Chapitre 5 : La Corneille Noire

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— Non, conclus-je à haute voix.

— Bien. Cette discussion n'a donc pas lieu d'être.

Je peste intérieurement. Zack se rassoit sur sa chaise comme si de rien n'était puis récupère tranquillement sa tasse de café.

— Prends de quoi déjeuner. Tout est dans les placards. Ensuite, nous allons discuter de choses sérieuses.

Je m'exécute. C'est vrai qu'avec qu'à cause de notre accrochage, je n'ai toujours rien avalé à l'exception de deux morceaux de pomme. Si j'ai eu un petit moment d'égarement, c'était probablement à cause de ma famine. J'en suis convaincue.

Je fouille dans les meubles et découvre qu'ils sont abondements remplis de boîtes de conserve et de paquets de nourriture. J'attrape un bocal de chocolat en poudre et ouvre le réfrigérateur pour prendre une bouteille de lait. Je me laisse aussi tentée par un jus de fruit. Je suis un peu intimidée par l'attitude de Zack. Il me regarde sans sourciller et me laisse prendre ce que je veux. Cela dit, je n'ai pas à me plaindre de son traitement. Ma situation pourrait bien être bien pire. Cependant, cela me fait ressentir un certain malaise.

— Où est la vaisselle ? J'ai juste besoin d'une tasse. Et d'un verre, rajouté-je hésitante.

— Tiroir du bas, indique-t-il indifféremment.

Je le remercie par un signe de tête et suis ses indications. Ma tasse prête, je la dépose au micro-ondes. J'attends debout quelques minutes, face à l'appareil en marche. Entendre son bruit léger tout en me sentant observée est plus que stressant.

Lorsque le déclic de fin se fait entendre, je m'empresse de récupérer ma tasse tout en prenant soin de ne pas me brûler. Zack me tire la chaise et m'invite à m'asseoir face à lui. J'espérais lui être diamétralement opposée, mais sachant qu'il me ferait regretter de lui tenir tête encore une fois, je n'oppose pas de résistance. Je m'apprête juste à être de nouveau l'otage de son regard si perturbant.

— Qu'est-ce que tu voulais dire par « nous allons discuter de choses sérieuses » ?

— Eh bien, jouer avec toi ne me déplaît pas sauf que je ne compte pas faire du baby-sitting éternellement. On doit le faire le point sur la suite des événements.

D'un regard perplexe, je l'invite à continuer tout en buvant une gorgée du chocolat chaud.

— Tu es une orpheline et quelqu'un veut ta mort. Retrouver tes parents nous permettra probablement de remonter jusqu'à cette personne. Quelque chose me dit que les réponses à nos questions se trouvent dans tes origines.

Je lâche un rire ironique. Devant son air interloqué, je m'explique.

— Je suis née sous X. J'ai vécus mon enfance chez une famille d'accueil avant de passer mon adolescence ballottée de foyer en foyer. Je n'ai pas été adoptée à ma naissance. J'aurais pu trouver une famille aimante quand j'ai grandi. Seulement, je m'accrochais encore au rêve illusoire de retrouver mes vrais parents. Alors crois-tu vraiment que chercher ma famille est plus important que retrouver un individu potentiellement dangereux qui veut ma mort ?

— Tu as plutôt intérêt à faire un effort. N'oublie pas que tu es à moi et que j'attends une rançon contre ta vie.

Quel insupportable individu ! Mon sang bouillonne à l'intérieur de mes veines. Je ne lui appartiens pas. Je ne suis pas sa prisonnière. Enfin... Techniquement, si. Mais ce tueur arrogant n'aura jamais mon âme.

Je passe outre ses remarques et m'efforce « de faire un effort ».

— À la naissance d'un enfant sous X, la mère a le droit de lui donner trois noms tout en restant dans l'anonymat. Sinon le choix revient aux puéricultrices. Ma mère m'a donné une identité avant de m'abandonner. Je suis née en tant que Rose Nève Taylor. Ces prénoms choisis pour moi sont les seules choses que j'ai d'elle. Et aussi...

Prisonnière de son cœur [Première partie]Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant