TREVOR 7

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J'ai passé ma journée d'hier enfermé dans ma chambre. J'ai entendu Britney partir, puis dans l'après-midi Carrie et Vicky sont parties se promener... Je n'ai pas vu Charly de la journée.

Je suis resté allonger sur mon lit, les yeux fixant le plafond, à attendre... Et attendre encore. Mais rien. Alors en début de soirée, j'ai décidé d'essayer d'appeler moi-même. Je suis tombé directement sur la messagerie... J'ai raccroché, sans un mot. Et j' ai attendu qu'on me rappel, mais encore une fois, rien.

Que mes « potes » oublient, je m'en branle pas mal. On est comme coupé du monde ici, on vit sans regarder l'heure, on ne sait plus quels jours on est... Ça fait pratiquement deux semaines qu'à part ce putain de lac et ce putain de chalet, je n'ai rien vu d'autres, alors. Mais mes parents... Mes propres parents, oublié le jour de la naissance de leur fils...

Je devrais même pas être étonné en fait, ce n'est pas la première année que ça leur arrive d'oublier, mais j'ai toujours un petit espoir, c'est humain non ? Parfois ils appellent... Non, ils ne l'ont pas fait depuis mes cinq ans en fait... Parfois j'ai juste le droit à un petit message et parfois rien ! Et bien cette année, ce sera rien. Pourtant, ils devraient s'en souvenir, c'est le jour où leur vie est devenue « merdique » pour reprendre les paroles de mon père. Le jour où « la connerie » est venue au monde !

En fin de soirée, j'ai entendu Carrie et Charly rentrer dans le chalet... Carrie a souhaité bonne nuit à son frère et elle est partie se coucher, et Charly a fait la même chose. J'ai attendu, et lorsqu'au bout d'environ dix minutes, je n'ai entendu personne d'autres, j'en ai déduis que Vicky était encore seule à l'extérieur.

Alors, je me suis levé, et j'ai été la rejoindre. J'avais dans l'idée de lui parler de mes vieux... Quoi ? Je me suis souvenu d'un seul coup, qu'à l'époque du bahut, je m'étais servi de ça contre elle. A l'époque je me disais que j'en rajoutais, je voulais me faire passer pour le connard que rien n'atteint, mais en grandissant je me rends compte, qu'en fait, j'ai toujours souffert de leur abandon. Et en parler avec Vicky lorsque j'avais dix-huit ans, me faisait du bien... Enfin, je crois...

Mais une fois devant elle, j'ai pas pu... Et le gros connard que rien n'atteint, celui qui n'a aucun putain de sentiments, est revenu. A croire que l'on ne change pas si facilement... A croire que l'on ne change jamais !

                                                                                                                                                                              ***

Lorsqu'on rentre de notre soirée, Vicky part directement se coucher. J'aurais voulu qu'elle reste, qu'on discute, qu'on parle de ce qu'elle a fait ce soir dans ses putains de chiottes... Putain ce que c'était bon... Encore mieux que de la regarder baiser Charly !

Je voudrais aussi savoir pourquoi elle me demande de patienter, alors qu'apparemment, elle fait tout pour m'allumer. Ça cache sûrement quelque chose... Putain, non, ça ne cache rien ! Vicky a changée, elle. Pourquoi ou comment ? On s'en branle !

-On va se coucher, me demande Stacey en colère.

Je la regarde... Et j'en ai pas du tout envie. Rien, aucune réaction. Je me force à lui sourire

-Je vais me fumer un dernier joint avec Will, je te rejoins...

Au moins, j'aurai l'excuse du « je suis trop déchiré ». Stacey rentre donc à l'intérieur, en tirant à moitié la gueule,  et je m'assois sur la rambarde du chalet, face à Will qui est déjà en train de rouler. J'attrape deux bières dans le pack, les décapsule et en dépose une devant lui, avant de boire une gorgée de la mienne.

-Il est où Charly, me demande Will.

