Chapitre 2

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  Je rentre chez moi après cette journée de cours, je passe dire bonjour à ma mère dans la cuisine très rapidement avant de monter dans ma chambre. J'enlève mon jean, mon pull et mon t-shirt et me regarde dans la glace pour voir l'étendu des dégâts. Encore une fois, Lauren ne m'a pas ratée. J'ai de nombreux bleus un peu partout sur le corps. Je suis tellement fatiguée de tout ça aussi bien physiquement que mentalement.

Je prends mon sac et ouvre ma trousse à la recherche de mon compas. Quand je le trouve enfin, je m'enferme dans la salle de bain et laisse couler l'eau chaude dans la baignoire. J'enlève mes sous-vêtements, et j'entre doucement dans l'eau bouillante gardant toujours mon compas près de moi, serré contre ma poitrine. L'eau brûlante me fait mal, mais je ne souffre pas encore assez pour oublier les douleurs que m'inflige Lauren. En la voyant, ma poitrine se serre, mon rythme cardiaque accélère mais quand elle s'approche de moi, c'est juste pour me rabaisser, me frapper, me faire du mal... mais je ne peux pas arrêter de l'aimer. J'ai essayé, j'ai vraiment essayé, mais je l'aime encore et toujours.

Mes larmes coulent le long de mes joues, je veux seulement oublier la douleur qu'elle me procure, alors je saisis mon compas et entaille la peau de mon bras et avant-bras gauche. Je taille dans ma peau, en déversant toute ma rage et ma tristesse, ce que je rêve de lui crier ; I HATE YOU BUT I LOVE YOU. Mon sang se déverse dans l'eau de mon bain, tout comme mes larmes. Doucement la douleur de mon bras remplace toutes les autres. Je ferme doucement les yeux et profite de cette exquise souffrance.

Quand je rouvre les yeux, l'eau froide m'indique que je suis restée beaucoup trop longtemps. Je sors de mon bain, m'enroule dans une serviette et nettoie mes plaies avant de m'habiller. Je porte des vêtements longs pour cacher mes blessures et ainsi éviter à ma mère de se faire du souci. Je ne veux pas qu'elle soit au courant, elle a déjà eu assez de problèmes dans sa vie, elle ne mérite pas que j'en devienne un à mon tour.

Je descends et salue ma petite sœur Sofia qui joue avec deux de ses amis, des jumelles qui s'appellent Phoebe et Daisy, à un jeu vidéo. Quand elle me voit, elle met le jeu sur pause, me regarde longuement puis se met sur la pointe des pieds pour me faire un câlin. Au début je grimace un peu à cause de mes hématomes et de mes coupures mais je reprends vite un visage assez neutre. Elle me chuchote discrètement :

« Mila, quelque soit ce qui te met dans cet état, il faut faire quelque chose, ça m'inquiète. Je t'aime.

-Tu n'as pas à t'en faire ma puce, je vais bien. Je t'aime aussi. »

Elle me regarde une dernière fois avec une expression qui signifie « je ne te crois pas le moins du monde mais je laisse passer pour cette fois ». J'aime vraiment ma sœur mais elle est beaucoup trop observatrice et très mature pour son âge. Dans un autre contexte ça serait un compliment mais en ce moment je préférerais qu'elle soit une gamine puérile et centrée sur elle-même comme tous les autres mômes de son âge. Elle me connaît trop bien et découvrira tout un jour, j'en suis sûre. Il faut vraiment que cette situation prenne fin. 

15/07/2016

-C

Oublie-moi [Camren]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant