CHAPITRE 6

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Louis avala le café frais et chaud et ferma les yeux, appréciant réellement cette manière qu'avait le liquide de brûler légèrement en glissant sur ses lèvres puis sur sa langue avant de se jeter dans sa gorge. Il se sentit un peu mieux sur le coup. Ça ressemblait à de la magie.

Les impôts approchaient et il avait une pléthore de dépenses. Il ne devrait vraiment pas dépenser des sommes aussi exorbitantes sur le café, mais une partie de lui se rebellait totalement à l'idée de l'abandonner. Pas ça, merde, pensa-t-il obstinément. Laissez-moi au moins ça.

Louis aspira soigneusement sa deuxième gorgée de thérapie bien chaude et s'apprêtait à l'avaler lorsqu'un des garçons derrière lui dit quelque chose de si odieux qu'une vague de nausée déferla en lui. Il engloutit le liquide, se brûla légèrement et eut un mouvement de recul. Il commençait à avoir mal à la tête.

Puis l'air autour de lui changea. On aurait dit qu'il était soudainement chargé, comme si la foudre était sur le point de frapper. Louis se redressa et se tourna pour jeter un coup d'oeil par-dessus son épaule.

— Vous. Partez. Maintenant.

Le coeur de Louis vint se buter avec force contre ses côtes puis il eut un battement irrégulier comme s'il était blessé. Sa mâchoire était ouverte et ses yeux bien grands. Son corps devint tout chaud et l'air demeura coincé dans ses poumons.

Un homme se tenait debout à côté de la table du trio d'adolescents. Les trois garçons semblaient figés sur place et incapables de bouger tandis qu'ils levaient les yeux vers lui, malgré l'ordre qu'il venait de leur donné. Louis pouvait comprendre pourquoi il en était ainsi. Il pouvait à peine en croire ses propres yeux. Ce qu'il voyait était impossible.

Oh mon Dieu, pensa-t-il.

Parce que l'homme était le même homme qui apparaissait dans ses souvenirs et dans ses rêves.

Il était si grand que Louis lui donnerait environ deux mètres. Ses yeux étaient semblable à une forêt. Sa peau était légèrement bronzé, olivâtre, en plus d'être impeccable et lisse. Sa structure osseuse était forte et parfaite, et son physique lui rappelait honnêtement celui d'un dieu grec. Ses cheveux bouclés longs étaient de la couleur du chocolat. Ils dépassaient de peu ses épaules et de ce qui semblait être un veston gris foncé en soie et en cachemire, et la chemise blanche amidonnée sous le veston était ouverte au niveau du col.

Il jura intérieurement. Il était le sexe incarné. Tout en lui le laissait presque à bout de souffle tant la tentation était prometteuse. Il parvint tout de même à respirer et lorsqu'il le fit, il détecta subtilement son eau de Cologne dispendieuse.

Il était exactement comme dans son souvenir.

Non, pensa-t-il. C'était impossible. Il n'aurait pas pu imaginer aussi clairement et parfaitement un homme bien vivant qu'il n'avait jamais rencontré auparavant ; parce que cela signifierait qu'il possèderait des pouvoirs magiques ou quelque chose du genre. Ou que c'était lui, qui en avait. Ce qui se passait avait une explication logique. Il perdait la tête. Voilà tout.

Soudainement, les trois adolescents à la table bougèrent avec des mouvements sporadiques, leurs corps désarticulés tentant tant bien que mal de repousser leurs chaises. Sans même un bruit de protestation ou de mépris, les garçons contournèrent la table et traversèrent le café en toute hâte avant de le quitter les uns à la suite des autres.

Le grand étranger ténébreux les regarda partir, mais toutes les autres paires de yeux des clients étaient sur lui, y comprit celle de Louis.

Louis pouvait entendre les battements de son propre coeur dans le silence retrouvé. L'homme détourna enfin son regard de la porte du café puis il se retourna.

Le Roi Vampire [L.S]Lisez cette histoire GRATUITEMENT !