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6 Février 2004, 08h16...
LOTUS Head Quarter, Large des îles Pitcairn, Océan Pacifique...

Une fois de plus, les têtes pensantes de la LOTUS se réunissaient dans cette grande salle où la lumière semblait déranger. Chacun des membres du comité était installé dans un petit fauteuil en forme d'œuf qui le masquait aux yeux de ses voisins. L'heure était grave et cette réunion exceptionnelle avait lieu dans un seul et unique but : trouver une solution au problème de la presse. Le New York Times avait déjà fait paraître trois articles au sujet de l'organisation. Si le premier se montrait finalement sans le moindre danger, les deux qui avaient suivi étaient, quant à eux, bien plus inquiétants. Bien évidemment, le problème n'était pas ces articles, mais le fait qu'ils soient ensuite reprit sur internet. Chaque bribe d'information avait trouvé écho sur les sites de complot. Ceci ajoutait encore à l'incroyable frénésie qui enflammait la planète. LOTUS était devenu le terme le plus recherché sur la toile pour les deux derniers jours, aux États-Unis. Une psychose de la LOTUS et de manière générale du complot était en train de naitre.

— Comment peut-il avoir nos noms ? s'inquiéta John Ducrane.

— Ce n'est pas un réel problème qu'il ait nos noms, répondit de suite Antoine Mercadet, directeur du département Informatique et Communication. Nous n'existons pas, de toute façon. Nos simples noms ne les mèneront nulle part.

— C'est un fait, mon cher, renchérit Kevin Albin. Mais vu que nous n'existons pas, justement, s'ils ont pu avoir nos noms, ce n'est pas par une simple recherche sur Yahoo. On les a donc renseignés.

— Venus ? demanda Gabrielle Parker des affaires externes.

— Probable, répondit le chef des armées. Mais il y a des informations qu'elle ne pouvait pas connaître de sa seule expérience chez nous. Notamment la nomination de Foterre.

— Envoyons une équipe et nettoyons ce journaliste, Dwain je ne sais quoi, argua le chef de la marine.

— C'est hors de question ! contra immédiatement Gabrielle Parker. De plus ce n'est pas le seul journaliste sur l'affaire, à présent. C'est probablement le mieux renseigné, mais le Tribune et le Post ont eux aussi publié des articles sur nous. Il serait étonnant que la presse de tout le pays ne s'y mette pas. D'ici peu la télévision nous pondra quelque chose de croustillant, j'en ai peur. Il faudrait donc éliminer tous ces journalistes ? Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de vous faire un dessin de la catastrophe que cela engendrerait.

— Elle a raison, conclut le directeur de la LOTUS. Mais que proposez-vous donc ?

— Rien, répondit-elle simplement.

— Rien ? répéta le directeur outré.

— Nous ne devons surtout pas entrer dans leur jeu, pour l'instant. Il est évident que c'est un coup des vampires et il y a fort à parier que Venus y a une grande part de responsabilité. Mais nous ne devons rien faire pour le moment, continua-t-elle. Dans quelques jours, j'organiserai une conférence de presse pour le président... ou une émission télé s'il le faut. Il rencontrera en personne ce Dwain Strawinz et répondra à ses questions en direct. Si nous préparons bien notre coup, tout sera alors réglé. Mais si nous intervenons de suite, nous ne ferons que confirmer la rumeur. Laissons-la prendre de l'ampleur d'abord.

— C'est un peu risqué, avança le directeur du centre de recherche.

— Certes, oui, mais agir autrement ne le serait pas moins.

— Bien. En attendant, je veux une écoute et une surveillance complète de ces journalistes tous autant qu'ils sont. On va bien finir par trouver leur source d'information. C'est cette source que je veux.

— Dwain Strawinz est sur écoute depuis son premier article, répondit immédiatement Rafaëlle Parker, des renseignements. Il semble qu'une femme lui ait donné des informations, mais il ne sait pas d'où elle sort ni quelles sont ses sources. Evidemment, elle ne l'a pas rappelée depuis que nous l'avons mis sur écoute et nous n'avons pour l'instant pas plus d'éléments.

— Ne le lâchez pas ! Et trouvez-moi Venus et le conseil, je les veux tous morts !

Le directeur de la LOTUS était particulièrement en colère lorsqu'il quitta la salle de réunion. Il eut encore un entretien avec Kevin Albin et Rafaëlle Parker au sujet de cette chasse aux vampires, dans une salle attenante. Rafaëlle exposa que le FBI était à présent sur l'affaire des décapités de New York. L'agent Crossbow, bien connu de la LOTUS, était responsable de l'enquête.

— Comme par hasard, souffla John Ducrane.

— On pourra probablement l'envoyer sur des fausses pistes, mais pas indéfiniment, ajouta-t-elle.

— C'est évident, mais ne vous occupez pas d'elle pour l'instant. Contrôlez juste son avancement. Même si elle parvenait à voir que ce sont des vampires que nous assassinons, elle ne pourra jamais prouver que nous en sommes responsables et fera son possible pour ne pas remettre les vampires sur le devant de la scène, j'en suis sûr. Son patron ne la laissera pas faire. Vous non plus d'ailleurs.

— Assurément.

— Où en sommes-nous avec ce satané conseil ?

— Rien de bien convaincant. Nous avons identifié six membres en tout.

— Si je me souviens bien, à l'époque de Cassius, on en était à cinq ? demanda le directeur.

— Affirmatif ! Nemesis, la chef dont on n'a jamais pu prouver l'existence. Cassius et ses deux acolytes Hassam et Agnès ainsi qu'un certain Jesus. Ce dernier est très discret et difficile à repérer.

— Qui est le nouveau ?

— Icare Dalkir, reprit Kevin Albin. Un antiquaire apparemment. Il est lui aussi assez discret, mais moins que ce Jesus. Il a des boutiques partout dans le monde et ne passe généralement pas plus d'une semaine dans le même pays. Il nous a donné pas mal de fil à retordre. Samantha et la nouvelle équipe ont fait une descente chez lui. C'est là que 0762 a été éliminé et récupéré.

— Un coup monté ?

— Probablement.

— Et la dernière en date, enchaina Rafaëlle, est une japonaise répondant au nom de Shizuka. Difficile de savoir ce qu'elle est exactement, elle semble tremper dans à peu près tout ce qui rapporte, de l'immobilier par-ci, du trafic en tout genre par-là. Elle apparait un peu partout. Elle vit la plupart du temps au Japon et en Europe occidentale. Impossible de certifier qu'elle est du conseil. Mais elle a le profil. Pas de photo, pas d'existence ou de famille. Juste un nom qui revient de temps en temps. Elle serait à la tête de plusieurs cartels, on n'en sait pas plus, pour l'instant.

— On sait où ils se réunissent ?

— Non, mais nous savons en revanche qu'ils se sont réunis dernièrement puisqu'ils ont tous disparu en même temps pendant deux jours.

— Sûrement pour préparer leur guerre insensée... Très bien. Trouvez-les et nettoyez-moi cette vermine...

Sang-purs (Chronicles 4)Lisez cette histoire GRATUITEMENT !