Chapitre 9 - L'essence

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Les rêves sont le reflet de ce que nous vivons.

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Dans cet avant-dernier chapitre, je vais te parler de mes rêves. Alors autant dans les chapitres précédents, tu étais présente. Autant, dans celui-là tu n'y es pas. Les seuls rêves de toi sont dans le chapitre de la Femme.

Chaque rêve que je vais te raconter, est dans l'ordre chronologique de leur apparition. A part les deux premiers, ce sont des restitutions que j'ai écrites dans un carnet, dans la journée qui a suivi le rêve. Puis, je l'interprète à l'aide de la toile. Dans ces carnets, il y a aussi la vie dans mon monde intérieur, et des réflexions, chacune est datée. Ainsi, j'ai pu construire ce livre sur la base de ces cahiers. Je crois avoir compris que la plupart des artistes font ainsi. Donc je vais prendre chaque rêve un à un, te le décrire, puis l'interpréter. Tout ça dans le but d'avoir une vue globale sur ce que je suis, ce que je vis.

Bon, commençons. Dans tout le livre, il y a un souvenir que je n'arrive pas à caser. Il n'a aucun contexte. Je l'ai depuis que je suis tout petit. Je ne sais pas si c'est un rêve, ou un souvenir. Je le mets donc dans ce chapitre, car il commence dans un hôpital. Hors ma mère m'a dit que je n'avais pas fait de séjour dans un établissement de soins. Il débute assis sur un lit. A côté, il y a une table pour enfants. Sur ce meuble, il y a un circuit de bille. Je sais qu'il m'a été offert par quelqu'un que j'aime beaucoup. Dans la pièce, il y a plusieurs lits. Les murs sont blancs avec des bandes orange. La pièce n'est pas close par des portes. Chacun peut circuler à travers les pièces. Le haut des murs est vitré. Un adulte vient me donner le circuit de bille, et je fais descendre la bille le long des serpentins. Et je recommence. J'y prends beaucoup de plaisir. Je sais que c'est un adulte, car ma vue s'arrête au niveau du torse, alors que je suis assis sur un lit. Il est en jean et blouse blanche. En repensant à ce souvenir-rêve, j'ai toujours une certaine émotion, surtout quand je repense au circuit de bille.

Passons à l'interprétation. Les rêves d'hôpitaux, sont le signe d'une blessure psychique qui nécessite un lieu de soins. Ce n'est pas lié au corps, mais à notre mental. Le fait que je sois sur un lit évoque le besoin de repos. C'est également le lieu, où habituellement le conscient et l'inconscient communiquent. Les murs vitrés blanc et orange, symboliseraient le besoin de solitude, de liberté, ainsi que de recharger mon énergie. Le jouet est clairement le symbole de l'enfance. Je prends plaisir à être enfant. Il y a de grande chance pour que ce rêve soit à l'origine de mon plaisir de jouer. J'adore jouer, par contre je n'aime pas forcer les gens à jouer. Il n'y a rien de plus désagréable que de jouer avec des gens qui ne prennent aucun plaisir. Dans mon entourage, peu de gens aiment jouer. C'est une de mes grandes déceptions. Remarque, il y a bien mes enfants, mais le jeu prend une tournure apprentissage, nécessaire en tant que parent, par contre en tant que joueur, c'est chiant. Bref, ce rêve fait suite à mon traumatisme de l'enfance. J'ai laissé mon moi profond se réparer pendant que je jouais. Et c'est vrai, que je considère la vie comme un jeu. J'arrive à mes vingt-deux ans, et mon inconscient a jugé que j'étais prêt pour la réparation. Mon inconscient s'est servi de toi, pour prendre conscience que j'étais réparé. Ce qui est marrant, c'est que j'ai gardé ce rêve en réserve tout le long du livre, sans jamais l'interpréter. C'est comique, parce que le rêve qui va suivre, je l'ai interprété quasiment tout de suite. Or, c'était aussi un souvenir de rêve. Cette façon de faire, c'est toute ma vie. Je finis toujours par comprendre mes actes. Je fais de la compréhension a posteriori. C'est-à-dire qu'au moment où je fais un geste, je n'en ai pas la totale compréhension. C'est ça que je trouve drôle, car je le fais naturellement.

Le rêve suivant est le seul que je trouve désagréable. A contrario, il a été salvateur. Dans le sens où il s'agissait d'un avertissement. Il commence au volant d'une voiture. Je cramais mes pneus en faisant des demi-tours au frein à main. Je le faisais sur une route que je connais très bien, puisqu'il s'agit de l'allée qui donne accès à la ferme de mon enfance. Et donc, je faisais des allers et retours, en tournant au frein. Au bout d'un moment la voiture a fait un tête-à-queue. Je me suis retrouvé dans le fossé. J'avais touché quelque chose. J'ai regardé sous la voiture et j'ai vu ma fille morte. Ecrasée entre la voiture et la terre.

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