Chapitre 8

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Nous arrivons sur le toit du lycée. Je respire à pleins poumons le maximum d'air possible. Les graviers craquent sous mes pieds et nous nous asseyons sur le bord, les jambes dans le vide.
Le soleil de fin de journée chauffe doucement, mais le vent frais me rafraîchit et me caresse le dos.

- Quand j'ai commencé à m'entraîner ici, j'ai pensé que je pourrais me faire accepter parmi vous et me fondre dans la masse, dis-je pour briser le silence. Mais maintenant je sais que je vais être encore plus différente.

J'aimerai être chez moi avec mes parents en train de réviser un contrôle que je raterai sûrement.

- Nous sommes tous unique, Louise. Tu veux une vie tranquille, je veux une vie pleine d'aventure. Tu as peur du noir, j'ai peur de perdre le contrôle.

- Attends, quoi?

Est-ce que j'ai bien entendu?

- Quoi quoi? Me répond-il.

- Je n'ai pas peur du noir moi, menté-je.

Il tourne sa tête vers moi et me sourit.

- Tu as peur du noir et en plus tu ne sais pas mentir, me dit-il pour me taquiner.

Je finis par sourire et lui donner une petite frappe sur l'épaule.
Après un court silence, il reprend la parole.

- Ça va mieux toi?

Je fais un oui de la tête.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé? J'avais l'impression de ne plus avoir aucune force.

- C'est de ma faute, me répond-il. J'ai trop précipité les choses. Au début, utiliser nos dons est très épuisant. Il faut du temps avant que notre corps s'y habitue.

***

Les deux jours suivant, Alex continue mes entraînements physiques, cependant, il m'interdit d'utiliser mes pouvoirs pour l'instant, surtout quand je suis seule.

Désormais, lorsque nous nous entrainons dans le gymnase, pleins d'autres élèves s'y entraînent également pour se préparer aux jeux.
En revanche, je n'y ai pas encore vu Théo.
D'ailleurs, depuis ce matin, je ne l'ai vu nulle part. Je demande à une bonne dizaine de personnes, mais aucune ne sait où il est.
Après le dîner, je retourne toquer à sa porte pour la centième fois de la journée, mais toujours rien.

Plus les heures passent et plus le trouver devient une obsession.
Désespérée de ne le trouver nulle part, je passe encore devant sa chambre et aperçois la porte entre-baillée. Je la pousse et je le vois allongé sur son lit encore avec ses chaussures.

- Où est-ce que tu étais?

- Apparemment je t'ai manqué, dit-il avec son petit air innocent pour ne pas répondre à ma question.

- N'essaie pas de changer de sujet.

- J'essaie juste d'établir une conversation intéressante, répond-il avec le sourire.

- Ma question est très intéressante également!

- Est-ce que c'est un interrogatoire ou une simple question?

Il ne me répond pas et ça m'agace. Je pousse un soupir d'énervement et attends une réponse en silence.

- Tu t'es levée du pieds gauche aujourd'hui?

Je vais l'encastrer dans le mur s'il continue! Je le fusille du regard attendant toujours une réponse.

- Ok, ok! Je suis sorti du lycée et je suis tombé sur des hommes de Lanthane et ils m'ont pris au piège. Mais maintenant je suis là et tout va bien.

Louise MayetLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant