Chapitre 11

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Il est 00h15. Dans la maison, il n'y a plus aucun bruit. Tout le monde dort. Alors que je m'apprête à faire de même, des cailloux cognent encore à ma fenêtre. J'ouvre et commence déjà à râler.

Moi : C'est pas drôle Cameron, il est tard.

Je n'ai aucune réponse. La nuit est sombre. Je ne parviens pas à voir à plus d'un mètre. Je prend alors mon téléphone et utilise le flash, cherchant la présence de Cameron. Rien. Il n'y a personne. Je n'ai pourtant pas rêver. Soudain, un souffle glacé me chatouille le cou, et un frisson me parcours de la tête aux pieds. J'ai l'impression de ne pas être seule. Je me retourne d'un mouvement brusque. Je suis belle et bien seule. Ma chambre est vide. Aucune mauvaise présence à signaler. Il faut vraiment que je me détende avant de devenir folle. Toute cette histoire me monte à la tête. Sans plus attendre, je me couche. La fatigue ne tarde pas à avoir raison de moi.

Le lendemain...

Je suis donc réveillée tôt. Je me surprend moi même. J'enfile un jogging, une brassière et une veste de sport, et mes basket. La tenue de combat. Je me sens chargé à bloc ! Je quitte la maison, silencieusement, de peur de réveiller Alex et John. Mon frère hurlerait si je le réveillais à 6h50, un samedi. N'ayant que quelques minutes, j'entame un petit footing. Rien de mieux pour se préparer à un entraînement avec Cameron. D'ailleurs, une fois arrivée, je remarque qu'il n'est pas encore là.

Cameron : Lèves les yeux.

J'obéis. Cameron est suspendu à un arbre, tel un singe. Il est tranquillement assit sur une grosse branche. Assez forte pour supporter son poids.

Moi : Tu descends, qu'on puisse commencer ?

Cameron : Je t'attend.

Moi : Quoi ?

Intérieurement, je prie pour qu'il ne m'oblige pas à monter à cet arbre gigantesque.

Cameron : Tu as très bien entendu. Grimpes !

Je fais les gros yeux. Je ne suis pas très sportive de base mais là, j'ai l'impression que ce qu'il me demande et impossible.

Cameron : Tu n'es plus quelqu'un de " normal " à présent. Alors tu dois faire des choses qui sortent de l'ordinaire. C'est ton premier exercice.

Moi : Mais si je tombe ?

Cameron : Premier point : ne jamais être pessimiste devant la difficulté. Si je te demande de faire ça, c'est que tu en ai capable. Alors dépêche toi avant que je perde patience.

Son ton est à présent plus sec. J'avoue qu'il est assez imposant. Je respire un bon coup et prend mon courage à deux mains. J'empoigne les premières branches qui se présentent à moi. Je garde la tête droite, afin de ne pas voir le vide. Je ne trouve aucun rapport entre la magie et cet exercice stupide. Mais bon, Cameron a l'air de savoir ce qu'il faut faire. Je lui fais entièrement confiance. Après quelques minutes, j'arrive sur la branche de Cameron. Mes mains sont rouges, avec quelques égratignures. Je ne me plains pas.

Cameron : Alors ? Impossible ?

Moi : Compliqué, douloureux, mais faisable en fin de compte. Même si ma peau à souffert dans l'histoire.

Pendant quelques instants, un silence s'installe. Puis, un mal aise. Cameron ne dit plus un mot. Seul le souffle du vent parvient à mes oreilles.

Moi : On fait quoi maintenant ?

Cameron se jette alors dans le vide. Il atterrit parfaitement.

Cameron : Maintenant ? Tu descends !

Moi : C'est une blague ? Je suis montée pour rien...

Cameron : Si, pour avoir le plaisir de redescendre.

Moi : Avoue, t'aime me torturer ?

Cameron : J'admet que te voir galérer m'amuse assez. Je t'attends !

Sous l'impatience de Cameron, je me lance et descend, branche par branche. Je ne suis pas encore au même niveau que lui, et je ne suis pas non plus suicidaire. Les cascades ce n'est pas mon truc.

Cameron : Et si on passait à la partie un peu plus compliquée ?

Moi : Parce que pour toi ça, c'était simple ?

Cameron : Jessica, dis toi bien que à partir de maintenant, fini de jouer les princesses. On a un combat à gagner, une vengeance à exécuter. Alors ne perdons pas de temps.

Il a raison. Tout va changer. Et je dois changer moi aussi. Adieu la Jessica faible et triste. J'ai une mission à accomplir et ce n'est pas en me plaignant que je vais y arriver.

Moi : Je suis prête ! Qu'est ce que je dois faire ?

Cameron m'adresse un sourire en coin.

Cameron : C'est assez simple : courir.

Soudain, il s'élance si rapidement que je n'ai pas le temps de réaliser. Il est déjà bien loin.

Cameron : RATTRAPE MOI SI TU PEUX !

Il me défit. Mais il ignore que je déteste perdre et que je ne capitule pas facilement. Je tape alors un sprint. Je ne m'arrête pas, lui non plus d'ailleurs. Au bout de quelques minutes, mes mollets commencent à me faire mal. Mes pieds me supplient de cesser cet effort inhabituel. Mais Cameron continu de me narguer.

Cameron : C'est tout ce que tu as dans le ventre ?!

Je n'en peux plus. Mon cœur s'emballe. Mes poumons souffrent. J'ai l'impression d'étouffer. Je ralentis. Mes genoux touchent le sol.

Cameron : JESSICA ? ÇA VA ?

Je ne peux plus parler. Ma bouche est sèche. Je n'arrive pas à reprendre mon souffle. Cameron fait alors demi-tour.

Cameron : Ça se voit que t'es pas habituée à faire du sport.

Moi : C'est...vrai. Mais je n'aime pas...PERDRE !

Je le tire alors par la manche et le fait tomber. Le temps qu'il est à terre, je me remet à courir. Ce n'est pas très loyale mais bon, il l'a bien cherché. Je regarde loin devant moi pour garder le rythme. Il ne doit pas me rattraper. Tout au bout, j'aperçois une vieille cabane abandonnée. L'arrivée. Il ne me reste plus que quelques mètres. Cameron ne dit plus un mot. Je suis tentée de regarder derrière moi, voir si il est encore là. Je lui ai peut être fait mal. Ou c'est peut être un piège ? Il veut voir si je suis concentrée, pour atteindre mon but. Qui sait ce qu'il a en tête ? Mais ma curiosité prend le dessus. Je me retourne quelques instants. Juste le temps de me prendre une racine et de m'écrouler. Cameron en profite pour me doubler.

Cameron : Alors ? On abandonne ?

Il arrive à la cabane, fier de lui. Je me relève avec difficulté, avec l'impression que mon corps entier pèse une tonne. Mes muscles me lâchent. Je fini la course, en marchant.

Cameron : J'ai gagné !

Moi : Bien joué.

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