Chapitre 27. Encore un peu de route.

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Ce soir-là, Ashley refusa de rester dans la chambre que Milo occuperait à son arrivée. Avec un sourire doux, il nous dit que ce serait pour la prochaine fois.

— Milo occupera les lieux, objecta Jody.

— On s'arrangera, lui et moi, rétorqua Ashley avec un clin d'œil. Il pourra me laisser une petite place, ça permettra de faire connaissance, ajouta-t-il, et Jody sourit.

— Promis ? demandai-je.

— Promis, déclara Ashley d'une voix ferme. Mais j'ai retenu la leçon. Je préfère vous laisser trouver vos repères d'abord, sans les bousculer.

— Mais ça va aller, pour rentrer ? m'inquiétai-je. Tu seras tout seul.

— Je n'ai qu'une heure de route, Len. Toi, tu en as fait beaucoup plus, non ? Et au début, tu n'avais pas Jody à tes côtés. Ça va aller. Je t'appelle dès que j'arrive. Ok ?

— Ok, fis-je.

Ash agita la main avant de monter en voiture. Je n'avais pas vu de tristesse dans ses yeux. L'attitude de Joshua avait éliminé tout type de regret, surtout qu'Ash ne tenait pas particulièrement à lui. Néanmoins, je distinguais toujours cette mélancolie qui avait du mal à le quitter depuis mon arrivée. Il ferait son deuil de nos sentiments passés, mais il en demeurerait des cicatrices. Jusqu'à ce qu'il rencontre quelqu'un qui compterait, et elles s'estomperaient.

Nous le regardâmes s'éloigner et nous rentrâmes. Nous rangeâmes, nous fîmes la vaisselle et, au moment où nous finissions, je reçus un SMS rassurant d'Ashley, sur mon nouveau smartphone. Il était bien arrivé chez lui, nous pouvions aller nous coucher.

— Len, murmura Jody en s'étirant sur notre lit, complètement à poil et en semi érection, magnifique.

— Hum, vu l'absence de boxer et ton état, je sais ce que tu vas dire, m'esclaffai-je.

— Ouais. Fais-moi l'amour, me pria-t-il. On ne l'a pas fait depuis qu'on est arrivés dans cette maison.

— Je n'ai pas pris d'initiatives parce que nous devions trouver nos marques, au travail et ici, expliquai-je.

— Eh bien ce soir, j'ai terriblement envie de baiser, énonça Jody avec sa franchise habituelle, si déconcertante.

— Ton héros va assouvir ton envie, murmurai-je en le rejoignant, nu et dur, car ses paroles m'excitaient.

— Génial ! s'écria-t-il. Et demain, tu m'emmènes dans ta Dodge, décida-t-il.

— Où ça ?

— Où tu veux, du moment qu'on roule. Je veux retrouver toutes les sensations du voyage, mais avec le sentiment que notre nid nous attend. Tu comprends ?

— Ouais. Je comprends parfaitement ce que tu veux dire. Je le ressens aussi.

C'était un besoin. Il y aurait toujours ce besoin d'évasion, que seule la route pouvait combler. Ce besoin d'avancer qui devenait tangible uniquement sur l'asphalte, au volant de ma Dodge Charger. Ce besoin qu'avaient nos corps de s'unir, de s'imbriquer, aussi, en même temps. Pour prouver à nos esprits combien nous tenions l'un à l'autre. Le réaliser pleinement.

— Ce n'est pas une mauvaise idée, repris-je. Surtout que nous avons trois jours pour nous, vu que nous ne reprenons que mardi et que nous bossons le week-end d'après. Il faut en profiter, ajoutai-je, en caressant son torse, ce qui le fit frémir. Qu'est-ce que tu dirais de longer la côte ?

— Jusqu'à San Francisco ? interrogea-t-il, en s'emparant de mon pénis pour le masturber.

— Ouais, réussis-je à articuler. On pourrait continuer la Pacific Coast Highway.

J'ai  conduit jusqu'à toiWhere stories live. Discover now