Chapitre 8 - Le roi

Depuis le début

Un soir, peu après la première session de ma formation, je me suis endormi et je me suis dit que je pouvais m'en sortir tout seul. J'ai imaginé que cette protection que j'avais, je pouvais peut-être la donner, plutôt que de la laisser partir. J'ai donc imaginé une protection sur chacun de mes enfants. J'ai ressenti un truc bizarre, comme un soulagement. Pas celui d'un poids qui s'en va. Le soulagement d'avoir été entendu. Mes enfants sont protégés.

Tout ça pour dire que je suis un habitué des rêves éveillés, sauf que je ne savais que ça avait un nom. Dans mon enfance et mon adolescence, j'avais un dragon rouge, j'avais aussi une panoplie d'armes. Pour chaque arme, il y avait une fonction de protection. Bon, je ne vais pas te saouler avec tous les trucs que j'ai imaginés. Je fais ça tous les jours, quand je marche, quand je me repose. Certains ne pensent qu'au sexe, moi, je passe mon temps à imaginer des choses, principalement dans un monde fantastique.

Donc, évoluer dans cette vallée a été assez aisé. Il y a une autre chose que je fais. Je ne contrôle pas tout dans mon monde intérieur. Les personnages que j'imagine ont leur propre vie. Ça ne me surprend même pas, quand il y a un personnage hors création qui intervient, voire même quand certains m'envoient littéralement chier.

Lorsque je t'ai rencontré, je ne suis pas revenu tout de suite dans cette vallée. Les personnages sont arrivés avant. Le premier personnage dont j'ai pris conscience était le guerrier. Puis la formation a fait renaître le magicien. L'un a lutté pour que l'autre ne prenne pas sa place. C'était très pénible. J'ai résolu le conflit par un roulage de pelle. Ils ont fusionné. Le troisième personnage est la femme. Elle était vindicative. Elle a pris très facilement le pas sur le mage guerrier. Sur un principe sommes toutes assez évident. C'est elle qui possède le pouvoir de création. Le mage-guerrier n'a qu'un pouvoir de modification. Ces deux personae n'ont pas fusionné. La femme s'est nommée. C'est d'ailleurs la seule personae qui est un nom. Le guerrier mage a reconnu la beauté et la sagesse de la femme. Il y avait donc un équilibre entre les deux. Ensuite, est intervenu le serpent. Oui, ces personnages prennent leur inspiration dans le premier livre de Melchiaref  Bysann, Zahiss, Bella, le reptile. En fait, je me suis servi des archétypes du livre d'Imam pour me comprendre Pour enlever toute ambiguïté, Bella n'est pas le nom de ma personae féminine, elle m'a dit s'appeler Iestia. Et donc le reptile est intervenu. Au contraire des autres, il n'a rien imposé. Il a juste donné un choix entre la pouvoir, et la bonté. Je n'ai pas choisi. Je restais persuadé que je pouvais concilier les deux. Il est devenu la représentation de ma colère. Je me suis demandé d'où venait cette colère. C'est à ce moment que j'ai fait l'expérience de méditation avec la phrase « je ne veux pas souffrir ». C'était l'enfant en moi qui avait parlé.

Ce dernier passait son temps avec un jeu de logique. Il jouait, rien d'autre ne l'intéressait. L'enfant a aussi une particularité, c'est le seul qui est un visage clairement défini. C'est à ce moment, que j'ai appris par ma mère que j'étais un enfant battu. Je lui ai promis de le protéger, que plus jamais il ne souffrirait. Le combat avec Dieu est intervenu à ce moment. La colère du dragon, la souffrance de l'enfant, et celle de la femme face à Dieu. Lors du combat j'incarnais le mage-guerrier. Je ne reviens pas sur le combat.

A ce moment, il y avait donc quatre personnages. Le guerrier-mage, la femme, le dragon, et l'enfant. Puis, un jour, j'ai commencé à avoir mal aux dents. J'ai cherché sur la toile la signification d'une douleur au niveau des dents. Un cinquième personnage est apparu. C'est un personnage qui ne parle pratiquement pas. Il ne fait qu'observer. Je l'ai donc nommé l'observateur. Je l'ai assimilé à un ange, car il avait des ailes.

Les personnages sont restés figés jusqu'à ce qu'un personnage autoritaire intervienne dans mes discussions intérieures. Il s'est nommé le roi. Quand il est intervenu, je ne l'ai pas aimé. Il souhaitait que j'agisse en dépit de tout sacrifice. Je l'ai entravé, dans le sens où je n'écoutais pas ce qu'il me disait. Avec le recul, je me dis que j'ai eu peu d'égard à l'encontre de moi-même.

Le reflet du roiLisez cette histoire GRATUITEMENT !