Chapitre 3 : Jeu dangereux

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Le silence austère me pèse. Après m'avoir donné un T-shirt propre, Zack a quitté l'appartement pour rejoindre ma chambre sur le campus universitaire afin d'y récupérer quelques vêtements suite à l'incident de la salle de bain. Il doit être aux alentours de quatorze heures. J'ai été kidnappée hier dans la soirée et j'estime avoir dormi jusque vers dix heures du matin. Je n'ai encore rien mangé depuis. De toute manière, je ne ressens pas la faim car je suis bien trop mal pour avaler quoi que ce soit même si on me le proposait. Être vêtue d'un vêtement appartenant à un tueur me met mal à l'aise. Encore plus particulièrement lorsque le tueur en question s'avère être Zack. En attendant de pouvoir m'habiller correctement avec mes affaires, je suis renfermée dans ma chambre. Laissant mon corps s'affaisser mollement sur le lit, je me contente de fixer le plafond. Une minute parait une éternité. Lasse d'attendre le retour de Zack, je me glisse sous la couette pour couvrir mes jambes nues et supplie Morphée de m'emporter. Le sommeil ne vient pas avant un long moment.

Le claquement bruyant d'une porte me tire de ma sieste. Sans hésiter, je bondis sur mes deux pieds hors du lit. Comme je sens un frisson de peur monter en moi, je m'approche de la porte pour regarder à travers la serrure afin de voir qui est entré. Un soulagement balaye mes craintes. Il s'agit bien de Zack. Ce dernier titube. Il tient sa veste en cuir dans sa main, son t-shirt est complètement froissé et la ceinture de son jean mal fermée. Visiblement soûl et débraillé alors qu'il était encore vêtu impeccablement avant son départ, noté-je. Pas de doute, il a du bien s'amuser pendant que je croupissais dans ce trou à rat.

— Zack ! hurlé-je en tapant un peu sur la porte. Ouvre-moi !

Je réitère ma demande en criant plus fortement.

— Vas-tu arrêter de beugler petite gamine idiote ? dit-il en ouvrant la porte.

Avant de rentrer, il passe une petite valise dans l'entrebâillure. Elle contient certainement quelques-unes de mes affaires.

— J'espère que tu n'as pas couché avec ta copine sur mon lit, rétorqué-je vexée par sa précédente remarque.

De suite, je regrette ma phrase mais Zack passe outre en répondant simplement :

— Je n'ai pas de copine.

Alors que je retiens un soupir de soulagement parce que ma réflexion semble avoir été ignorée, il se ravise et revient furieusement sur ses propos.

— Écoute-moi bien petite sainte, je fais ce que je veux de ma putain de vie et je couche avec qui je veux. Toi, tu attends là sagement que je découvre dans quel merdier tu trempes avant de te refourguer contre une bonne grosse rançon à quiconque te réclamera. Puisque ta mort était aussi chère, ta vie le sera forcément pour quelqu'un d'autre. Tu imagines l'argent que je vais en tirer ? Un pactole pour avoir fait croire à ta mort puis un autre pour ta vie. Ensuite, je quitterai le pays.

Le bruit d'une claque sourde s'abat sur la joue de Zack. Je l'ai giflé. Mon corps a réagi tout seul face à la colère, la douleur, la tristesse et la peur qui m'empoigne. Maintenant, il s'est tut. Sa joue porte la marque rouge de ma main. Je ne me serais pas cru capable d'une telle chose. D'autant plus qu'extérioriser mes sentiments sur Zack n'est pas une idée extrêmement réfléchie.

— Tu vas amèrement regretter ton geste.

Sur ces mots, il m'attrape tout en me poussant vers le lit. Je me débats comme un beau diable, donnant coups de pied et coups de poing sans m'arrêter de hurler. Malgré mes efforts, Zack est bien plus fort que moi et il réussit à me plaquer sur le matelas du lit. Grimpant à califourchon sur mon ventre pour me maintenir avec le poids de son corps, il attrape l'un de mes poignets puis le bloque sur le matelas avec son genou. Je réprime un gémissement de douleur. Avec sa main gauche, il saisit ensuite mon autre poignet et de sa main libre, il sort un petit couteau qu'il plaque en dessous de ma gorge.

Prisonnière de son cœur [Première partie]Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant