Chapitre 13 : Latex et Bottes de Cuir

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Mes cauchemars me poursuivaient toujours. La sphère, l'eau, le regard impassible de Maec. Je revenais à moi environnée de flammes suffocantes. Avec une phrase en tête « il te mènera à ta perte... ».

Les mots flottèrent toute la matinée dans mon esprit.

Avec en fond les images de Maec, dans tous les coins de mon appartement. Horrifiée, je sortis de chez moi en réalisant une chose : depuis une semaine que nous étions ensemble, nous ne nous étions presque pas quittés. Une relation intense, pleine de confiance, de sincérité. Du moins l'avais-je cru.

Perturbée, je ne pipais mot lorsque Silvia passa me prendre. Je ne savais pas comment elle avait obtenu une voiture aussi rapidement, mais en tous cas, cela me dépannait plutôt bien. Ma voiture gisait toujours sur le parking de Katharos.

-Mikhaïl aurait besoin de nous pour la séance photo, fit l'elfe au bout de plusieurs minutes de silence.

-Oh... Pas de soucis.

-Hum. Ce n'est pas toi qui va te retrouver en combinaison moulante.

-Non, effectivement.

Mon absence de réactivité lui fait abandonner la conversation. Quand nous arrivâmes dans le hall de l'entreprise, je l'entendis à peine dire un « à tout à l'heure ». Je devais retourner dans mon service. Celui où tout le monde me connaissait. Avait vu la scène avec Maec. Avait réalisé avant moi que je couchais avec le patron.

Finalement, j'aurais peut-être dû démissionner.

Tous les yeux se braquèrent sur moi à mon entrée dans le service. Mal à l'aise, je traçais jusqu'à mon bureau. Une fois installée sur ma chaise, face à mon écran noir, je me permis de prendre une profonde inspiration. Première étape réu...

-Mademoiselle Haul.

Mon corps se crispa de la tête aux pieds. Ma chef me considérait d'un air sévère, ses lunettes faisant loupe sur ses petits yeux de fouine.

-Oui ?

-Vous ne faites plus partie de ce service. Vous êtes attendue dans les ateliers de Katharos.

Le sang se retira de mon visage.

-P... Pardon ?

-Vous m'avez bien entendu. C'est un ordre du directeur.

C'est à peine si je perçus la pointe de jalousie dans son timbre. L'estomac noué, je récupérais mon sac, pour descendre dans les ateliers de l'entreprise. Pourquoi m'envoyer là-bas ? Il n'y avait pas de post pour une secrétaire du service clientèle ici.

Plongée dans la frénésie des professionnels des effets spéciaux, je découvris une bonne partie de ma clientèle en train de se faire pomponner. Là, la demoiselle au groin de la semaine dernière était en train de se transformer en une top-modèle pulpeuse. De l'autre côté, une créature aquatique se faisait appareiller pour survivre à la surface, l'air tout à fait sérieux. Les clients me saluèrent sur mon passage, avec de grands sourires. Certains me remercièrent, car cela correspondait parfaitement à leur commande. Les employés, eux, me jetaient des œillades curieuses. S'échangeaient des murmures, avant d'avoir des rires gras. Mortifiée, je me dépêchais jusqu'à l'établit de Mikhaïl. Il était le co-fondateur de Katharos, il devait savoir ce que je faisais là, non ?

-Kanna !

Je fus arrêtée à mi-chemin par Silvia. Bon, d'accord, il me fallut un certain pour la reconnaître. Dans sa combinaison en latex pourpre elle était carrément indécente à regarder. Un corset de style steampunk venait souligner sa taille, des dreadlocks sombres remplaçaient ses habituelles boucles blondes. Des lunettes de soudeur sur le nez, des bottes aux talons aiguilles aux pieds, et vous obteniez une bombe sexuelle qui ralentis le travail de tous les hommes dans son périmètre. Au moins, plus personne ne se préoccupait de mes histoires de fesse.

Katharos, Costumes en Tous GenresLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant