De la jalousie dans l'air

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Jeudi matin, Lucie attendit Pauline sur leur banc. Elle n'avait pas pu l'appeler la veille et espérait que son amie ne lui en veuille pas. Sa soirée avait été longue, très longue ! Pauline arriva dix minutes avant la sonnerie. Le sourire aux lèvres, elle balança son sac dans l'herbe pour prendre dans ses bras son amie.

- On a gagné 6 contre 2 ! s'exclama Pauline en levant le bras en l'air.

- Bravo ! lui dit Lucie sur le même ton. C'est super !

- Et, tu sais quoi ? Julien a prétexté un rendez-vous médical à son lycée pour venir assister au match ! J'étais trop heureuse. Mes parents étaient venus aussi alors je leur ai présenté Julien... Ils l'adorent déjà !

- Que de bonnes nouvelles, alors !

Pauline acquiesça, pianota quelques minutes sur son téléphone puis demanda des renseignements sur la journée de Lucie. Celle-ci lui expliqua alors toute sa soirée avec Maxence, en évitant de lui avouer qu'elle avait eu l'impression que Max était jaloux de Louis et elle.

Elle expliqua donc sa soirée:

Après un long moment de travail pendant lequel ils organisèrent les repas et le nombre de commandes à passer – ne sachant pas quel thème prendre, ils avaient décidé de s'y attaquer plus tard - Lucie se rendit compte qu'elle était en retard et ne pourrait tenir la promesse faite à sa mère de rentrer à l'heure. Max décida donc de la raccompagner chez elle pour s'excuser.

- Bonsoir Madame Mc Floyd, l'avait salué Maxence.

La mère de Lucie avait dévisagé sa fille, étonnée de voir avec quel genre de garçon elle travaillait. Pendant quelques minutes Mme. Mc Floyd passa un interrogatoire à Max afin d'essayer de le piéger ; en vain, il resta courtois et ne se laissa pas avoir. Madame Mc Floyd avait donc laissé tomber et l'avait ainsi relâché, l'autorisant à repartir chez lui. C'est après que les choses se corsèrent pour Lucie.

- Laisse moi deviner, rigola Madame Mc Floyd, tu n'as pas vu l'heure passer tellement vous étiez concentrés dans le travail ?

- Oui, tu as tout compris, m'man... s'excusa Lucie en s'affalant sur le canapé.

- Non mais je rêve ! J'ai été jeune avant toi, Lucie, et je sais très bien comment se servir de l'excuse d'un « travail urgent » pour voir son petit ami ! Tu t'es protégée, au moins ?

Lucie sentit le sang lui monter aux joues. Elle n'avait jamais réellement abordé ce sujet qu'elle trouvait gênant. Et l'idée que sa mère l'imagine au lit avec Maxence n'arrangeait pas les choses.

- Maman ! protesta Lucie en se levant d'un bond. Je n'ai pas... couché avec ce type ! Il travaille au BDE aussi et c'est celle qui dirige le club qui nous a placés en binôme. Tu pourras lui demander, si tu ne me crois pas, elle s'appelle Lizzie Lagrange.

- Il a quel âge ?

- 17 ans, il est en première.

- Et comment s'appelle ce jeune homme ?

- Maxence Curter. Mais, encore une fois, il n'y a rien, je t'assure. On n'est même pas amis.

- Bien, va te coucher. A moins que tu n'aies pas mangé ?

- Si, c'est bon, lui mentit sa fille, on a commandé des pizzas. Bonne nuit, m'man.

Alors que sa fille montait les escaliers, Madame Mc Floyd l'interpella et lui chuchota :

- En revanche, il ne semble pas être comme tous les autres. Il se sait charmeur mais je ne pense pas qu'il jouera avec toi. Et puis... il est très mignon, tu as de bon goût, Lucie...

Lucie se tapa le front et partit dormir. Sa mère était bien trop butée sur son idée pour comprendre que Max et elle n'avaient rien à faire ensemble ! La soirée se termina donc sur cette fausse note...