J'hausse les épaules. Je le sais, je l'ai vu entrer dans le chalet... Il est sûrement en train de s'amuser avec Vicky ce connard ! Pourquoi lui il a le droit et pas moi, hein ? Putain ! Te plain pas Trevor... T'as vue ce à quoi tu as eu le droit ce soir ? L'autre con de Charly ne peut pas dire autant, j'en suis sûr !

-Ça en fera plus pour nous, dit Will en allumant le joint.

-T'avais eu des nouvelles de Vicky depuis la fin du bahut, dis-je sans prévenir.

Will fronce les sourcils, attrape sa bière et me répond simplement

-Aucune ! La dernière fois que je l'ai vue, c'était au bal de promo, à ton bras. Après ça, plus rien. Pourquoi ?

Je me passe une main dans les cheveux, attrape le joint et tire dessus aussi fort que possible, pour me défoncer le plus rapidement possible.

-Y'a un putain de trucs que je comprends pas... Tu crois que c'est possible de changer à ce point-là ? Je sais pas si tu te souviens d'elle, j'avoue que j'ai eu du mal au début, mais plus je la voie, plus les souvenirs reviennent...

-Et, me coupe Will en se mettant à l'aise, les deux pieds sur la table basse.

Et ? Bah je sais pas ! J'ai l'impression que ça ne choque que moi... Peut-être parce que je suis le seul à avoir passé beaucoup de temps avec elle, à l'avoir écouté me raconté sa vie de petite fille modèle, à avoir dut la rassurer à chaque fois qu'elle devait « désobéir » à papa et maman, à l'avoir baisé... Et à la retrouver quatre ans après en mode « je baise des inconnus dans des putains de chiottes publics ! »

-Elle était tellement... Innocente. Ouai, c'est ça le mot. Elle n'y connaissait rien, elle avait cette putain d'habitude de baisser le regard à chaque fois que je lui parlais... Elle rougissait tout le temps, pour un rien. C'était une nana de dix-sept ans mal dans sa peau, tu t'en souviens vraiment pas ?

Je repasse le joint à Will et bois une gorgée.

-Qu'est-ce tu veux que je te dise Trevor ? Non, j'ai aucun souvenir, mais peut-être que comme toi, tout ça va me revenir petit à petit. Et puis, elle a sûrement évoluée, appris certaines choses...

Je réfléchis... Oui, ça m'arrive... Et là... Bah rien en fait. Si, une espèce de putain d'intuitions, mais je n'arrive pas à dire quoi. J'ai un pressentiment ou un truc dans le genre, mais je saurai pas dire de quoi ça vient. Putain !

-Arrêtes de te prendre la tête, me dit Will en me redonnant le joint. C'est une nana que t'as baisé au bahut. Si Carrie l'avait pas ramené, jamais t'aurais repensé à elle alors qu'est-ce qui te fait chier là-dedans ?

Je termine ma bière, souffle un grand coup et lui dit le plus sincèrement possible

-Elle m'obsède Will. Depuis qu'elle est arrivée... Putain, j'arrive même pas à me branler en pensant à quelqu'un d'autre qu'à elle. Et là, Stacey m'attend, je sais ce qu'elle veut, mais je sais aussi que j'y arriverai pas !

Will sourit doucement, termine sa bière et se lève. Avant de rentrer dans le chalet, il me dit

-Fais gaffe, à ce qui paraît c'est ce qu'on ressent quand on commence à tomber amoureux.

J'explose de rire et une fois seule, je termine le joint avant de l'écraser. Je descends de la rambarde et rentre dans le chalet à mon tour, en me disant que ce n'est pas possible.

L'amour, c'est fait pour ceux qui savent ce que c'est. Qui savent ce que ça veut dire de compter pour quelqu'un, d'être « important » à ses yeux... D'être prêt à tout pour cette personne... Et moi, je ne l'ai jamais su... J'ai jamais été « important » pour quelqu'un, et personne ne le sera jamais pour moi.

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