Chapitre 1 : Le pacte

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Je me réveille péniblement. Mes paupières s'ouvrent lentement et je peux distinguer une lumière blafarde, diffusée par une ampoule au plafond. Très vite, je comprends que je suis allongée sur un lit, non pas le mien, mais un lit étranger dans un lieu qui m'est inconnu.

En voulant me relever, je pousse un cri d'affolement. Je réalise avec stupeur que mes mains sont liées aux barreaux du lit. Rapidement, toutes sortes de scénarios défilent dans ma tête et je m'empresse de vérifier si je porte toujours mes vêtements.

— Tu te réveilles enfin, lâche une voix froide au même moment. Rassure-toi, je ne suis pas un criminel sexuel.

Cette voix... est-elle réelle ? Mon esprit est brumeux. Mes vêtements... oui, mon blouson rose est toujours sur moi. Je peux sentir mon débardeur blanc en dessous. Je porte encore mon jean, mes baskets sont à mes pieds. En revanche, je constate en tâtant mes poches que mes effets personnels semblent avoir été confisqués.

Mais que m'arrive-t-il ? La voix que je viens d'entendre ... Je médite sur les paroles de ce son lointain. En pleine réflexion, je prends enfin conscience de ma situation.

— Vous... non, vous êtes un tueur à gages.

Prise de panique, les événements de la nuit dernière me reviennent en mémoire. Je détourne ma tête sur la droite pour apercevoir la silhouette du fameux meurtrier, assis sur une chaise à l'autre bout de la pièce. Il croise les bras.

Mon regard s'attarde sur son apparence, impeccable et soignée. Cet homme est entièrement vêtu de noir : un blouson en cuir noir, un haut à col échancré noir, un jean d'un bleu foncé presque noir et des chaussures noires. À l'instar de sa tenue, ses cheveux sont d'un noir très prononcé et son regard a l'air tout aussi sombre. Seule sa peau d'une blancheur opaline offre un contraste troublant. Je reconnais l'homme avec lequel j'ai conclu « le pacte » qui stipule lui offrir ma liberté en échange de ma vie. À la différence de notre première rencontre, je remarque un léger sourire s'étirer sur son visage, encore sans expression la nuit dernière.

D'un rapide coup d'œil, j'examine la pièce dans laquelle je me trouve et observe une petite table de nuit à côté de mon lit. L'endroit est dépourvu de fenêtre. Quant au papier peint déchiré par endroit, sa couleur cramoisie se révèle bien morne. Un lieu de séquestration idéal en somme.

— Où sommes-nous ?

— Dans l'appartement d'un immeuble désaffecté à l'écart de la civilisation, répond-il.

Je peste intérieurement, désespérée. Dans cette situation, je me trouve complètement vulnérable et à la merci de mon ravisseur.

— Détachez-moi... s'il vous plaît, demandé-je fébrilement.

— Oh, pas encore, lance-t-il en prenant sa chaise et en l'emmenant juste à côté de moi.

Il se rassie dessus et m'observe fixement avec un regard pour le moins perturbant.

— Une présentation plus correcte que celle de la nuit passée s'impose. Je m'appelle Zack. Quant à toi, inutile de te présenter, Rose.

"Zack". Son prénom se répète plusieurs fois dans mon esprit, comme s'il devait y rester ancré. Je ne suis pas surprise qu'il connaisse le mien, bien que l'entendre de sa voix me déboussole. Dans d'autres circonstances, j'aurais pu dire qu'elle possédait quelque chose d'envoûtant.

— Je sais comment un tueur à gages opère. Vous m'avez suivie n'est-ce pas ?

— Oui, je t'ai suivie pendant plusieurs semaines. Même quand tes jolis yeux gris...

Prisonnière de son cœur [Première partie]Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant