Chapitre 14

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Le réveil est douloureux. Ma tête me semble lourde et brûlante, mes yeux me piquent, ma cuisse droite est endolorie et il fait une chaleur étouffante.
Je prends le temps de regarder autour de moi. Je suis sur un vieux matelas posé à même le sol en béton et enfermée dans une petite pièce qui ressemble beaucoup à l'image que je me fais d'une cellule de prison: le sol humide, les murs dégradés et abîmés, aucune lumière, aucune fenêtre et une épaisse porte noire qui paraît indestructible. Je me lève et je tente de tourner la poignée. C'est définitivement le cas, je suis prisonnière de Lanthane.
Je demande s'il y a quelqu'un mais je ne reçois aucune réponse. Je vais me rassoir sur ce qui va me servir de lit sûrement pendant plusieurs nuits. Je suis étrangement très calme. Peut-être juste le temps de comprendre ce qu'il m'arrive.

Les verrous de la porte s'ouvrent et un homme assez petit mais très costaud entre dans ma cellule avec un plateau, il dépose un bol et un morceau de pain sur le sol et puis il ressort.
Quand j'ai fini de manger, des milliers de questions arrivent dans ma tête et se bousculent pour recevoir une réponse. Depuis combien de temps je suis là? Est-ce que la bataille est finie? Sûrement. Mais alors qui la gagnée? Qu'est-ce que sont devenus tous mes amis? Est-ce qu'ils sont à ma recherche? Qu'est-ce que Lanthane me veut? Sans doute la même chose qu'il veut depuis le début. Qu'est-ce que je dois faire? M'échapper? Collaborer? J'ai envie de pleurer comme je l'aurais fait auparavant mais je me l'interdis. Je fixe mes pieds. Mes jambes tremblent pourtant la sueur perle dans ma nuque. J'ai cette sensation affreuse d'être impuissante et d'être piégée dans une toile d'araignée, attendant qu'on vienne faire de moi une seule bouchée.

Ça doit faire au moins six heures qu'on m'a apporté à manger et que personne n'est venu me voir. Je fais les cents pas à travers ma petite cellule. Je ne suis pas patiente alors j'appelle régulièrement dans l'espoir que quelqu'un vienne me tenir compagnie. Je me rassois, puis je me remets à faire les cents pas. Je ne tiens pas en place.

Le même homme vient à nouveau m'apporter mon repas.

- Depuis combien de temps je suis ici? Lui demandé-je.

- Une journée entière.

Je hoche la tête, il commence à s'en aller.

- Et y a pas moyen de baisser cette chaleur atroce?

Il se retourne vers moi avec les sourcils haussés.

- Écoute petite, tu n'es pas dans un club de vacances, alors non il n'y a pas moyen! Me dit-il en se dirigeant vers la porte. On est sous une serre alors toutes les nuits à dix heures l'air est renouvelé.

J'apprécie la petite information en plus. Une fois qu'il est parti, je mange rapidement et je m'allonge sur mon lit.

Je prends un petit caillou blanc et je trace sur le mur un bâton comme le font parfois les détenus dans les films pour compter le nombre de jours.

***

Ça fait maintenant trois jours que je suis enfermée. Les seuls moments où je peux sortir de ma cellule c'est pour aller rapidement aux toilettes dans la pièce juste à côté. Il y a un lavabo que j'utilise à chaque fois pour me rafraichir, mais on me renvoie au plus vite dans ma cellule.

Lanthane n'est toujours pas venu. Je ne sais pas ce qu'il attend pour me rendre visite. Peut-être qu'il attend que je devienne à moitié folle. La porte s'ouvre et on me dépose mon repas, toujours le même. Du pain et de la soupe. La quantité d'eau qu'on m'apporte et bien trop faible par rapport à la chaleur qu'il fait.
Je veux me lever pour attraper mon repas mais mes jambes sont toutes courbaturées. Je me mets à quatre pattes pour prendre mon repas. Je n'ai pas fait d'activité physique depuis trois jours et mon corps en subit déjà les conséquences.

Louise MayetLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant