VICKY 4

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-Bon alors, si tu me parlais un peu de toi pour commencer, me demande Trevor tandis que nous déambulons dans le centre commercial.

C'est notre première sortie. Après m'être laissé convaincre par ce que m'avait dit Carrie dans ma chambre, Trevor est venu me voir au lycée. Il m'a proposé de passer notre mercredi après-midi ensemble et j'ai accepté en hochant simplement la tête. Cela m'arrange que l'on se voit en semaine, mes parents sont au travail et ne rentrent que vers dix-huit heures trente, j'ai donc tout le temps de profiter de Trevor, même si je ne me sens vraiment pas à l'aise.

-Qu'est-ce que tu aimerais savoir, dis-je sans même oser relever le regard vers lui.

Je n'ai pas envie de l'embêter avec certaines parties de ma vie qui ne l'intéresserait pas... Et je ne sais pas ce qui peut bien l'intéresser chez moi à vrai dire. J'espère qu'il va me donner un petit indice, que je pourrai enchaîner et qu'on se trouvera des points communs, ce sera plus simple.

Nous passons devant une vitrine et mon regard se pose quelques secondes sur nos reflets. On est tellement différent... Enfin, je suis tellement différente des filles avec qui j'ai l'habitude de le voir au lycée... Arrêtes Vicky ! Si il te l'a proposé c'est sûrement qu'il en avait envie. Et Carrie te l'as dit, si jamais Charly apprend quelque chose, ils te le diront aussitôt.

-Je sais pas... Ce que tu aimes faire, ce que tu détestes... T'as des frères et sœurs ?

Je relève enfin les yeux vers lui... Mon dieu, il est magnifique. Il me sourit doucement, et je me perds un instant dans ses beaux yeux gris. Son sourire me met immédiatement en confiance, alors je me racle la gorge et lui dis

-Je suis fille unique. Mes parents n'ont jamais voulu d'autres enfants... Je ne sais pas pourquoi, mais je leur suffis on dirait. J'aime lire, écouter de la musique, et j'adore dormir... Ah et je déteste les choux de Bruxelles, dis-je en riant doucement

Je suis totalement ridicule et je le sais. Pourtant Trevor rit à ma remarque, il s'arrête devant un fast-food, et me demande gentiment

-Ok, alors pas de choux de Bruxelles... Un soda ? Ou une petite douceur, dit-il en me faisant un clin d'œil.

Je sens le rouge me monter immédiatement aux joues quand je comprends l'allusion... Est-ce que s'en est une d'ailleurs ? Détends-toi Vicky, tu veux le faire fuir ?

-Un soda ça ira...

-Très bien.

Il rentre dans le fast-food et je décide de l'attendre à l'extérieur. J'en profite pour le regarder... Ok, j'en profite carrément pour le détailler de la tête au pied... Il a l'air tellement à l'aise dans son corps, on a l'impression que rien ne peut l'atteindre. Il dégage une telle prestance et un charisme... Est-ce qu'on peut tomber amoureux de quelqu'un sans réellement le connaître ? Juste tomber amoureux d'un physique ? Si c'est le cas, je suis dans le pétrin...

Trevor ressort quelques minutes plus tard, me tend mon gobelet de soda, et mord immédiatement dans son beignet aux chocolat. Puis il me le tend et m'en propose silencieusement, juste en arquant l'un de ses sourcils. Sans réfléchir, j'approche mes lèvres du beignet et mords dedans...

-Attends, me dit Trevor.

Il approche sa main de mon visage et j'ai un mouvement de recul, il ne semble pas le remarquer, ou alors il ne fait rien voir, puis il pose doucement son doigt contre mes lèvres, et délicatement il m'essuie la bouche. Il le retire ensuite, et se le lèche en me souriant

-Voilà, t'es toute belle maintenant.

Mon cœur se remet à battre comme par miracle. Oui, il s'était en effet arrêté lorsque Trevor a déposé son doigt contre mes lèvres, comme il avait déposé les siennes dessus samedi soir, lorsqu'il est venu me rendre visite dans ma chambre. Je reprends peu à peu mes esprits et Trevor me dit alors

-Tu veux qu'on aille se poser dehors, j'ai besoin d'une clope.

Même ce léger défaut ne me repousse pas. Je déteste l'odeur de la cigarette, et au lycée je fais tout pour éviter d'avoir à parler avec des gens qui fument, mais chez Trevor... Je suis foutue, je le sais. Je suis prise dans les filets de Trevor, il n'a suffi que d'un simple rendez-vous dans un centre commercial pour que je tombe littéralement raide de ce garçon. Et je me déteste de régir comme ça!

Je sors donc du centre commercial auprès de Trevor et nous rejoignons le parc qui est situé en face. Nous passons doucement devant l'air de jeux où plusieurs enfants sont en train de jouer, puis nous nous arrêtons sur un terrain d'herbe. Trevor écrase sa cigarette, retire sa veste, la place au sol et me fait signe de m'asseoir. Je souris et prend donc place.

-Y' a de la place pour deux, dis-je lorsque je le vois s'installer derrière moi.

-Je préfère être ici, dit-il contre mon cou.

Je ressens un long frisson traverser tout mon corps, puis j'ai la même impression que dans les montagnes russes, mon ventre se soulève et retombe... C'est une sensation exquise et je sais que c'est Trevor qui me l'a déclenché... Je veux qu'il en déclenche une autre... Des centaines même. Son menton se pose doucement sur mon épaule et je reste là, sans bouger. Je crois même que je prie pour sentir sa main venir se poser sur mon menton, me détourner la tête et qu'il m'embrasse... Mais il ne le fait pas.

-Je suis fils unique moi aussi, dit-il en regardant les enfants jouer.

Je sens son bras venir se placer doucement contre ma taille. Il me serre dans ses bras ? Je baisse le regard pour en être sûre. Oui, son bras est bien autour de ma taille, je regarde l'un de ses tatouages, une rose noir avec des ronces qui remontent tout le long de son bras... Jusqu'où ? Je ne sais pas, mais j'aimerais le découvrir. C'est la première fois qu'il est assez proche de moi pour que je puisse les inspecter. Ses doigts s'amusent à tracer des cercles sur le tissu de mon jeans. Est-ce qu'il se rend compte de ce qu'il fait ? Où est-il trop perdu dans ses pensées ? C'est peut-être une habitude ? Peut-être qu'il se comporte tout simplement comme ça avec toutes ses amies filles...

-Mes vieux ne voulaient pas de gamins... Mais je suis quand même arriver. Je crois que j'avais environ quatre ans quand j'ai entendu mon père dire à ma mère qu'elle aurait mieux fait de se faire avorter...

Je déglutis difficilement. C'est monstrueux... Comment est-ce qu'on peut faire ça ? Comment est-ce qu'on peut penser à ça ? Il y a quand même d'autres solutions... Même si l'enfant n'était pas voulu. Et surtout, quel genre de parents peut parler de ce genre de choses en sachant pertinemment que leur discussion peut-être entendu ?

-Ils ont toujours fait comme si je n'existais pas, aussi loin que je m'en souvienne. Ils partaient en me laissant chez la voisine, ou chez ma grande tante. Ils ne téléphonaient pas, et ne me disaient même pas quand est-ce qu'ils rentreraient... Je me souviens de ma première victoire dans l'équipe de baseball, à l'école primaire...

-Trevor, je ne veux pas t'obliger à...

Mais il continu, son menton toujours posé sur mon épaule, son bras autour de ma taille, sa main toujours posée au-dessus de mon genou, et le regard tourné vers les enfants qui jouent, sous les yeux bienveillants de leurs parents

-Tu sais qui était là pour m'encourager ? Le gardien de l'école...

Trevor lâche un petit rire qui me brise littéralement le cœur. Je m'imagine cet enfant, fière de lui, se tourner vers les gradins et se rendre compte que ses parents ne sont pas venus l'encourager. Alors, même si je n'ai pas envie de ne plus sentir son souffle contre ma joue lorsqu'il me parle, son bras enlacer ma taille ou ses doigts s'amuser à tracer des cercles sur ma jambe, je me force à me tourner vers lui. Je rencontre immédiatement son regard, nos lèvres s'effleurent mais ne se touchent pas. Je pose doucement ma main tremblante contre sa joue et lui dis doucement

-Un jour, tu leur prouveras qu'ils ont eu tort de te traiter comme ça...

Il me sourit et me répond simplement

-Je l'espère Vicky...

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