Chapitre 16

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Aujourd'hui, nous sommes le 22 octobre. C'est un jour spécial pour moi. Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. Ça y est, j'ai 18 ans. Mes maux de tête ont enfin disparu. J'ai l'impression que mes pouvoirs bouillonnent en moi. Qu'ils triplent de puissance. J'ai intérêt à savoir contrôler ma force.

Je me prépare rapidement pour ne pas être en retard en cours. En plus d'être le jour de mon anniversaire, Cameron compte sonder chaque esprit (aussi petit soit-il) afin d'être sur qu'aucune personne de mon entourage ne complote contre moi. Je pense surtout qu'il cherche à me rassurer par rapport à ce qu'il s'est passé la dernière fois chez moi. Depuis, j'ai l'impression étrange d'être observée au moindre fait et geste. C'est déroutant. Parce que si il faut que je me mette à me méfier même des personnes en qui j'ai totalement confiance, qui pourrais-je croire ? Et pour une raison que j'ignore, je n'ai pas encore entièrement confiance en Cameron. Il fait tout pour l'avoir, pourtant, quelque chose cloche. C'est sûrement sa personnalité qui me fait penser ça mais je ne peux m'empêcher de voir le mal en lui. Une partie d'ombre malveillante. Ses pouvoirs aussi m'effraie. Il a plus l'habitude que moi de les utiliser mais il a du mal à les contrôler des fois. Il pourrait être très dangereux pour son entourage, ou celui de quelqu'un d'autre. Et si jamais il ne peux pas s'arrêter, je le ferai moi même, quoi qu'il m'en coûte.

Cassie : Salut ! Enfin de retour parmi nous !

Sans attendre une réponse, Cassie me saute au cou, me serrant très fort dans ses bras.

Moi : Contente de te revoir aussi.

Cassie : Je t'ai pris tout les cours, du moins ceux qui sont " importants ".

Moi : Merci beaucoup.

Tandis que nous marchons sur la pelouse verte de l'université, Cameron sort du bus, et passe devant nous.

Cameron : Salut Jess'.

Je répond à ses salutations par un sourire gêné. Il s'éloigne sans prêter attention à Cassie. Pourtant, elle, elle ne l'a pas raté.

Cassie : Toi, tu as des choses à me raconter ! Je veux des détails, croustillants de préférence.

Moi : Il n'y a rien à dire à son sujet. On est voisin, alors on essaye de s'entendre pour que la cohabitation se passe pour le mieux. C'est tout.

Cassie : Je ne suis pas idiote tu sais ? Ça se voit clairement dans ses yeux qu'il est en kiff sur toi !

Moi : Ne dis pas de bêtise voyons. Nous sommes juste ami, et encore c'est un grand mot.

Cassie : Tu peux me croire ! J'ai le flaire pour ça. Et dis toi que tu as de la chance, tu es la première fille à qui il adresse la parole. J'ignorais qu'il parlait avant !

Moi : T'exagère.

Cassie : Moi ? Jamais.

Je ricane. Son humour et sa bonne humeur m'avaient manqués. Je suis contente de reprendre mes habitudes, même si les cours ce n'est pas la folie. Sortir un peu de chez moi me fait grand bien. J'inspire profondément. J'ai l'impression de me réveiller après un long sommeil qui aurait duré une éternité.

***

Tandis que les aiguilles de l'horloge défilent, je n'arrête pas de penser à Cameron. Je me demande s'il a trouvé quelque chose. Son idée ne cesse de m'inquiéter. Que compte-t-il faire si jamais quelqu'un se révèle être notre ennemi ?

Alors que j'essaye tant bien que mal d'écouter le professeur, j'ai l'impression que le sons des aiguilles de la pendule se font de plus en plus fort, qu'il résonnent dans ma tête. Je commence à avoir la migraine, ma vision se trouble. J'entend jusqu'aux moindres petits bruits agaçants. Le " clic " des stylos quatre couleurs, le craie contre le tableau, les pieds tapant le sol. Mon cerveau va exploser. Soudain, sans me contrôler, je me met à hurler, de toute mes forces. Un crie effroyable sort de ma bouche. Les élèves se bouchent les oreilles. Les vitres de la classe explosent. Je n'arrive pas à m'arrêter.

                                ***

D'un coup, plus rien. Le noir absolu. Un silence de mort règne autour de moi. Je suis seule. Doucement, j'ouvre mes yeux. La lumière m'éblouit. Je suis allongé dans un des lit de l'infirmerie. Je vais devenir une habituée des lieux.

Infirmière : Enfin debout.

Moi : Ça fait longtemps que je suis là ?

Infirmière : Depuis ce matin.

Je regarde ma montre, il est 16h30.

Moi : Qu'est ce qu'il s'est passé ?

Infirmière : Tu es de nouveau tombé dans les pommes. Tu manges bien au moins ?

Moi : Oui, oui. Juste un peu fatiguée.

Infirmière : Si tu te sens mieux tu peux partir. Mais fais moi le plaisir de te reposer une fois chez toi.

Moi : Merci.

Tandis que je sors de l'infirmerie, je vois Cameron est assis juste devant la porte. Quand il m'aperçois, il s'approche.

Cameron : Tu vas bien ?!

Moi : Oui, ça va. J'ai juste eu un étourdissement, encore.

Cameron : Tu es sur ?

Moi : J'ai eu comme...une sorte de flash, ou de rêve mais éveillé, ça paraissait vraiment réel.

Cameron : Étrange.

Moi : Tu penses que c'est Weakness ?

Cameron : Je ne sais pas. En tout cas, les quelques élèves que j'ai sondé aujourd'hui ne représente aucune menace. Je continuerai demain. En attendant, je te ramène chez toi.

Moi : Tu n'es pas obligé.

Cameron : Ça ne me dérange pas, en plus, on est voisin alors le chemin est le même.

Nous marchons dans les couloirs jusqu'à arrivé à la sortie. Cassie m'interpelle quelques instants. Mais le regard noir que lui lance Cameron la refroidie rapidement alors elle abrège son bavardage et me dit au revoir.

Moi : Tu pourrais être plus sympas avec elle.

Cameron : Je ne suis pas du genre très sociable. Et elle parle beaucoup !

Moi : Oui mais elle est marrante et super gentille.

Cameron : Je ne sais pas si tu as remarqué mais je n'ai pas beaucoup d'ami. Et c'est pas maintenant que je compte m'en faire.

Moi : Tu ne sais pas ce que tu rates.

Cameron : Si, les bavardages incessants des filles et les bagarres des garçons pour des stupidités.

Moi : Si tu étais moins buté, les gens essayeraient peut être d'apprendre à te connaître.

Cameron : J'ai besoin de personne de toute façon.

Un silence s'installe avant que je me décide à le briser.

Moi : Et moi ? Je suis quoi pour toi alors ?

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