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Abandonnons ici ces débats de théoriciens, les Terriens, et les Tetpleinaraboriens. Ce n'est pas leur histoire que je vais conter, mais celle plus prosaïque de l'Olhem... Pardon ? Ah oui, je ne me suis pas présenté. Veuillez m'excuser. Je n'ai pas de nom à proprement parler. Appelez-moi comme tous m'appellent : Narrateur.

L'Olhem, comme je le disais, est un vaste pays gouverné par un ef'atrah... comprenez : un genre de pharaon. Ce pays est situé sur l'un des trois continents que comprend la planète Teth'oa de la constellation du Capricorne. Le peuple qui y vit ignore l'existence des différents continents qui la composent, la sphéricité du monde, et les principales lois qui gouvernent l'univers. Pour synthétiser, les Olehmites n'ont du monde qui les entoure qu'une vue plane, antique, et presque totalement fausse.

La nuit tombait sur la rayonnante capitale. Sareth, créature humanoïde et roi de l'Olhem, était appuyé contre la balustrade du balcon de sa chambre royale. Il contemplait, de ses yeux clairs, les soleils jumeaux se couchant sur la vallée. Leurs rayons projetaient sur sa peau ambrée une lumière rouge-orangée, et ses cheveux noirs bouclés dansaient au gré de la brise vespérale qui se levait. Alors que le ciel se tintait progressivement de pourpre, les derniers rayons de lumière projetaient l'ombre des plateaux bordant la vallée sur le fleuve, qui, loin en aval, scintillait encore de mille éclats. Déjà, le plus petit et le plus rouge des deux astres franchissait l'horizon. Dans la culture Olehmite, c'était le Dieu Kéon qui se couchait quelques minutes avant son grand-frère Kase. Ces Dieux laissaient ensuite à leur sœur Tethra, Déesse nocturne, le soin de veiller sur le royaume durant leur absence.

Faisons un petit aparté. S'il existe une chose complexe dans l'univers, c'est bien l'histoire des Dieux que content les peuples. Ces histoires, d'une richesse extrême, permettent d'une part d'en apprendre plus sur un peuple, et d'autre part de se rendre compte combien la représentation qu'il se fait du monde est éloignée de la réalité. Néanmoins, je ne vous ferai pas un exposé des mythes de l'Olhem, car ceux-ci pourraient être assimilés à une valse éternelle d'échanges familiaux sexuels plus ou moins moraux sans véritable intérêt. Je me contenterai donc de vous dire que la culture Olehmite, est, somme toute, assez banale, et comparable à celle de l'Égypte antique de la Terre.

Sareth n'avait cure de tels débats. Il se contentait de rêvasser, repensant à son enfance. Il n'avait que douze ans lorsqu'il était monté sur le trône. Il succédait à son père, mort à quarante-et-un ans, un bel âge aux vues des connaissances sanitaires de la culture Olehmite. Son père avait toujours été un mystère pour lui. Enfant, il le croisait rarement. Les quelques échanges qu'ils eurent avaient été tout au plus respectueux. C'était son tuteur et sa mère qui lui avaient enseigné l'art de la politique, et tenté de combler l'absence paternelle. Son géniteur, Sareth s'en rendait mieux compte aujourd'hui, ne lui avait rien légué. Aucune connaissance, aucun conseil, aucun moyen de comprendre. Pas même un manuscrit autobiographique lui permettant de donner un sens à sa vie. Ces pensées le rendaient mélancolique ; il chercha un autre endroit pour laisser vagabonder son esprit.

Il repensa à ses Dieux, puissants cachés par-delà l'horizon, qui veillaient sur le monde. La tradition voulait qu'ils apportent à l'Olhem la prospérité. En échange, le roi et ses sujets se dévouaient à eux corps et âme. Et, de temps en temps, ils pratiquaient le sacrifice Olehmite : « Il faut savoir donner » scandaient les bourreaux comme un précepte moral. En tant que roi, Sareth devait guider les siens avec honneur, et respecter la volonté des Dieux créateurs du monde. Dans sa culture, seule une telle alliance, scellée dans le sang, évitait à leur monde de disparaître. Il était convaincu de la puissance des Dieux, de la véracité de ses croyances, et du sens que l'ensemble conférait à sa vie. Sareth avait bien entendu une femme. Elle et sa première courtisane lui avaient donné cinq enfants qui jouissaient du luxe de la royauté. Les affaires politiques marchaient plutôt bien. Depuis plusieurs années, plus personne ne convoitait la terre d'autrui, ce qui permettait au commerce – et aux impôts – d'être florissants.

Le Tour de l'Univers en 10 puissance -43 seconde - extraitLisez cette histoire GRATUITEMENT!