Glendalough, la vallée aux deux lacs

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J'avais tellement hâte de visiter ce coin de verdure accroché dans les montagnes de Wicklow et qui contient des rivières et des plans d'eau extraordinaires. Pour Denis et moi, deux amoureux de la nature, c'était aussi le moment de relaxer dans un paysage enchanteur qui nous charme par son histoire.

J'ai entendu parler de Glendalough pour la première fois en lisant le bouquin « The Princes of Ireland » d'Edward Rutherfurd. Cet écrivain né en Angleterre et éduqué en Californie est réputé pour ses recherches sérieuses et précises qui lui servent de base pour ses romans historiques. J'aime toujours autant la profondeur de ses textes.

L'un des passages de ce roman m'a particulièrement marqué. La scène se passe autour des années 1000 A.D. L'auteur raconte l'arrivée du moine Osgar au monastère de Glendalough :

« La brume du matin traînait encore au fond de la vallée et les côtés boisés de la dépression qui s'élèvent abruptement de l'eau semblaient flotter sur des nuages. Les deux petits lacs demeuraient invisibles sous la brume, mais, la tête des arbres autour d'eux, mouillée par la rosée, émergeaient dans l'air du matin. (...)

Bien assis sur la vallée herbeuse, entre les deux rivières qui se joignent l'une à l'autre au-dessus du lac inférieur, les terrains du monastère ressemblaient à une île enchantée ». (Traduction libérale)

Cette lecture a émoustillé ma curiosité. Dès lors, ce premier voyage en Irlande a commencé à habiter ma tête et la visite de Glendalough devenait un point d'ancrage de nos péripéties. Je voulais en savoir plus sur cette vallée remplie d'histoire. J'avais des fourmis dans les jambes alors que mes pieds vagabonds trépignaient d'impatience de fouler ce sol de roches et d'herbes hautes sur des sentiers accrochés à flanc de montagne. Cette destination est donc devenue, comme Dublin et Achill Island, un arrêt incontournable et une marque du succès de notre voyage.

En prime, nous avions gardé cette visite pour la fin. Dans quelques jours, un avion de Ryan Air nous transporterait de Dublin en Irlande vers Glasgow en Écosse. Une sorte de nostalgie nous accompagnait, marquant la fin de cette magnifique aventure sur l'île émeraude. Toute bonne chose trouve sa fin, dit-on. L'optimiste en moi comprenait que cette tournée touristique devait s'arrêter pour qu'une autre puisse commencer quelque part ailleurs. Nous avions donc l'intention de profiter de cette journée au cœur l'histoire d'Irlande.

Le mot Glendalough signifie la « Vallée des deux lacs » et se prononce « Glendaloc ». Le territoire est situé au cœur de la chaîne de montagnes Wicklow, au sud-est de l'Irlande et à 48 kilomètres de Dublin.

Tout comme la chaîne des Mcgerrigles au cœur de la Gaspésie au Québec, les montagnes Wicklow appartenaient autrefois aux Appalaches. C'était avant que le mouvement des plaques tectoniques s'inverse et sépare cette immense chaîne de montagnes en deux morceaux, l'un bordant l'est de l'Amérique du Nord et l'autre, le nord-ouest de l'Europe. Les faites de granite proviennent des profondeurs de la Terre. Il y a 400 à 500 millions d'années, les secousses provoquées par le choc des plaques tectoniques européenne et américaine ont propulsé ce sol à la surface de la planète dans cette région, créant du coup une chaîne de montagnes.

Puis, sans qu'on puisse vraiment l'expliquer, une inversion du mouvement de ces deux plaques tectoniques s'est produite. Maintenant, elles se repoussent. Ainsi, la pression qui fut à l'origine d'une chaîne de montagnes qui, selon les géologues, étaient plus élevées que l'Himalaya à leur apogée n'était plus. Au cours des centaines de millions d'années qui suivirent, l'effet continu des vents, des pluies, des glaciations ainsi que des mouvements géologiques de toutes sortes a arrondi ces montagnes et réduit leur taille considérablement. Comme les Mcgerrigles du côté de l'Amérique, les Wicklow atteignent aujourd'hui à peine 700 à 900 mètres d'altitude.

Deux Québécois en vadrouille en IrlandeLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant