Chapitre 4 : Subconscient

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La Mort se rapproche. Je ne peux pas y échapper, elle s'abat sur moi. Une douleur lancinante transperce mon cœur. Des larmes coulent le long de mon visage et obscurcissent ma vue. Un dernier cri de supplications sort de ma bouche.

Un claquement brusque me fait sursauter. La porte s'ouvre et une lumière éblouissante m'aveugle. Je constate que je suis dans mon lit. Bouleversée, je tâte le matelas.

— Mais tu es impossible ! hurle une voix familière. Si ça continue comme ça, je serais payé pour te garder et non pour te rendre.

— Zack !

Sans réfléchir, je m'extirpe de sous ma couette et lui saute au cou.

— Là, dans le coin, il y avait une créature ! hurlé-je agitée. Elle voulait me tuer ! Elle m'a prise par la gorge et elle a tenté de m'étouffer ! Et ensuite, elle a dit –je prends la voix d'outre-tombe– « ce que je veux... c'est ta mort ».

Zack étouffe un rire.

— Je ne doute pas que ton imitation est... excellente, dit-il avec un sourire en coin.

Aussi étrange que cela puisse paraître, j'ai l'impression qu'il essaie de me faire sourire. Sa remarque n'a néanmoins pas l'effet escompté, car je fais une moue triste. Le criminel pose son bras gauche sur l'une de mes épaules. Cette situation a comme un air de déjà vu. Sauf que je suis habillée et que Zack n'a pas l'air enclin à une effusion de bons sentiments. Je sens bien qu'il essaie d'éviter le contact physique avec moi au maximum. D'ailleurs, je n'ai rien contre. Il a juste l'air... différent. C'est perturbant.

— Tu as fait un cauchemar, reprit-il. Un cauchemar métaphorique. Cette chose que tu décris, tu n'as pas vu son visage. En fait, tu as probablement rêvé de la personne qui veut ta mort. Comme tu ignores son identité, tu as juste rêvé... d'une créature.

— Tout ceci... avait l'air tellement réel. J'ai l'impression de l'avoir vécu ! J'ai ressenti cette douleur atroce et cette peur horrible qui me paralysait, je...

— Chut, coupe-t-il.

Zack se rapproche de moi, je peux sentir son souffle chaud qui effleure mon oreille. Sa main descend jusqu'à mon avant-bras. Il prend ensuite ma manche et me tire doucement jusqu'au lit. Je m'assieds sans dire un mot. Il me fixe, l'air de réfléchir. Puis, il passe une main dans ses cheveux et tousse un peu.

— Tu veux que je reste près de toi ? demande-t-il en prenant soin d'éviter mon regard.

Je relève mes yeux, étonnée. Pourtant, au lieu de lâcher un « oui » de soulagement, je me ravise. Pas question de lui donner cette satisfaction.

— C'est vrai, c'est tellement plus rassurant que l'homme qui a mis un couteau sous ma gorge quelques heures plus tôt veille sur moi pendant mon sommeil, dis-je sarcastique.

— Comme tu veux. Dors bien... lance-t-il sur un ton sous-entendu.

Il s'éloigne pour quitter la pièce.

— A... attends !

Rose, qu'est-ce qui te prend ? Ma voix a été plus réactive, et plus honnête que mes pensées. D'accord, je reconnais que sa présence me rassurerait. Parce qu'au fond de moi, j'ai l'impression que cet homme ne me ferait pas de mal. Pas cette nuit en tout cas.

Suite à mon interpellation, Zack se retourne avec un soupir puis sans un mot, prend la chaise au fond de la pièce et s'installe à côté de mon lit.

— Ne te méprends pas. Je le fais pour moi. Je n'ai pas envie d'être à nouveau réveillé par des cris semblables à ceux d'un cochon qu'on emmène à l'abattoir.

Prisonnière de son cœur [Première partie]Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant