Chapitre 2

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Je me réveille lentement puis ouvre les yeux. Je suis désorientée, je ne ma rappelle plus de grand chose d'hier soir. J'attrape mon téléphone et je constate avec effroi qu'il est quatorze heures. Je me lève brusquement de mon lit et un mal de tête me donne le tournis. Je fixe mon corps, je suis en sous-vêtements car après ma douche j'ai oublié de mettre mon pyjama. Je m'approche du miroir où j'aperçois mon visage maculé de maquillage. Je suis horrible à voir. Je me démaquille en imbibant un coton de lotion démaquillante et me fais un chignon. J'ouvre mon armoire pour prendre un skinny noir et un top blanc. Je travaille dans trois heures, juste le temps de reprendre mes esprits et d'aller à la pharmacie pour acheter un médicament contre le mal de crâne. J'enfile mes baskets ainsi que mon manteau puis je sors de ma chambre. Je suis vraiment désastreuse sans maquillage et pas coiffée mais je n'ai pas le courage de faire des efforts.

Arrivée à la pharmacie, j'entre et prends un ticket de passage. Je suis la 281. Je me place dans la file d'attente et j'attends mon tour.

-281 s'il vous plaît.

Je m'avance donc vers le jeune homme qui doit avoir mon âge.

-Bonjour, je vais vous prendre un médicament contre le mal de tête s'il vous plaît, dis-je.

Il sourit et se retourne pour prendre une boîte.

-Ca sent le vendredi soir en soirée, rigole-t-il.

-Je vous le fais pas dire.

-Six euros cinquante s'il vous plaît.

Je lui tends mon argent puis repars avec la boîte.

Sur le chemin, je décide de m'arrêter au café pour manger un bout, Clarissa est déjà là en train de faire son service.

-Salut, dis-je en la prennant dans mes bras.

-Tu vas bien ? Moi j'ai une sacrée gueule de bois, répond-elle.

-Juste mal au crâne...

Je m'assois et lui commande un latte, une bouteille d'eau et un muffin aux myrtilles. Elle repart et je patiente à ma table, en profitant pour répondre aux messages de mes parents, bien que nous ne sommes pas vraiment proches.

Lorsque je soulève ma tête, Harvé entre dans le café tout souriant avec une fille qu'il tient par la taille. Je fronce les sourcils et regarde Clarissa derrière le comptoir qui ne semble pas s'en être aperçu. Harvé remarque ma présence et son sourire s'évanouit. Clarissa lève enfin les yeux vers lui ainsi que vers sa conquète du jour et elle sourit hypocritement. Je tends l'oreille et écouteur leur conversation :

-Bonjour, que puis-je vous servir ? demande poliment Clarissa.

-Un café noir et... tu veux quoi mon doudou ? demande la fille à Harvé.

-Comme toi, répond-il d'une voix distraite et n'osant pas regarder mon amie dans les yeux.

-Donc deux cafés noir s'il-vous plaît !

Clarissa s'affaire à préparer les cafés et les dépose brusquement "accidentellement' sur le comptoir, de sorte à éclabousser les deux amoureux. Harvé lui lance un regard noir et prend les boissons avant de sortir avec sa copine.

Elle arrive enfin avec ma commande et en profite pour s'asseoir face à moi, sur un des canapés.

-Tu sembles dépitée, dis-je. Il ne te méritait pas ce con.

-A croire que je ne suis pas assez bien pour avoir un petit-copain...

Je lui prends la main et la regarde dans les yeux.

-Tu es la fille la plus extraordinaire que je connaisse, ne laisse pas ce misérable bouffer ton moral.

Elle sourit et me susurre un "merci" sincère avant de reprendre son service. Quant à moi, j'avale mon médicament avec la bouteille d'eau puis entame mon muffin ainsi que mon latte qui m'attendent.

[...]

-... c'est pourquoi nous allons faire un exercice d'improvisation.

