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Pen Your Pride

Mistletoe and treat

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N/A : Opportunistes, les Serpentards ? ;)

Il y avait des périodes ou le château semblait se conformer au caractère et à l'humeur de son directeur. Et lorsque le directeur en question a pour nom Albus Dumbledore, il faut s'attendre à tout. En tout cas, les élèves, passée la première ou la seconde année, avaient appris à se méfier du premier janvier. Les pluies de pétales de roses de la Saint Valentin, ou de bonbons d'Halloween, la neige sucrée de Noël, c'était plutôt amusant. Bon, le sucre qui fondait dans les cheveux ou l'averse soudaine de bonbons qui vous tombait sur la tête étaient parfois un peu surprenants, voire légèrement énervants pour certains, mais ce n'était rien comparé à la journée la plus redoutée de ceux qui étaient restés au château pendant les vacances de Noël.

Tout comme les chutes de pétales et compagnie, les bouquets de gui apparaissaient inopinément au moment où bien sûr on s'y attendait le moins, et bien évidemment, lorsque la personne que vous aviez le moins envie d'embrasser était à proximité immédiate. Bon, me direz-vous, le problème n'était pas bien grave, il suffisait de rebrousser chemin, et le tour était joué... A part qu'il était totalement impossible de prendre ses jambes à son cou. Ceux qui se trouvaient « coincés » dans le périmètre d'action du diabolique végétal, qui là aussi, cela aurait été trop simple, variait en permanence, se retrouvaient bloqués par une espèce de champ de force qui ne les libérait que lorsque ils avaient « fait leur devoir ».

Le jour du Nouvel An était donc généralement une journée particulièrement calme, pendant laquelle la plupart des élèves restaient calfeutrés dans leurs salles communes, où ils ne risquaient pas de se faire piéger. Les couloirs étaient presque déserts, laissant le champ libre aux Première Année, que bien entendu personne ne se donnait la peine d'avertir (le bizutage n'était pas bien méchant), et aux amoureux, qui comptaient bien profiter de l'aubaine, mais qui pour une raison inconnue, étaient rarement victimes du gui infernal (ce qui ne les empêchait pas d'explorer consciencieusement les nombreuses alcôves qui se trouvaient sur leur chemin). Le moment où les élèves devaient se rendre dans la Grande Salle pour prendre leurs repas, voyait les Maisons se déplacer en groupes compacts d'où le parasite aurait du mal à isoler deux individus, mais rien n'était jamais assuré, étant donné le nombre restreint d'élèves qui restaient à Poudlard pendant les fêtes.

Ainsi qu'il était de tradition pendant les vacances, une unique table était dressée au milieu de la salle, et professeurs et élèves étaient attablés ensemble dans une ambiance détendue. Severus ne se sentait pas bien. Depuis la veille, une barre douloureuse lui traversait le crâne de part en part, et ses reniflements annonciateurs s'étaient progressivement transformés en un écoulement nasal continu ponctué de quintes de toux qui lui déchiraient la gorge. Il reposa sa tasse à côté du toast auquel il n'avait pas touché, et repoussa sa chaise. Au moment où il se levait, une poigne de fer saisit son poignet. Il avait espéré pouvoir s'éclipser discrètement, mais Madame Pomfresh, qui était arrivée un peu après lui et avait pris place à ses côtés, ne l'entendait apparemment pas de cette oreille.

—Un moment, Monsieur Snape. Cette toux ne me plait pas, vous allez m'accompagner à l'infirmerie !

—C'est juste un rhume, je n'ai pas besoin...

—Ce n'était pas une proposition, Monsieur Snape, et ce n'est pas parce que vous serez majeur dans quelques jours que vous êtes dispensé de vous soigner !

—Je crains que vous n'ayez guère le choix, mon garçon, sourit Dumbledore deux places plus loin, elle m'a fait le même coup avant-hier.

Après avoir gratifié le directeur d'un regard noir, l'infirmière se retourna vers le Serpentard, et lui libéra le poignet.

—Passez devant et attendez-moi. Et si je ne vous trouve pas à l'infirmerie lorsque j'y arriverai, vous aurez affaire à moi ! Vous avez une bien trop nette tendance à négliger votre santé. La rentrée est dans deux jours, croyez-vous obtenir de meilleurs résultats scolaires, si vous attrapez une pneumonie ? J'ai toujours dit que les dortoirs de Serpentard étaient beaucoup trop humides, et mal chauffés. Termina-t-elle en direction de Dumbledore.

Le jeune homme se dirigea vers la porte en trainant les pieds, il aimait bien Poppy Pomfresh qui avait un cœur en or sous ses faux airs de dragon et l'avait plus ou moins pris sous son aile, mais il détestait l'infirmerie où il atterrissait un peu trop souvent à son goût.

Sirius courrait dans le couloir qui menait à la Grande Salle, il s'était réveillé tard, et le petit-déjeuner allait bientôt être desservi, même si pendant les vacances sa plage horaire était allongée. Il ralentit légèrement et prit le temps de calmer sa respiration avant de poser une main sur la poignée pour pousser la porte.

Severus tendait la main vers la poignée de la porte, lorsque celle-ci s'ouvrit, et qu'avec un tintement de clochette, un magnifique bouquet de gui apparut en haut de l'encadrement. Les deux garçons restèrent un moment comme pétrifiés, puis se retournèrent, dans un ensemble digne des plus belles chorégraphies afin de s'enfuir chacun de son côté... pour se heurter à un mur invisible, certes légèrement élastique, mais qui résistait à toute tentative de franchissement. Ils eurent beau, pour une fois unis dans un même effort, essayer tous les sorts et contre-sorts qu'ils connaissaient, ils étaient bel et bien piégés, sous les yeux (et les rires) de tous les occupants de la Salle. Dumbledore, vers lequel ils s'étaient tous les deux tournés, fit un geste d'impuissance, même lui ne pouvait aller contre la magie du château. Il lança un regard amusé à McGonagall, qui rougit en baissant le menton.

C'est alors que Sirius lança un « et puis merde ! » retentissant, et avant que les professeurs n'aient pu réagir à ce manque d'éducation, attira Severus à lui pour lui rouler la plus belle pelle que ce dernier ait jamais reçue, mettant instantanément fin au sortilège. Après quoi, il se dirigea comme si de rien n'était, vers le groupe des Gryffondors qui le regardaient, bouche bée, alors que Severus disparaissait d'un pas rageur.

James était écroulé de rire, tandis que Remus écarquillait les yeux, comme un Moldu qui aurait vu un fantôme.

—Tu-tu... tu as embrassé Snape !!! Le Loup-garou en bégayait.

—Qu'est-ce que tu voulais que je fasse d'autre ? Si j'avais attendu qu'il le fasse, on y serait encore !

—Mais tu n'avais pas besoin de...

—Tant qu'on y était, autant faire les choses bien, et il en aura pour des jours à se remettre... D'ailleurs, ce n'était pas aussi désagréable que j'aurais pensé. Termina-t-il d'un air rêveur, et cette fois, James faillit s'étrangler avec sa gorgée de jus de citrouille.

Dans les couloirs déserts, Severus se dirigeait d'un pas allègre vers l'infirmerie. Un léger sourire flottait sur ses lèvres. Depuis des années, il étudiait le phénomène afin d'essayer d'y trouver une parade, au cas où quelque chose de se genre se produirait. Pour une fois, toutes ses tentatives avaient été vaines, mais à force de travailler dessus, il avait réussi à le reproduire, ce qui était la première étape, s'il voulait découvrir comment le contrer. Il faillit éclater de rire. Ça avait marché au-delà de toute espérance, et avec un peu de chance, Black allait se retrouver très bientôt avec une crève carabinée...

FIN

Une très bonne année à tous !!!




On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans...Lisez cette histoire GRATUITEMENT !