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28 Juillet 2004, 09h53...
Quartier général de la LOTUS, Océan Pacifique...

Après la défaite de la LOTUS face aux choisis en Iran, il ne restait plus d'agent disponible pour poursuivre l'éradication des immortels sur la planète. Le chef des armées dut, à nouveau, subir la colère du directeur qui n'acceptait pas que l'on puisse lui tenir tête. La plus désagréable des nouvelles fut cependant l'annonce de l'absence de Venus lors de cet affrontement.

— Comment pouvez-vous en être sûr ? demanda John Ducrane avec rage.

— Je n'en suis pas sûr, monsieur. Mais aucun élément n'indique qu'elle ait été sur les lieux. Plusieurs membres supposés du conseil ont en revanche été identifiés là-bas. Et Hassam a été terminé.

— Nous n'avons donc pas totalement perdu notre temps là-bas, je suppose. Mais cette garce court toujours. Elle doit attendre patiemment que je sorte pour me tomber dessus.

— Que comptez-vous faire ? demanda benoîtement Ethan Sanchez.

— Je n'ai pas le choix, je dois faire ma tournée, comme je le fais tout le temps. Si je ne sors pas voir mes amis politiciens, ils vont s'imaginer que j'ai peur. Que nous avons peur, corrigea-t-il immédiatement. Et c'est bien la dernière chose dont nous ayons besoin. Faites-moi savoir quand vous aurez une nouvelle équipe de vampires prête. Le président français souhaite me voir depuis quelques jours déjà. Je ne peux plus repousser.

— Bien monsieur !

John Ducrane ne voulait pas montrer sa peur aux dirigeants du monde, cependant il était évident que le seul fait de quitter sa forteresse flottante allait être un réel challenge pour le directeur de la société secrète. Son honneur lui interdisait de voyager avec une escorte trop importante, de plus le résultat de l'affrontement iranien le faisait douter quant à l'efficacité d'une garde surdimensionnée. Il dut donc composer et donner le change. Il n'était pas en sécurité et il le savait, mais le reste du monde devait absolument penser le contraire. Il fit donc recruter les meilleurs éléments qu'il lui restait dans les Unités B. Et les fit équiper du meilleur matériel à disposition. Il ne devait rien laisser au hasard. Il prit rendez-vous avec le président français et s'arrangea pour que ce dernier tienne à sa disposition ses meilleurs éléments également. Il se justifia par une forte menace d'un groupe terroriste, mais se garda d'entrer dans les détails. Évidemment. Il était inutile que le chef d'état sache qu'un ancien membre de la LOTUS semait la terreur au sein de l'organisation. En trois jours, le recrutement fut terminé et la nouvelle équipe de protection rapprochée du directeur de la LOTUS était à pied d'œuvre. Pourtant John Ducrane attendit le dernier moment pour quitter l'île.

29 Juillet 2004, 14h32...
Métro parisien, France...

Venus aimait se plonger dans la foule parfois, sentir tous ses êtres vivants autour d'elle, si faibles, et pourtant si sûrs d'eux, lui procuraient une sensation qu'elle ne connaissait pas avant son éveil. Depuis qu'elle était devenue vampire, elle percevait tout de manière différente et les mortels – comme elle les appelait à présent – devinrent des êtres fascinants dès lors qu'elle put arrêter de les voir comme des calices. Il lui arrivait donc régulièrement de monter dans une rame de métro et de s'asseoir pour observer des tranches de vie.

Un homme s'approcha et s'assit face à elle, la fixant avec insistance. Elle ne le regardait pas, son attention était fixée sur un couple à l'autre bout de la rame. Deux étudiants, manifestement très amoureux, s'embrassaient depuis de longues minutes sans discontinuer, sous le regard amusé d'un vieillard. Après quelques stations, le couple quitta la rame et Venus adressa un regard à l'inconnu. Il semblait sûr de son charme et lança un sourire qu'il aurait voulu ravageur en direction du sang-pur. Venus ne répondit que par un regard dur. Un de ceux qu'il était impossible de surmonter. L'homme se leva immédiatement et descendit à la station suivante. C'était ce qu'elle adorait le plus : la puissance des vampires. Un regard suffisait souvent à faire fuir quiconque tentait d'établir le contact. Toute sa jeunesse, elle avait rêvé un tel miracle et aujourd'hui c'était possible. Elle n'avait plus à ouvrir la bouche pour éloigner les importuns. Que de temps économisé.

Son téléphone cellulaire vibra, c'était Kaïl.

— Ouais ? fit-elle à la manière de ces jeunes étudiants mâchant leurs mots.

— Hassam est mort, fit Kaïl en guise de préambule.

— Et alors ?

— C'est la LOTUS qui a fait le coup. Le conseil est passé à l'attaque sans autorisation. Ils ont réduits à néant deux équipes de créatures de la LOTUS plus une escouade de l'armée. Hassam a perdu beaucoup d'hommes, mais c'est le seul du conseil à avoir péri.

— C'est reparti...

— Ton ami choisi était avec eux, ajouta-t-il.

— Il est encore vivant ? s'inquiéta Venus.

— Il semble que oui.

— Et que veut faire Nemesis ?

— Apparemment rien. Ils ont agi sans son autorisation mais ont payé par la mort d'Hassam. De plus, on leur avait dit de se débrouiller seuls, il n'y a donc pas de raison d'engager des représailles.

— OK ! Des nouvelles de Ducrane ?

— Non, mais nous sommes plusieurs à penser qu'il va bientôt sortir. Deux avions ont atterri hier sur l'îlot, ils préparent quelque chose.

— Je suis d'accord. Préviens les autres et soyez prêts à bouger rapidement.

— Pas de problème...

Venus rangea son téléphone et un autre homme vint s'asseoir lourdement près d'elle. Il l'avait bousculée sans lui prêter la moindre attention et ne s'excusa évidemment pas. Venus poussa un long soupir d'exaspération et l'homme prit enfin conscience de sa personne. Il tourna la tête et la toisa lentement avec un air suffisant, avant de grommeler quelque chose à propos des jeunes qui ne connaissait plus le respect. Venus était à présent réellement énervée. Cela faisait quelques jours qu'elle n'avait pas bu de sang et l'envie lui prit un instant de s'abreuver au cou de cet homme. L'endroit était cependant très mal choisi et elle laissa l'idée s'évader. Elle se leva pour s'éloigner de cet être qu'elle trouvait ignoble avec son gras superflu qui débordait par-dessus sa ceinture tendant sa chemise à l'extrême. Il sentait la sueur rance. Il fallait qu'elle s'éloigne de lui ou elle le tuerait juste pour rétablir un semblant de justice dans ce monde pensa-t-elle. Mais l'homme ne bougea pas d'un pouce pour la laisser passer. Elle fit l'effort de lui demander pardon, mais il ne bougea pas plus, montrant du menton le tout petit espace, entre ses genoux et le siège en face, dans lequel Venus était censée passer. Son regard se fit noir et l'homme détourna le sien, mais ne bougea pas. Venus tendit alors le bras vers le dossier du siège de celui qu'elle baptisa « le gros lard » et posa la main tout prêt de son visage pour prendre appui. Elle n'avait nullement besoin de cette béquille, mais voulait sa main au plus près de son visage. Elle passa devant l'homme en le bousculant sans ménagement puis passa près de lui la rage au ventre. Lorsqu'elle retira sa main elle en profita pour agripper son visage discrètement et lui brisa le cou d'un mouvement vif. Tout se passa très vite et le sang-pur maintint le visage du malotru bien en place le temps de se frayer un chemin vers la porte.

Lorsque la rame s'arrêta, Venus descendit laissant le corps sans vie à sa place. Au départ du métro, sa rage avait disparu et elle arborait un léger sourire de satisfaction.

— Ça fera déjà un connard de moins, souffla-t-elle pour elle-même.

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C'était le micro chapitre du jour :)

Ce dernier passage avec Venus dans le métro est un passage que je voulais écrire depuis le tome 1. Et c'est quelque chose que je rêve de faire aussi assez souvent ha ha ha !

Bref ! Dans le prochain chapitre il va y avoir un peu d'action :)

Sang-purs (Chronicles 4)Lisez cette histoire GRATUITEMENT !