La voix de monsieur Tupper, mon professeur de théâtre appliqué me réveille. J'avais presque oublié que j'étais à l'amphithéatre, en pleins cours. Nous ne sommes pas nombreux à avoir pris cette option, nous ne sommes que quinze en tout pour tout, ce qui rend l'atmosphère agréable mais terriblement ennuyeuse. J'avoue n'avoir jamais prêté attention aux visages de mes camarades, suis-je trop égocentrique ?

-Vous allez vous mettre en trinome et venir sur l'estrade.

Un brouhaha s'installe, personne ne se connaît vraiment dans cette salle, il est donc impossible de choisir nous-même la composition des groupes.

-Bien bien, reprend monsieur Tupper, je vais procéder à la composition. Mesdemoiselles Maxwell, Swanson et monsieur Travis, vous formerez le groupe A.

A l'entente de "Maxwell", je sursaute. Je ne suis pas habituée d'entendre mon nom de famille de la part d'un professeur. Je me lève et m'avance vers l'estrade où les deux autres sont déjà en place. Je n'y prête pas vraiment attention. Monsieur Tupper appelle les autres groupes, pour en former cinq.

-Bien, étant donné que c'est bientôt la fin du cours, vous allez préparer une toute petite scène chez vous. Je vais donner à chaque groupe un papier avec le sentiment qui doit être ressenti par le spectateur.

Pour illustrer ses propos, il nous donne un petit bout de papier que nous nous hatons d'ouvrir. Un seul mot est écrit : "tristesse".

-On se revoit dans sept jours, toujours le samedi à treize heures !

J'ai vraiment hesité à venir en cours aujourd'hui, surtout après la nuit que j'ai passé. Mais puisque j'ai réussis à me lever tôt, j'ai pu participer à ce cours qui est d'ailleurs le seul à être le samedi.

Je récupère mes affaires à ma place puis sors de la salle suivi des autres. Je m'engouffre dans ma voiture et décide de rentrer dans ma chambre pour me reposer avant de commencer mon service de ce soir.

[...]

Je me réveille de ma petite sieste et m'étire. Je sors de mon lit et me dirige vers ma penderie pour en sortir ma tenue de travail : un skinny noir avec un t-shirt rouge aux couleurs du fast-food et où mon prénom est brodé. Je m'habille et attache mes cheveux en chignon par mesure d'hygiène. J'enfile mes converses noires et sors de ma chambre pour me rendre au travail qui est à dix minutes à pieds.

Arrivée sur mon lieu de travail, je m'empresse de pointer et je me rends dans une petite salle où sont réunis tous les employés pour diner avant le service. Je me prends un hamburguer et des frites et je discute avec Joanna, une de mes collègues de mon âge.

Je cours me laver les mains et enfile la casquette qui represente le logo de cette chaîne de restaurant, le Rumburger. Je me positionne devant une des caisses puis entre mon code. Ca y est, mon service peut commencer.

Des clients défilent à ma caisse et je leur sers à tous leur commande. J'ai pris l'habitude d'avoir des clients impatients, séducteurs, enervés depuis deux mois.

[...]

Mon service est enfin terminé, je sens la friture et je transpire. Néanmoins ce job me permet de payer ma chambre universitaire donc je ne vais pas cracher dessus. Il est vingt-trois heures et je sors du vestiaire. Je déambule dans les rues froides et eneigées pour me rendre à ma chambre. Je tremble de froid et j'accélère le pas.

Dans ma chambre, je remarque que j'ai un nouveau message sur mon téléphone, c'est Clarissa qui semble encore morose et abattue. Je soupire et lui envoie un message réconfortant pour qu'elle puisse bien dormir. Puis je file sous la douche et me mettre en pyjama.

Je m'allonge dans mon lit et tente par tous les moyens de m'endormir, quitte à compter les moutons inexistants. 

Omegle : Une rencontre inattendueLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant