Chapitre 17 : Confrontation

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Une fois arrivée dans le château sous-marin de Mikhaïl, après ce qui parut être des siècles, je titubais avant de m'écrouler sur une chaise. Nous nous trouvions loin des cotes, en plein milieu de la Méditerranée. Nous n'étions pas dans la demeure d'un simple Seigneur Drac.

Non, nous étions carrément dans le fief de Sa Majesté des Mers.

Une ville aquatique s'étendait tout autour de l'imposant château, regorgeant de vie, de tritons, d'hippocampes et autres créatures marines. Nous avions dû céder le passage à un troupeau de poissons clowns avant d'atteindre les hautes portes de corail rouge de chez Mikhaïl. Là, l'air nous avait enfin permis de respirer, de nous sentir à notre aise. Grâce aux pouvoirs de mon ami et souverain, l'eau était retenue aux limites du château, afin de permettre aux terrestres de rendre visites au Maître des Eaux.

Donc, moi, une élémentaire de feu, je me retrouvais de nouveau sous des tonnes de flottes, dans un air ne permettant pas la survenue de la moindre étincelle. Bon, Lothaire, lui, semblait s'en moquer comme de son premier slip. Mais mince !

Maec avait disparu avec Mikhaïl dés notre arrivée, sans me fournir la moindre explication. Ils avaient besoin de parler, selon toute vraisemblance. Pour cause, d'après ce que j'avais compris, il hébergeait désormais trois criminels ! Il allait avoir sur le dos les Sylphes, chose que personne, mais vraiment personne ne souhaitait ! Et avec ça, une folle furieuse, la femme de mon amant.

En gros ? Tout allait merveilleusement bien.

Je n'étais pas du tout au bord de la crise de nerfs.

Surtout qu'une joyeuse migraine me martelait le crane, tandis que je laissais mon regard errer sur les hautes colonnes blanche, sur les rideaux d'algues séchées, les décorations, je supposais, à la mode sous-marine.

Je ne sus combien de temps je restais ainsi, la tête entre les mains, mais soudain Maec se retrouva agenouillé devant moi.

-Kanna ?

-Hein ? Oui ?

Il m'embrassa doucement le front. Ce geste si doux me fit un instant oublier ma douleur. Pas pour longtemps, malheureusement.

-Je suis désolé. Les Sylphes m'ont attaqué à mon arrivée dans l'appartement. Que s'est-il passé de ton coté ?

-J'ai rencontré ta femme, lâchai-je platement.

Son sourire se figea aux entournures, avant qu'un franc froncement de sourcils ne fasse hausser les miens.

-Ma femme ? Fit-il.

-Oui.

-Je ne comprends pas.

Sa réaction me laissait perplexe. Lorsqu'il m'avait parlé d'elle, il y avait de cela des années semblait-il, il irradiait d'un amour blessé. Aussi, en lui révélant le retour de sa douce et tendre, je m'attendais pas tout à fait à cela. Plutôt un truc du genre « Oh mon dieu ! Où est-elle !? Je dois la voir ! ».

-Une bombe sexuelle brune. Ça ne te dit rien ?

-Heu... Non.

-Dahut ! Explosai-je. Dahut, ça doit bien te dire un truc !?

Contre toute attente, toujours agenouillé devant moi, il expira lentement. Comme s'il avait du mal à se maîtriser. Ha ! Je me rapprochais enfin de l'effet recherché !

-Dahut.

-Oui.

-Ce n'est pas, et ce ne sera jamais, ma femme.

Oh...

-Oh. Tu es certain ? Car elle était très convaincante.

Il secoua la tête, prit mes mains entre les siennes.

Katharos, Costumes en Tous GenresLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant