Chapitre 4 : S'engager

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Lorsque sur Citara

D'or vert viendra le règne

Le Sage de la Gardienne

Le bras chercher devra

De tous côtés ira

Chercher l'unité reine

Des forêts à la plaine

Citara se battra

Par celle qui les créa

Aidée de présence sienne

Fera qu'à tour ils viennent

Air Feu Eau Terre vaincra

Si Force trouvera

Choisir Amours pérennes

Destinée incertaine

Liberté gagnera

Alors toujours sera

Par la Vie Magicienne

Par l'Oubli la Sereine

Et Heureuse Citara

Sylvine soupira, l'esprit plus embrouillé que jamais, et reposa le parchemin, le regard perdu dans le vide. Elle n'était guère plus avancée d'avoir lu – et relu – la fameuse Prophétie censée la concerner, tellement les termes lui paraissaient ambigus et énigmatiques. Et faux en plus : elle ne voyait pas du tout en quoi le fait d'oublier pouvait vous rendre serein ! Elle était bien placée pour savoir que la sensation n'avait rien de confortable !

Agacée, elle repoussa la feuille qui la narguait et regarda au-dehors. La beauté des collines, qui baignaient maintenant dans une exquise lumière mauve, l'apaisa instantanément.

Citara... Quel beau nom pour un si magnifique pays. C'était, à bien y réfléchir, la seule information valable que lui avait révélée la Prophétie.

Elle en goûta le nom, appréciant les sonorités qui faisaient écho à l'harmonie du paysage. Un nom porteur de rêves, lui rappelant...

Elle oscilla un instant entre souvenir et sensations présentes, mais l'idée qui avait failli la traverser s'évapora aussi vite qu'elle lui était venue. Elle avait froncé les sourcils, tendue à nouveau dans un effort de mémoire, mais... rien, il ne restait plus rien de ses souvenirs d'avant l'agression. Elle sentit alors le regard inquiet d'Olivier posé sur elle, depuis l'autre côté de la pièce. Il en était ainsi depuis que Gandore, acceptant bon gré mal gré la présence de Sylvine, l'avait mis au courant de l'état de celle-ci.

Le jeune homme l'avait alors délicatement posée sur le banc devant eux, comme si elle était subitement devenue trop fragile pour ses bras noueux. Puis il avait écouté attentivement, les bras croisés, solide comme un roc derrière elle, le récit de Gandore sur l'attaque-surprise d'Enu, la découverte du corps inconscient de Sylvine dans une ruelle de la ville, et son amnésie consécutive.

Nerveuse, elle s'était demandé comment il allait réagir, maintenant qu'il connaissait son absence totale de souvenirs.

— Mais... avait-il hésité, pourtant tu sais qui je suis ! Tu as prononcé mon nom...

Tempétueuse SylvineLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant