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5 Aout 2004, 03h00...
Appartement de John Ducrane, Paris, France...

Depuis l'offensive de l'hôtel Crillion, John Ducrane ne séjournait plus dans des hôtels. La sécurité y était trop compliquée à mettre en place. Entre les différents points d'accès, la fréquentation des clients, les employés toujours en mouvement et les sorties de secours, il était impossible de garantir une défense efficace. Aujourd'hui, plus que jamais, il se savait en danger. Il avait donc porté son choix sur cet immense appartement de la rue Bayard, à deux pas du palais de l'Élysée, où il devait rencontrer le chef d'état français. Ce dernier s'inquiétait des retombées de l'affaire de Times Square et voulait avoir les impressions du directeur de la société incriminée. John Ducrane allait bien évidemment devoir jouer de son charme pour rassurer le président afin qu'il ne décide pas, lui aussi, de suspendre toute interaction avec la LOTUS. Depuis plusieurs mois, aucun pays n'avait quitté la LOTUS, mais la situation n'avait malheureusement évoluée ni dans un sens ni dans l'autre et il était normal que les chefs d'états des différents pays s'interrogent sur le devenir de leur partenariat. Gabrielle Parker avait beaucoup travaillé et avait préparé toute une série d'argumentaires pour démontrer la solidité de la société secrète. L'allocution du président des États-Unis, quelques mois plus tôt, avait à peine ralentit les publications de la presse à scandale. Les éditions plus sérieuses avaient en revanche arrêté rapidement toute allusion à la LOTUS dans leurs articles. Les sites web avec le plus d'informations sur la société avaient été fermés par le service informatique et télécommunication de monsieur Mercadet. Et personne n'avait finalement essayé de survoler l'îlot artificiel. Aucun des business de John Ducrane n'avait subi de dommage grave de toute cette publicité. Et une petite dizaine de pays seulement continuait à le boycotter. Les choses allaient donc merveilleusement bien. C'était du moins le message qu'il fallait faire passer. Les talents d'orateur de Ducrane, associés au travail préliminaire de Gabrielle Parker et de son second, Laetitia Traver, feraient en sorte que cela soit tout ce que retienne le président français.

L'appartement au parquet clair était plongé dans l'obscurité depuis quelques minutes déjà, mais personne ne dormait pour autant. Les six agents mutants faisaient leur ronde, équipés de viseurs infrarouges et de pistolets mitrailleur de type UMP, sur lesquelles avaient été fixés des silencieux. John Ducrane, quant à lui, avait du mal à trouver le sommeil malgré la fatigue du voyage. Soudain, un des agents eut une drôle de sensation. Il savait – parce qu'on le lui avait expliqué – que cela signifiait qu'un vampire était dans les parages. Des regards, convergents vers la fenêtre qui donnait sur la rue, lui confirmèrent que ses collègues avaient eu la même impression. L'un d'entre eux courut vers la chambre du directeur et le tint informé de la situation.

Dehors, sur le trottoir en face, Venus et ses trois compagnons se préparaient à entrer en action.

— Ils savent que nous sommes là, chuchota Venus. Apparemment ce sont des newbies, ils ne nous ont pas encore repérés.

— Le turn-over est trop important pour former des soldats d'élite, répondit Katy avec un sourire amusé.

— En route !

Venus traversa la rue, suivie des trois autres immortels. A la fenêtre, un des agents les repéra et ouvrit immédiatement le feu. Les choisis se déplaçaient rapidement et il ne toucha personne. Venus et Deven pénétrèrent dans l'immeuble par la porte principale alors que Kaïl escaladait la façade avant avec une facilité incroyable. Katy, quant à elle, passa par l'immeuble à côté et monta sur les toits. Les intrus n'avaient pas encore atteint leur objectif que déjà, les sirènes de la police résonnèrent.

— Le bâtard ! souffla Venus. Il a tellement peur qu'il nous envoie les flics. Il aurait au moins pu lancer sa propre armée.

— Aucune importance ! lâcha Deven en faisant sauter la porte d'entrée de l'appartement, donnant du même coup le signal de départ à leurs deux autres compagnons.

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