Chapitre 6 - L'innocence

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Accepte sans crainte, sans colère, sans espoir, que le seul rêve que tu peux réaliser, c'est d'être toi-même.

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J'ai redouté longtemps ce chapitre. J'image la liaison avec le précédent chapitre comme le franchissement d'un miroir. Au moment où j'écris, je n'ai pas d'idée précise de ce qu'il va contenir. J'ai cherché comment le commencer. J'ai fini par trouver, suite à une discussion. Il y a des chances pour que ce soit le chapitre le plus confus de tout le livre. Pour une raison toute simple, c'est que je vais te parler de mon enfance. Principalement de ma petite enfance. Ces deux périodes sont confuses dans ma tête. Chaque fois que je visualise le chapitre, j'ai quelques images qui remontent. Je joue deux secondes avec, puis je les remets dans mon débarras des choses à traiter plus tard.

Pour débuter, je vais te raconter comment est né ce chapitre. Je t'ai expliqué comment tu m'avais fait découvrir ce lien universel qu'est l'amour. Je t'ai raconté comment, j'ai découvert que j'essayais d'affronter la souffrance, principalement celle des autres, tout en fuyant la mienne. D'où me vient ce comportement ? Il vient de mon enfance, c'est une certitude.

Un jour, que j'explorais un forum sur la toile, j'ai trouvé un topic sur les blessures de l'enfance. En parcourant le sujet sur l'enfance, j'ai découvert le résumé de ces blessures. Les cinq principales sont nommées rejet, abandon, humiliation, trahison, et injustice. Lorsque j'ai pris connaissance de ces cinq blessures, j'ai revécu certains souvenirs. Pour chaque blessure, j'ai ressenti la colère. Je l'ai exprimé sous forme d'une chanson, « l'entrée des dunes ». de Chrome. Je me suis rendu compte que je les avais toutes. Certaines étaient plus ou moins résolues. Dans l'ensemble, elles sont toujours ouvertes. Pourquoi la colère. Parce que ces blessures, j'ai tenté de les refermer seul, sans trop en avoir conscience. Deux d'entre elles étaient encore béantes. Cette prise de conscience m'a mis en colère. Au moment où j'écris ce chapitre, j'ai toujours cette émotion en moi.

Des cinq blessures, celle que j'ai refermée sans trop y penser est l'injustice. C'est donc la première que j'aborderais. Viens ensuite celle de la trahison, je l'ai résolu pendant mes premières années dans le monde du travail. Par contre, la compréhension n'est venue qu'avec ton accompagnement. Ensuite, il y a l'abandon, c'est pour moi une blessure légère, car je n'ai jamais réellement su ce qu'était l'affection. Les deux dernières, que sont le rejet et l'humiliation, ont été, sont toujours compliquées.

Commençons par l'injustice. Cette blessure est très commune. Elle consiste pour l'enfant à être l'image parfaite que l'on demande de lui. L'exigence vient du parent ou assimilé du même sexe. Donc pour moi le père. Je pense cette blessure peu profonde. J'ai en effet dû porter l'excellence des exigences de mon père. Pas à l'école, car il n'avait pas de référence. Par contre, mon père a une passion pour les sports nautiques. J'ai donc dû apprendre à porter son rêve de faire du bateau. Alors, ce n'est pas que je n'aime pas ça, la voile reste, pour moi, une pratique agréable. Mon père a toujours voulu que je voie le voile comme la chance de vivre ma passion. Il est clair que le voile n'est pas ma passion, c'est celle de mon père. J'ai fait du mieux que j'ai pu. J'étais assez doué. A contrario pour l'esprit de compétition, je n'ai jamais été à la hauteur de ce qu'il exigeait. J'ai donc fait ce sport contraint. Supprimant tout plaisir, pour le remplacer par le sentiment de vivre la passion d'un autre. Cette blessure je pense l'avoir refermé. Je considère que vivre la passion ou les envies d'un autre, génère de la satisfaction. Au moment où je le fais, j'essaye toujours de faire du mieux que je peux. En fait, je me force, car j'ai peur de la déception. Elle est pour moi synonyme de perte d'affection. Ce que je veux dire, c'est que les seules personnes, dont je n'ai pas la peur de décevoir, sont mes enfants, ma sœur et toi. Tous les autres, j'ai peur de décevoir les attentes, de perdre de l'amour, et de l'intérêt. Lorsque je fais quelque chose qui ne me plaît pas, je le fais toujours de la manière la plus économe en énergie, pour un rendu proche de ce que j'imagine être l'attendu.

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