Prologue

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Deux coups timides se font entendre.

Toc Toc.

La porte s'ouvre et elle entre. En silence. Comme toujours. Il relève la tête de son bureau, visiblement surpris qu'elle n'ait pas attendu qu'il l'invite à venir. Mais il ne dit rien. Il redoute ce moment depuis un mois maintenant. Elle le fait mariner, et il ne connaît rien à cette sensation, cette attente insupportable, cette inversion des rôles. Il sait qu'elle le tient.

Mais elle le déroute, elle n'a toujours rien dit, rien exigé, formulé aucune menace, brandi aucune photo. Pourtant si elle parle, il est fini. Et il ne sait pas si elle mesure le pouvoir qu'elle a pris ce jour-là, en tombant sur lui, et sur sa conquête du jour.

Il pose enfin les yeux sur elle. Il ne l'a jamais vraiment regardée avant aujourd'hui, trop timide, trop effacée ... L'assistante parfaite, dévouée corps et âme à son travail, discrète, efficace et toujours disponible. Jamais un mot plus haut que l'autre, jamais un refus ou une hésitation face à ses requêtes autoritaires. Il n'a jamais rien demandé, toujours exigé. Et aujourd'hui il est à sa merci. Entièrement. A la merci de cette jeune femme qu'il connaît si peu.

Et en la regardant de plus près, comme un homme regarde une femme, et non plus comme un patron regarde une employée, il découvre ses jambes galbées et fines qu'elle ne met pas en valeur, ses courbes voluptueuses emprisonnées dans un tailleur trop strict et mal taillé, son visage de poupée caché derrière des lunettes sévères et un chignon d'un autre âge ... Il est surpris, pour la deuxième fois en moins de 5 minutes par son assistante. Et il ne s'est pas rendu compte qu'elle l'avait vue la détailler de la tête aux pieds. Jusqu'à ce qu'elle ouvre la bouche.

- Je vous prierais de ne pas me regarder de la sorte Monsieur Miller, je suis votre assistante et non une de vos innombrables conquêtes décérébrées et vulgaires.

Alex Miller reste sans voix. Elle vient d'abattre sa première carte. Il ne sait pas ce qui l'étonne le plus. Qu'elle ait parlé avant lui, qu'elle se soit rendu compte qu'il l'avait dévisagée à ce point, ou qu'elle ait fait un commentaire sur les femmes avec lesquelles il couche

- Je venais simplement vous dire que je rentrais chez moi Monsieur Miller. Bonne soirée.

Et elle tourna les talons, sans ajouter un mot et sans attendre de réponse.

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