Chapitre 13 : Une Epouse Caractérielle

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-Puisque je vous dis que je n'ai pas réellement abandonné ma position ! rugissait Marc en frappant du poing sur la table.

Ony Trabis, ce rat gluant, lui adressa un sourire glacial. Près de lui, le commandant d'Aniort secouait la tête avec une moue dégoutée. Dans son costume de soldat, il aurait fait peur à n'importe qui. Mais en tant que capitaine de l'Ombre, Marc en avait vu d'autres.

-Vous deviez vous rendre au front, grinça le militaire. Et où nous retrouvons-vous ? À Aniort ! Dans les terres ! Vous avez abandonné votre poste !

-J'ai une très bonne raison pour être ici ! tonna le capitaine.

Voilà une heure qu'il tentait d'expliquer à ces crétins l'histoire. Mais ils le coupaient sans cesse, pour répéter la même chose. Il avait quitté son poste. Bande de larves ignorantes ! Depuis combien de temps n'étaient-ils pas allés au front !? Depuis combien de temps se complaisaient-ils dans l'aisance d'Aniort, sans entendre les hurlements de douleurs de leurs compatriotes !?

-Aucune raison ne justifie votre traitrise à la couronne de Miflam ! tonna le commandant. Vous êtes renvoyé sur le front, capitaine Sigmar !

C'était ça, leur punition ? Sidéré, il les contempla. Dans leur fauteuil richement décoré, ces deux-là étaient à la tête d'Aniort depuis bien trop longtemps. Le palais de la ville était splendide, empli de mille et une merveilles. Cela les conduisait-il à la stupidité ?

-Évidemment que je vais retourner au front. C'est mon travail.

-Vous y retournerez sans votre épouse. Car c'est bien de sa faute si vous avez fait un abandon de poste ? susurra Ony Trabis. Béthanie Sigmar sera renvoyée à la capitale.

Le simple fait de l'entendre prononcer le nom de sa femme lui donna une violente envie de meurtre. Marc frappa une nouvelle fois du poing sur la table, pour se contenir. Cela fit sursauter ce rat visqueux.

-Ma femme reste avec moi !

-C'est un ordre du Roi ! Elle doit retourner à la capitale !

-Jamais !

-Une femme telle qu'elle n'a pas à être sur un navire de guerre.

Cela décupla la rage du capitaine.

-C'est le choix de Béthanie, et je le respecterais !

-Le Roi en a décidé autrement ! cracha Ony.

-Le Roi n'a pas à me dire que faire avec mon épouse !

-Je vous l'ai déjà dit ! Elle n'a pas à faire la guerre !

-Vous ne me séparerez pas de ma femme !

Le rugissement résonna dans la pièce. Un sourire désagréable passa sur le visage des deux hommes.

-Vraiment ? Dans ce cas, vous êtes aux arrêts, capitaine, pour outrage à la couronne, et refus d'appliquer les ordres du Roi !

-Ha oui !? J'aimerais bien voir ça !

-Gardes !

Bon sang de bois ! Une dizaine de soldats surgirent dans la pièce, prêts à le molester. Bon. Mieux valait rester sage pour le moment. Encadré de cette escorte, il se retrouva dans les couloirs du palais.

Maudit Ony Trabis... Marc serra les dents, furieux. Il ne les laisserait pas s'approcher de Béthanie. La situation était trop étrange pour qu'il les laisse faire. Leurs intentions semblaient vraiment douteuses... Et c'était sa femme, bon sang ! Hors de question qu'il la laisse avec deux hommes visqueux !

Corset et Bottes de CuirLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant