfoiré t'a fait subir un affront pareil ?

Il s'allonge contre moi et m'enveloppe dans ses grands bras protecteurs. Je cale ma tête dans son cou et hume son parfum épicé.

Comme son contact charnel me rassure...

Je sais que blottie dans sa cage protectrice, plus rien ne peut m'atteindre. Je lui relate donc la scène horrible que j'ai vécue devant la mairie en compagnie de mon... ex-petit ami, or mes phrases sont régulièrement interrompues par des sanglots qui me serrent la gorge. Toutefois, les caresses de ses doigts dans ma chevelure, me calment et me permettent de tout lui raconter. Une fois mon dernier mot prononcé, je serre fortement Théo dans mes bras et le noie sous un torrent de larmes. Ses mains quittent alors mes cheveux pour masser tendrement mon dos. Puis, délicatement, il pose ses mains sur mes épaules, se dégage de mon étreinte étouffante, effleure ma joue de la pulpe de ses doigts, les laisse glisser comme des plumes jusqu'à mon menton, le saisit tendrement, relève ma tête et ancre son regard dans le mien.

— Regarde-moi ma belle. Essuie tes larmes, ce connard ne mérite pas que tu souffres pour lui. Tu vas être forte, non... tu es forte ! Demain, tu vas te lever, te regarder dans le miroir, te dire combien tu es belle et combien d'hommes voudraient être dans ton lit. Dès ton réveil, tu croqueras la vie à pleines dents. OK mon poussin ?

Ses yeux brillent, son souffle s'accélère et je sens la peine qu'il a de me voir ainsi, quand il dépose un baiser chaud et tendre sur mon front.

Entrée dans la nuit (Terminé ) (Protégé par copyright)Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant