(Comptine d'un autre été – Film d'Amélie Poulain)

Sur tous les garçons présents sur cette piste, il est celui sur qui je suis tombée. Je ne crois pas au coïncidence. Il joue avec moi.

J'ai envie de m'enfuir, de courir le plus loin possible parce que j'ai cette étrange sensation qu'il ne m'apportera rien de bon.

Quelques secondes avec lui et je deviens incontrôlable, il me fait me remettre en question là ou je ne le devrai pas, il est le meilleur ami de mon copain et depuis que je l'ai rencontré, je pense à le quitter.

Je me hais parce que à ce moment précis – moment où la valse bat son plein – je prends du plaisir à danser. Je me sens libre, un oiseau sortit de sa cage. Il n'y a plus de Mme Wintergreen, plus de grands-parents, juste lui et moi. Je danse et j'aime ça.

Nos yeux ne se quittent pas et il est aussi mystérieux que le soir où je l'ai rencontré.

- Tu n'es pas aussi douée que Katia mais tu n'es pas mauvaise.

Je parie qu'il parle de la brune. Et je sais que je ne le devrai pas mais ça me blesse dans mon petit ego minable.

Je reste impassible, incapable de lui faire ne serai-ce qu'un sourire forcé ou encore plus une remarque piquante.

- Pourquoi tu es venu me chercher ?

Cette question me brûle les lèvres depuis plus d'une heure et demi. Il hausse un sourcil en me souriant froidement.

- Je te l'ai dit, il souffle ennuyé, mon carnet de chèque.

Il y a des centaines d'explication, comme celle qui dit qu'il voulait faire un second don, mais je n'y crois pas ou inconsciemment je ne veux pas y croire.

- Ce n'est pas vrai, tu as déjà fait ton virement bancaire.

Pendant une seule et unique petite seconde je le sens tressaillir. Il se ressaisit aussi sec mais je m'en fiche : je l'ai vue dans ses yeux.

- Tu ne crois quand même pas que c'était juste pour toi ?

Il ricane sournoisement, appuyant plus que de raison sur le « juste » et je sens quelque chose se casser, se briser.

J'ai cru innocemment qu'il y a avait ce truc entre nous quand nos regards ce croisait, qu'il avait essayé de m'embrasser, mais c'était juste mon imagination et ça me fais chier. D'habitude j'ai plus de bon sens et de raison que ça.

Je veux le détester, je veux le haïr.

Avec lui je deviens bipolaire, je change d'avis, d'humeur toutes les deux secondes. J'ai la tête sur les épaules depuis que j'ai au moins 7 ans et je ne me suis jamais sentie autant à cours d'arguments qu'aujourd'hui.

Comme il voit que je ne réponds pas il me ramène encore un peu d'avantage contre lui.

- Je me pose des questions, c'est tout.

Ma réponse le fait visiblement rire : ce soir on dirai que je suis un clown.

- Tu n'es pas le centre du monde Ariana, il ne faudrait pas que tu l'oublies.

Arrêt cardiaque. Je ne comprends pas tant de méchanceté, je ne lui ai rien fait. Je sens une boule se former dans ma gorge et ça n'annonce rien de bien. Et je déteste que l'on m'appelle comme ça.

- Je le sais merci, je siffle entre mes dents.

J'essaie de regarder ailleurs – n'importe où – tant que ce n'est pas lui.

C'est comme si notre contact me faisait désormais un mal de chien. Ça me démange, ça me brûle, je veux courir, je veux fuir.

J'ai envie de lui cracher tout un tas d'insulte mais je sais qu'il le prendrai sûrement comme une victoire en me voyant sortir de mes gongs. Et en plus je crois que je ne les pense pas.

Alors je vais simplement lui dire une vérité qui ne l'est qu'à moitié, pour le bien de tous.

- Tu sais Arthur..

Je me perds à nouveau dans ses yeux.

- Certes on vit dans la même et immense villa et je suis en couple avec ton meilleur ami mais on est pas obligé de s'aimer.

J'ai choisis se verbe. Aimer. Finalement, dans toutes les circonstances je ne suis pas sûre qu'il soit si important que ça. C'est juste un mot. 5 lettres. Comme Idiot.

Mais je le sens se tendre contre moi et cette fois-ci il n'essaie même pas de le cacher. Il a l'air en colère, à mon avis parce que ce n'était pas ce qu'il voulait entendre.

Il danse avec plus de force, je ne touche presque plus le sol, il me soulève.

- Ton si merveilleux petit-ami..

Il a un sourire sadique que je ne lui avait pas encore vu et ça me fait froid dans le dos.  Il garde le suspens et je déteste ça.

- Quoi ? Je m'emporte.

- Tu crois que c'est moi le méchant, il rit, qu'il est parfait, va même savoir ce qu'il a bien pu te raconter sur moi, je me trompe ?

Je ne dis rien. Je me tais parce qu'il a – en grande partie – raison.

- Alors dis-moi, est-ce qu'il t'a dit qu'il y a deux mois à mon anniversaire il c'était tapé une pute ?


Je m'immobilise.

La musique s'arrête.

Mon cœur se brise.

Et tout le monde applaudit.

Je me détache de lui.

- Je ne te crois pas.

Je veux croire de toute mon âme qu'il a tord mais je me souviens, de son retour de Londres, de toutes ses rumeurs que j'avais fait taire et de ce suçon qu'il a fait passer pour un mauvais coup.

Il n'est plus en colère, il a retrouvé son self-contrôle mais j'ai la vague sensation qu'il s'en veut.

- Aria..

Il tend le bras vers moi mais je recule encore d'un pas, une main en l'air pour le dissuader d'avancer.

- Tu sais que je ne te mens pas.

L'amas de larmes dans mes yeux qui menace de se déverser sur mes joues me brouille la vue.

Je porte une main à ma bouche sans vraiment faire attention aux regards sur nous.

- Aria ?

Je ne bouge pas quand la voix de Sam venant de derrière mon dos m'interpelle.

À nouveau je me perds dans les yeux d'Arthur et il me transperce. Il n'y a plus rien d'arrogant ni même de moqueur.


Et je sens ce truc.


Et je me hais, je le hais, je les hais.


Quand Sam entre dans mon champ de vision, je me refuse de le regarder.

- Aria ça va ? Arthur ?

Personne ne répond.

- Je peux savoir ce que tu lui as fait ?

Je ricane amèrement, il est vraiment en train de s'en prendre à Arthur alors que c'est lui qui m'a trompé ?

- Est-ce que tu as baisé une pute ou pas ?

J'essaie de garder mon calme.

Il s'avance dangereusement vers son ami mais je me mets entre eux.

- Réponds-moi.

Il jette un œil derrière moi, vers lui, avant de revenir à moi.

Je sais à son expression, qu'Arthur a dit vrai mais je veux l'entendre de sa bouche.

- Oui.

Et la gifle par toute seule.



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Merci à tous ceux qui aime et commente, des bisous !

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Love, Queen V.

Mon demi-frère et moi. TOME 1 (TERMINÉE)Lisez cette histoire GRATUITEMENT !