Son récit terminé, la cloche sonna et les deux filles durent s'en aller en cours de géographie. Sur le chemin, Louis vint les rejoindre. Il fit la bise aux deux filles et demanda si elles allaient bien, sous le regard de quelques minettes de première. À son arrivée au lycée, ce matin, Lucie avait aperçu l'adolescent entouré d'une troupe de premières qui roucoulaient à ses blagues. Lucie reconnaissait bien là le côté dragueur de ce garçon qu'elle avait immédiatement cerné chez lui rien qu'en le voyant. Pour faire un peu ruminer ses fans, Louis emmena Lucie en cours en la prenant par le bras. Était-elle son jouet ? La question ne sembla pas déranger Lucie qui vit du coin de l'œil Maxence qui la suivait, sûrement pour aller en cours d'anglais. Lorsque Lucie, Pauline et Louis arrivèrent à l'entrée de la salle, Maxence retint Lucie par la main. « Décidément, pensa Lucie, son truc c'est de me retenir d'aller en cours ! » Sa main était chaude, elle réchauffait la paume gelée de Lucie.

- Tu as froid ? lui demanda Maxence, inquiet.

- Ne t'en fais pas, aboya Louis, si elle a besoin d'un câlin, je saurai m'en charger, merci.

- Tu as oublié ça chez moi, hier, continua Max qui n'avait pas quitté des yeux Lucie pendant que l'autre avait tenté de le faire rager.

Il joignit les gestes à la parole en mettant dans la main de Lucie son foulard. Voilà ce que Lucie cherchait depuis la veille, son écharpe !

- J'aime bien ton parfum, lui dit Max en souriant légèrement.

- Merci, répondit Lucie, ne sachant pas vraiment quoi dire.

Louis souffla et s'apprêta à répliquer mais Pauline le tira dans la salle, laissant Lucie et Maxence face à face, comme seuls. C'est le professeur qui brisa le silence entre les deux, lorsqu'il menaça Lucie d'un travail supplémentaire si elle lui offrait une minute supplémentaire de retard dans son heure de cours. Avant de partir, Lucie approcha son visage de celui de Maxence et lui chuchota à l'oreille, frôlant volontairement sa joue :

- Un câlin, en revanche, ça n'aurait pas été de trop.

Celui-ci resta bloqué jusqu'à ce que le professeur claque la porte. Lucie se dirigea lentement à sa place sous le regard intrigant de ses camarades. Louis, lui, la toisa du regard avant de plonger la tête dans ses dessins. L'adolescente lui en voulait d'avoir essayé de s'interposer entre elle et Max. S'imaginait-il avoir assez d'importance à ses yeux pour avoir le droit de faire des choix à sa place? Elle décida de l'ignorer jusqu'à la fin de l'heure.

Après ça, les élèves rejoignirent la classe d'allemand et Lucie fut obligée de se retrouver à côté de Louis qui avait décidé de garder sa place, entre les deux amies. Il était hors de question que Lucie laisse ce malentendu sans explication. Elle se mit à s'expliquer à voix basse :

- Que tu te serves de moi pour réveiller les hormones de tes minettes, je trouve ça limite insultant, et que tu décides après coup de jouer le jeu jusqu'au bout en prenant part à une conversation qui ne te regardait pas, je trouve ça vraiment abusé.

- Ça va, Lucie, répondit-il sur le même ton pour ne pas se faire entendre par leur professeure, j'ai laissé passer mes émotions avant le respect...

- Tes émotions ? Mais où vois-tu des sentiments là-dedans ? Tu t'es servi de moi, c'est tout.

- Et qu'est-ce qui te fait croire que je jouais ? Qu'est-ce qui te fait croire que je ne suis pas am...

- Louis... s'il-te-plaît, ne me dis pas un mot de plus. J'ai très bien compris où tu veux en venir et, crois-moi, je n'ai vraiment pas envie d'entendre ça.

Lucie se mordit la lèvre. L'adolescente laissa tomber son stylo sur la table. Elle ne comprenait pas comment Louis pouvait assurer qu'il avait des sentiments pour elle alors qu'il n'était dans leur classe que depuis quelques jours !

- C'est bon, ne stresse pas ! rigola Louis. C'était une blague !

Lucie n'y croyait pas mais essaya tout de même de se convaincre qu'il ne mentait pas et qu'il avait, tout simplement, un humour très particulier.

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Ne nous le cachons pas, Lucie a bien compris la jalousie qui s'était installée entre les deux garçons... Alors ? Plus Louis ? Ou plus Maxence ? 

Deux gars, une fille (en réécriture)Lisez cette histoire GRATUITEMENT!