Chapitre 12

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Je lui donne mon adresse qu'il entre dans le GPS de la voiture. Une fois l'itinéraire calculé, la voiture démarre et s'éloigne du lycée. Pendant les quarante-cinq minutes de trajet, nous n'échangeons aucun mot.

La voiture s'engouffre dans ma rue à sens unique et s'arrête devant ma maison. Je jette un coup d'œil à Alex qui me fait un signe de tête m'indiquant d'y aller. J'ouvre la portière et j'avance dans l'allée de pierre. Je reste quelques secondes devant la porte et me décide enfin à tourner la poignée.

L'entrée et la cuisine n'ont pas changées. Une pile de vaisselle propre attend toujours d'être rangée. Quant au salon, lui, est délimité par une banderole de police de la ville et, sur le sol, sont tracés en blanc les contours du corps inerte de mon père, qui n'est désormais plus là. Une enquête a dû être menée pour trouver l'assassin, mais Lanthane a sûrement trouvé un moyen d'étouffer l'affaire puisqu'aujourd'hui, ma maison est complètement abandonnée.

Je gravis les escaliers. Autrefois, j'aurais pu le faire les yeux fermés. Ma chambre n'a pas non plus changé. Je m'assieds sur le bord de mon lit à côté d'un livre de physique ouvert. Les cours me paraissent tellement loin.

Dans mon placard, je prends un sac à dos que je rempli de quelques vêtements. Je glisse aussi un cadre avec une photo de mes parents que j'avais sur une de mes étagères.

J'ouvre ma boîte à secret dans laquelle j'entassais tout un tas d'objets qui me semblaient important. La petite danseuse en bois se met a tourner sur elle même au son de la mélodie cristalline. Je l'écoute comme si c'était la première fois. Ou plutôt comme si c'était la dernière. D'un geste vif, je referme la boîte, le son s'arrête instantanément.

Je fais une dernière fois le tour de la maison puis je verrouille la porte. Ensuite, je glisse la clé entre le volet et la fenêtre comme j'avais l'habitude de le faire avec mes parents. Je monte dans la voiture. Alex ne démarre pas tout de suite. Il me regarde.

- Est-ce que ça va?

Je lui réponds que oui. Je m'attendais à avoir la voix serrée mais, au contraire, elle est calme.

Il démarre et nous entamons le chemin inverse. Le premier jour de mon arrivée à l'académie, il m'avait demandé qu'est-ce-qu'il m'était arrivé et je ne lui avais jamais répondu.

- Ma mère a tué mon père, puis elle m'a amenée à Lanthane qui l'a ensuite tué, et puis vous êtes arrivé. Pour faire court c'est ça mon histoire.

Je ne parle pas très fort, fixant le paysage qui défile, n'ayant pas la force de regarder Alex pour je ne sais quelle raison.

Il reste silencieux. Je me rends compte que, malgré mon intonation monotone, mes mots sont révélateurs de mes émotions. Je ne suis plus triste, je suis haineuse envers Lanthane.

- Ta mère ne savait sûrement pas ce qu'elle faisait, finit par répondre Alex. Lanthane est réputé pour son don de persuasion.

- Mais elle a tué son mari, mon père!

Je n'arrive pas à la haïr, mais tout ça reste pour moi absolument incompréhensible et absurde.

***

Ça fait deux jours que j'ai pu à nouveau m'entraîner avec mes pouvoirs, sous la surveillance et les conseils d'Alex. Il dit que je progresse vite mais que je n'arrive pas encore à trouver mes limites.

- Maintenant, je vais pouvoir te montrer comment te protéger de l'attaque ennemie, me dit-il.

- Avec les champs de protection?

- Non, en fait les champs de protection sont simplement faits à partir de l'air. Ils bloquent les éléments qui voudraient passer, mais le problème c'est que toi non plus tu ne peux pas attaquer. Donc je vais t'apprendre à bloquer une attaque.

Louise MayetLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant