Chapitre 4, Leçon

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Les Humains payèrent le prix fort pour cette première victoire contre les Alkarns. Aidé par un champion, un combattant hors pairs, qui avait littéralement enfoncé les lignes ennemies, les généraux de Sampésia s'étaient félicités de leur succès. Leur éclat de joie fut de courte durée. Le rapport des pertes fit blêmir les trois hommes. L'un d'eux rendit même son déjeuner.

- Vous êtes sûr ?, demanda Angus Belfort à l'intendant.

- On peut recompter, Général.

- Faites !

Le militaire, lui-même blanc comme un linge, s'éloigna aussitôt pour exécuter cet ordre.

- Ars ?, interrogea Astins Ollander

- Vivant. Indemne.

Cela résumait suffisamment bien l'état du héros de Sampésia. Cette information ne semblait pas les réjouir.

- Que faisons-nous ?, questionna Tael Skalen à peine remis de son haut le cœur.

- Nous avons des ordres, répondit Angus.

- Et plus aucun moyen de les réaliser, répliqua Astins.

- Nous sommes en vie.

Tael et Astins comprenaient ce que cela signifiait. Ils étaient tous trois des vétérans et avaient mené tant de batailles par armées interposées que l'idée de tenir eux-mêmes les armes ne les enchantaient guère. Quel choix leur restaient-ils ? Un maigre effectif de logistique s'efforçait déjà de retrouver les rares survivants du champ de bataille et de rassembler les corps démembrés de leurs morts. Quelques officiers restés sur les lignes arrières pouvaient sans doute regrouper un petit contingent. Cela était peu de chose compte tenu de l'échec qui était le leur et qu'ils estimaient devoir réparer.

A des kilomètres de là, Ars se reposait sur le sommet d'une petite butte. La vue était assez dégagée pour contempler son oeuvre. A ses pieds s'étendait un terrain boueux couvert de cadavres entremêlés. Cela avait été jadis une vaste plaine herbue. Il n'y avait plus une seule touche de vert. Tout n'était que noir, argent, ocre et brun, saupoudré d'un peu de bleu. Cette dernière couleur, celle des armes de Sampésia, se noyait dans la masse informe. Quant au brun, il avait été carmin un peu plus tôt, et c'était la teinte dominante autour du jeune homme.

- Les rafraîchissements tardent à venir, dit-il à haute voix.

Personne pour l'entendre. Personne pour le servir. Quelle importance ? Un verre de limonade fraîche à la main, Ars sirota quelques gorgée et avisa du regard le déplacement d'un petit groupe de cavaliers. Jambes croisées, il était vautré dans un trône à mi-lieu entre la chaise longue et le fauteuil moelleux. C'est ainsi qu'il accueillit les arrivants.

- Hé bien, messieurs ? Y a-t-il d'autres ennemis que vous souhaiteriez m'opposer ?

- Bravo messire Ars, lança le Général Belfort.

- Merci mon brave. Me félicitez-vous pour la destruction de 348 Alkarns ou pour la mort de 231 de vos soldats qui m'ont attaqué sans sommations à l'issue de la bataille ?

A la tête de tous les effectifs qu'ils avaient pu rassembler, un peu moins d'une trentaine, les trois généraux déglutirent avec peine. Ils n'étaient pas faciles à impressionner, mais rien ne les avait jamais préparés à rencontrer un tel monstre.

- Pour les Alkarns, finit par répondre Belfort.

- Si vous continuez à exécuter les ordres de votre roi, soyez conscient que Sampésia n'aura plus rien pour mener les prochaines batailles. La guerre contre les Alkarns ne fait que commencer.

Khuméra (titre provisoire)Lisez cette histoire GRATUITEMENT !