Chapitre 16 : Saumons sur Canapé

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Nous réapparûmes en plein milieu d'un incendie, jaillissant des flammes tels des saumons d'une rivière. Perturbée par le mode de transport, je tombais tête la première sur le canapé en cours d'incinération. Seule la main de ce chevalier du feu m'empêchant de me fracasser contre l'accoudoir. Il m'attira à lui... Et m'enlaça avec un grand éclat de rire, comme si voyageait de feu en feu était la chose la plus naturelle du monde !

-Kanna ! S'exclama-t-il. Tu es vivante ! Comme je suis heureux de te revoir, grande sœur !

J'aurais volontiers ri de son enthousiasme, si le terme « grande sœur » ne m'avait pas fait me figer dans ses bras.

-Heu... Pardon ?

Plongeant mon regard dans le sien, d'un marron chaleureux, je sentis mon mal de crane revenir à la charge, franchement dérangeant.

-Maec m'avait prévenu que tu risquais de m'invoquer, continuait Lothaire avec emphase. Mais je n'y croyais plus ! Tu n'imagines pas tout ce qui s'est passé depuis ton départ. Je...

-Stop... Stop ! Par tous les saints, Lohaire !

Coupé dans sa tirade, il me fit de grands yeux ronds. Le fait de se trouver dans un incendie ne le dérangeait toujours pas. Bon, moi non plus à vrai dire, car j'avais un autre soucis en tête.

-Si cette folle furieuse de Dahut m'a attrapé dans mon appartement, cela signifie qu'elle a très bien pu s'en prendre à Maec ! Elle va certainement chercher à le punir pour l'avoir trompée !

-Trompée ? Dahut ? Je ne comprends pas.

-Je ne te demande pas de comprendre, sifflai-je en l'empoignant par la sangle de son armure. Je veux que tu m'emmènes auprès de lui sur-le-champ !

Il parut un instant dans le flou. Mais finalement, il haussa les épaules, sans pour autant me lâcher.

-D'accord.

Et nous sautâmes de nouveau dans les flammes. Mon cri d'effroi s'acheva dans une cheminée. Les pieds dans la suie et le feu, je me retrouvais face à face avec une petite mamie. Occupée à tricoter, elle sembla ni nous voir, ni nous entendre. Oh, vieillesse bienvenue... Ses lunettes étaient posées sur la petite table devant elle, juste à coté de ses appareils auditifs. De plus, il n'y avait que les personnes âgées pour penser à allumer un feu en plein été.

Je pris la main de Lothaire, afin de le guider sur la pointe des pieds hors de la pièce. Nul besoin d'effrayer cette pauvre dame. Une fois hors de l'appartement, je fronçais les sourcils. Je reconnaissais ce couloir. Nous étions dans l'immeuble de Maec !

A peine cette pensée venait-elle de traverser mon esprit que le sol trembla sous mes pieds. Je parvins à garder mon équilibre, uniquement à cause de l'adrénaline qui inondait mes veines. Il y avait une attaque, c'était certain !

Partant en courant, je ne pensais même plus à Lothaire. Délaissant l'ascenseur, je me précipitai dans les escaliers. Nous nous trouvions au troisième étage, selon le panneau. Montant les marches quatre par quatre, je focalisais toute mon attention sur les bruits au dessus de nous. Un tumulte, de plus en plus audible. Quand enfin, j'ouvris la porte du cinquième étage, je vis une chose inattendue.

Un homme en armure scintillante traversa littéralement le mur, à l'autre bout du couloir. Il se remit presque aussitôt sur pieds, ses longs cheveux blonds tintés de sang. Un bon point : ce n'était pas Maec. Le mauvais point ?

Je vis une lame de vent se matérialiser littéralement sous mes yeux, pour trancher net la tête du soldat. Elle roula sur le sol sous mon regard plein d'effroi. Puis les hurlements me parvinrent.

Katharos, Costumes en Tous GenresLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant