Chapitre 20. L'arrivée à LA.

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Le matin, nous prîmes le petit-déjeuner en silence, ce qui n'avait rien d'étonnant. Nous allions partir pour Los Angeles, donc l'appréhension nous nouait les cordes vocales. Et l'estomac. Jody but plusieurs verres de jus d'orange mais eut du mal à terminer son muffin à la myrtille. Je touchai à peine à mes céréales.

Ensuite, nous montâmes dans la Dodge. Les dés étaient jetés. Il nous restait 61 miles à parcourir avant d'arriver à LA et j'en avais pour moins de deux heures. J'imaginais cependant qu'après, parcourir la ville prendrait un peu plus de temps.

J'avais dans l'idée de ne pas trop me rapprocher d'Ashley, tout en allant quand même jusqu'à Hollywood. Me concentrer sur la circulation dense et sur les panneaux me permit de ne penser à rien d'autre. Jody ne parlait pas, ne chantonnait pas.

Los Angeles et les zones qui la formaient étaient aussi tentaculaires que je l'avais imaginé ou vu à la TV. Même si les gratte-ciels restaient cantonnés à Downtown et à ses bureaux, le reste n'en était pas moins spectaculaire. C'était si varié que les lieux en devenaient presque indescriptibles. Les jolis immeubles bas, décorés d'arabesques ou colorés, les maisons particulières toutes différentes, me plaisaient énormément, comme les collines au fond des avenues.

Le sigle d'Hollywood, sur l'une d'entre elles, n'arracha pas une exclamation à Jody. Avait-il été trop vu ou mon compagnon avait-il trop peur du terme du voyage pour s'exprimer ?

Juste derrière Hollywood boulevard, j'avisai un petit motel charmant peint en jaune avec des prix très abordables : le Castle Motel. Il était pourvu d'une jolie piscine ronde et les chambres donnaient toutes sur le bassin qu'elles entouraient.

La fille de l'accueil me fit part de tous les avantages de son établissement. Il était à 5mn du Walk of Fame et de ses étoiles, les boissons, les glaces et les snacks étaient fournis à volonté. Les chambres possédaient un coin cuisine avec une plaque de cuisson, un frigo et une cafetière, et un coin salon avec une table et des chaises. La laverie et le petit-déjeuner étaient compris dans le prix et l'on pouvait bénéficier, dans le hall, d'un ordinateur et d'une imprimante. De quoi rester un petit peu, songeai-je, si ça se passait mal avec Ashley. Le temps aussi de trouver un petit boulot avant de ne plus rien avoir sur mon compte.

La chambre était un peu défraîchie, vieillotte mais agréable et surtout fonctionnelle.

— Ça te dit, d'aller sur Hollywood boulevard ce soir ? proposai-je à Jody.

— Ouais, répondit-il sans grand enthousiasme, tout en posant Albert et Angus sur le lit double.

— Tu pourrais prendre une douche pendant que je vais sur l'ordinateur de l'accueil, proposai-je. J'ai envie de voir tout ce qu'on pourrait faire.

Tout ce dont nous pourrions profiter, pensai-je, comme si le voyage ne s'achevait pas. Pour éviter d'aller trop tôt vers Ashley et parce qu'ensuite, nous n'aurions pas forcément la possibilité de le faire, car nous serions occupés à nous bâtir un avenir.

— Ouais, répéta Jody en se déshabillant, avant de se diriger vers la salle de bain toute blanche.

Je redescendis et je vis que, par chance, l'ordinateur était libre. De toute façon, la plupart des gens possédaient un smartphone. Bientôt, j'en aurais un aussi. Je m'assis et je parcourus le plan de la ville, que j'agrandis sur l'écran au fur et à mesure, pour repérer le quartier de West Hollywood, où résidait Ashley. Ensuite, je fis défiler les villes dans la ville, et j'appris que West Hollywood était habité par 41% d'hommes gays ou bisexuels. Le choix de cette cité n'était donc pas anodin de la part de mon ami.

J'ai  conduit jusqu'à toiWhere stories live. Discover now